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Le grand regret de Noah, ce n'est pas ce week-end, c'est Monfils

Le grand regret de Noah, ce n'est pas ce week-end, c'est Monfils

Le 25/11/2018 à 19:00Mis à jour Le 25/11/2018 à 19:54

COUPE DAVIS – Yannick Noah a livré sa dernière conférence de presse de capitaine, dimanche à Lille. Quelques heures après la défaite des Bleus face à la Croatie (1-3), Noah a bouclé la boucle et fait part de son plus gros regret : ne pas avoir su remettre Gaël Monfils dans le droit chemin alors qu’il rêvait d’en faire son homme de base.

Le point final, applaudissements mis à part, n'était probablement pas celui dont il avait rêvé. Mais Yannick Noah a quitté la scène. Définitivement, a-t-il assuré au terme de sa dernière conférence de presse de capitaine de l'équipe de France. "J'en ai fini avec le tennis de compétition", a-t-il juré. "Je repars dans mon autre vie. J'ai des rêves et je vais essayer de les vivre avant qu'il ne soit trop tard." "Sans regret", a-t-il martelé. Parce que, sur ce week-end, il n'y avait rien à faire. "On s'est fait défoncer", a-t-il lancé à ceux qui avançaient que ses choix d'hommes avaient peut-être plombé les Bleus, vendredi et dimanche.

L'amertume, pour Noah, ne vient pas de ce week-end lillois, ni du stage qui a précédé la finale face à la Croatie. Non, elle trouve racine bien plus loin. Si le vainqueur de Roland-Garros 1983 quitte la scène un goût âcre, il vient de bien plus loin. Et d'un échec personnel : celui de ne jamais avoir su se mettre Gaël Monfils dans la poche. De ne pas avoir réussi à le dompter et en faire l'homme de base de l'équipe de France, au long des trois ans de son règne.

Yannick Noah et le Saladier d'argent

Yannick Noah et le Saladier d'argentGetty Images

" J'ai pensé que ce serait mon joueur de base durant ces trois ans"

Il l'a expliqué en longueur, dimanche. Faire jouer Chardy et Tsonga le vendredi, mettre Pouille le dimanche, ça ne pèse pas lourd à côté de son rendez-vous manqué avec La Monf'. "S'il y a quelque chose que je regrette, c'est de ne pas avoir pu aider Gaël Monfils en tant que capitaine, copain ou ex-joueur, a-t-il longuement expliqué. Je n'ai pas eu cette possibilité. Quand j'ai pris le poste, j'avais en tête de m'occuper de Gaël. Je ne suis pas le premier, pas le dernier. J'ai peut-être un ego mal placé mais j'ai pensé que ce serait mon joueur de base durant ces trois ans".

Noah y a cru, l'a espéré. Mais pas trop longtemps quand même. Le temps d'un week-end, à peine. Son tout premier, début 2016. "Il y a plus de vingt ans, j'avais dit que je reviendrais si on allait jouer dans les DOM-TOM. (Quand le choix de Baie-Mahault en Guadeloupe a été officialisé) Il y avait un joueur qui était contre, c'était Gaël. Il a joué un match sur mes trois ans". Et encore, il a fallu convaincre le principal intéressé… "Deux jours avant la rencontre, il me dit qu'il n'est pas prêt à jouer. Je lui ai dit de jouer quand même. Terre battue, 45 degrés, on avait un peu de marge face au Canada."

Monfils s'est exécuté, il a joué et aisément battu Dancevic le vendredi (6-3, 6-1, 6-3). Résultat ? "Il m'a sauté dans les bras et m'a dit : 'c'est le plus beau jour de ma vie, j'espère qu'il y en aura d'autres'". Ce fut le dernier. Parce qu'après ça, il y eu Zadar en septembre 2016, le genou et un "faux mouvement" qui ont forcé Monfils à laisser tomber l’équipe de France avant une demi-finale de Coupe Davis face à la Croatie. Le début de la fin. "En plus, ça a fait du mal à l'équipe", a appuyé Noah.

Gael Monfils et Yannick Noah lors de France - Canada en Coupe Davis 2016

Gael Monfils et Yannick Noah lors de France - Canada en Coupe Davis 2016AFP

Simon et Noah, les incompatibles

Pas de Monfils durant trois ans. Et plus de Simon. Pour des raisons diamétralement opposées. Que Yannick Noah a développées également, dimanche. "Gilles, c'est un peu différent. Il a eu une saison difficile l'an dernier, il était un peu sorti (de l'équipe) mais il faisait quand même parti du groupe. Cette année, il est passé de la 90 à la 30e parce qu'il a eu de bons résultats". Mais Noah et Simon, ça ne pouvait fonctionner. Pour des raisons assez simples et liées au logiciel des deux hommes. "Le mec qui a fait une semaine pour être prêt à Albertville, il a quand même une priorité", a-t-il rappelé en faisant référence au premier tour de la Coupe Davis 2018, disputée en Savoie face aux Pays-Bas.

Surtout, "Gilles m'a exprimé qu'il avait du mal avec ma philosophie de prendre des joueurs et leur dire au dernier moment". Simon espérait le confort psychologique et préparatoire que Yannick Noah n'était pas prêt à lui offrir. Avant de rappeler le pourquoi du comment et de remettre, à sa manière, les principaux intéressés devant leurs responsabilités : "Je suis pas capitaine de la Croatie avec un mec qui est 7e et l'autre 12e mondial…" Monfils. Simon. Deux rendez-vous manqués avec son histoire.

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