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"La Coupe Davis est morte" : la réforme provoque un tollé…

"La Coupe Davis est morte" : la réforme provoque un tollé…

Le 16/08/2018 à 23:03Mis à jour Le 17/08/2018 à 10:49

COUPE DAVIS - La réforme de l'épreuve a suscité de vives critiques de la part des joueurs français, actuels ou retraités. Elle a aussi été mal accueillie hors de nos frontières, même si les réactions sont moins nombreuses. Morceaux choisis.

C'est un tollé. La réforme de la Coupe Davis, officialisée jeudi par l'ITF, a provoqué une vague de critiques. En France, elle a été monumentale. Dans un pays où cette compétition est une véritable institution, la nouvelle formule est très mal passée, surtout auprès des anciens joueurs. Elle signifie même "la mort" de l'épreuve pour Arnaud Clément, capitaine de l'équipe de France de 2013 à 2015 et vainqueur de la Coupe Davis en 2001, même s'il n'avait pas participé à la finale. Il est particulièrement remonté après le choix des fédérations de voter en faveur de cette réforme.

Yannick Noah, l'actuel capitaine des Bleus, s'était déjà exprimé sur le sujet, trouvant cette réforme "scandaleuse". Le triple vainqueur du Saladier d'argent (1991, 1996 et 2017) en a remis une couche jeudi sur Twitter en déplorant un "triste jour pour le tennis".

Fabrice Santoro, vainqueur de la Coupe Davis en tant que joueur en 1991 et 2001, a lui aussi exprimé sa déception. "C’est la fin d’une institution", a estimé celui qui a aussi été finaliste de l'épreuve en 1999 et 2002.

Parmi les révoltés par cette réforme, il y a aussi ceux qui ont rêvé de devenir joueurs professionnels en voyant les épopées tricolores en Coupe Davis. Lucas Pouille en fait partie. Sa déception est d'autant plus grande après avoir contribué à la victoire de la France en 2017 en remportant le cinquième match décisif face au Belge Steve Darcis. Il fustige la décision de l'ITF.

Nicolas Mahut n'était pas de cette finale. Yannick Noah ne l'avait pas retenu malgré sa participation aux tours précédents. Ce qui n'a pas empêché le Français d'être sacré avec le Bleus. Et de regretter aussi, sous la pluie de Cincinnati, la réforme de la Coupe Davis.

A l'étranger, les réactions sont moins nombreuses. Mais elles restent unanimes. Comme en France il n'y a pas grand-monde pour se réjouir de la nouvelle formule de l'épreuve. Steve Darcis, finaliste malheureux à deux reprises (2015, 2017), a fustigé la décision de l'ITF. Et, comme les Français, le rôle joué par l'argent dans ce choix.

Un constat partagé par Robin Haase. "J'ai toujours joué au tennis parce que c'était ma passion, a écrit le Néerlandais sur Twitter. Les joueurs peuvent en vivre très bien. Je suis dans ce cas. Mais ce n'est pas pour cette raison que j'ai commencé ce sport. Cela a toujours été un honneur de représenter mon pays. Mais maintenant, une superbe compétition n'est devenue qu'une affaire d'argent."

Le légendaire Pat Cash a également manifesté sa tristesse. L'Australien, sacré à Wimbledon en 1987 et deux fois vainqueur de la Coupe Davis (1983, 1986), a par ailleurs émis des doutes sur la motivation des meilleurs joueurs actuels à participer à cette épreuve. "Ne se trompent-ils pas royalement s'ils pensent que les meilleurs vont joueur une compétition à 18 équipes sur une semaine à la fin de l'année ?", a-t-il questionné sur Twitter.

Son compatriote Todd Woodbridge, lui aussi deux fois lauréats de l'épreuve (1999, 2003), a pour sa part ciblé Gerard Piqué, l'un des principaux protagonistes de cette réforme. "Un footballeur se retrouve sur scène à l'assemblée générale de l'ITF pour nous dire que la Coupe Davis doit changer mais les légendes de ce sport, qui pour la plupart ne sont pas d'accord, n'y sont pas", a souligné l'homme aux 83 titres en double, dont 22 en Grand Chelem, sur Twitter.

Si on a beaucoup demandé leur avis aux ténors, qu'en pensent les jeunes ? On les sait, eux aussi, assez divisés. Mais certains sont consternés, à l'image de Felix Auger Aliassime. Le jeune Canadien de 18 ans, un des fers de lance de la nouvelle génération, est très opposé à la réforme, tout comme son compatriote Denis Shapovalov. "Un de mes plus grands rêves d'enfant était de jouer une finale de Coupe Davis devant mon public", a-t-il regretté.

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