Un simple barrage certes, mais enfin un vrai parfum de Coupe Davis

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COUPE DAVIS - L'équipe de France de Coupe Davis va tenter à partir de vendredi d'obtenir son billet pour la phase finale de la compétition en septembre lors d'une rencontre de qualification contre l'Equateur. Si l'affiche n'est pas des plus attrayantes, ce barrage a l'intérêt de se disputer à Pau devant le public français, redonnant une partie de son âme perdue à la compétition centenaire.

Sébastien Grosjean et Adrian Mannarino lors de l'édition 2021 de le Coupe Davis à Innsbruck

Crédit: Imago

Dans leur histoire pourtant riche en Coupe Davis, jamais les Bleus n'avaient affronté l'Equateur. Hasard du tirage au sort et surtout différence de statut obligent, entre une nation dix fois titrée dans l'épreuve et une autre dont le meilleur résultat reste à ce jour un quart de finale en 1985. Dès vendredi, ce sera donc chose faite : Arthur Rinderknech puis Adrian Mannarino croisant le fer respectivement face à Emilio Gomez (144e mondial) et Roberto Quiroz (381e à l'ATP) lors des deux premiers simples d'un barrage avec pour enjeu la phase finale de la compétition. Pas de quoi casser trois pattes à un canard a priori, et pourtant…
Certes, les adversaires de l'équipe de France sont inconnus du grand public et les hommes du capitaine Sébastien Grosjean sont largement favoris sur le papier. Mais cette rencontre ne sera pas, pour autant, dénuée d'intérêt pour une bonne et simple raison : elle sera l'occasion pour les Bleus de renouer avec leur public pour la première fois depuis… 2018 et une finale perdue face à la Croatie à Villeneuve-d'Ascq, qui actait la fin du troisième mandat de Yannick Noah et d'une ère.

Mahut : "C'est une chance pour nous de retrouver le public français"

Dans le Palais des Sports de Pau, qui peut accueillir plus de 7000 spectateurs, il y aura donc une ferveur certaine, de celles qui ont fait tout le sel de la Coupe Davis pendant son siècle d'existence. Et ce n'est pas pour déplaire à ceux dans le groupe France qui ont bien connu cette ancienne version. "Ça va ressembler à une vraie rencontre de Coupe Davis même s'il n'y a pas les trois journées ou les matches en cinq sets. On est ravis de pouvoir partager une rencontre avec notre public, à domicile, de vivre ces retrouvailles avec l'atmosphère qu'on a toujours connue en Coupe Davis, avec un public qui a toujours répondu présent", a ainsi considéré Sébastien Grosjean.
Si le format est différent, il y aura bien cinq matches (en deux sets gagnants) sur deux jours (vendredi et samedi) au Palais des Sports de Pau. La capitale du Béarn, déjà hôte de l'épreuve à cinq reprises (pour quatre victoires en demi-finale en 1991, en quart de finale et en demie en 1999, en quart en 2002 et une défaite en quart en 2006), a tous les attributs pour renouer le fil de la tradition. "C'est un parfum de l'ancien format, c'est une chance pour nous de retrouver le public français. On est contents d'être là", a acquiescé Nicolas Mahut.
Vétéran de l'équipe, le quadragénaire angevin était l'un de ceux qui avaient critiqué avec le plus de virulence la réforme de la Coupe Davis voici trois ans par la Fédération internationale de tennis (ITF) et le groupe Kosmos, abandonnant de fait le format domicile-extérieur qui lui donnait une grande partie de son âme. Il avait connu la tristesse d'une Marseillaise entonnée devant des tribunes vides à Madrid en 2019. Une expérience qu'il espérait unique et qui s'est malheureusement renouvelée voici quelques mois à Innsbruck en Autriche à cause du huis clos imposé par le coronavirus pour la deuxième édition de la nouvelle formule.

Renouer avec les derniers souvenirs glorieux

"C'est bien que les jeunes puissent aussi découvrir ce qu'est vraiment la Coupe Davis", s'est-il donc réjoui. Mahut faisait ainsi référence à Arthur Rinderknech qui avait connu sa première sélection fin novembre-début décembre dans ces conditions tristes, mais aussi à Benjamin Bonzi qui découvrira l'épreuve à Pau. Si le 67e joueur mondial a été convoqué en qualité de cinquième homme et pourrait donc ne pas jouer, il n'a pas caché son émotion dans ce contexte.
"J'ai grandi avec les rencontres de Coupe Davis à la télé. Quand j'étais au pôle France on se réunissait avec les autres jeunes pour regarder les matches. Je me souviens forcément aussi des images incroyables de la finale 2017 (remportée contre la Belgique 3-2, NDLR). C'est pour ça que, pour moi, c'est particulier et un vrai honneur. Encore plus avec le retour des rencontres en France. Donc, ce n'est que du bonheur", a-t-il déclaré.

Une expérience rendue possible... par un échec sportif

Il ne s'agira pas d'une finale ce vendredi, on en est même très loin. Sans membre du Top 50 dans ses rangs - Mannarino et Rinderknech sont respectivement 58e et 59e à l'ATP -, l'équipe de France fait moins rêver que lors de ses heures de gloire.
Et le forfait de son numéro 1 incontestable Gaël Monfils, qui était censé faire son retour sous le maillot bleu, n'a rien arrangé à l'affaire. Tant et si bien que le capitaine Sébastien Grosjean a multiplié les appels aux spectateurs à venir garnir les tribunes du Palais des Sports, notamment mercredi, quand 600 enfants des clubs de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie ont assisté à l'entraînement des Bleus.
C'est un fait désormais, la Coupe Davis a des difficultés à faire recette. La faute autant à l'affiche qu'à la distension du lien entre le public et l'épreuve depuis sa réforme. Pourtant, plusieurs dizaines de membres du club des supporters de l'équipe de France seront bien au rendez-vous dans le Béarn, heureux de jouer leur rôle à domicile. Il aura donc fallu que les Bleus perdent deux fois d'affilée dès la phase de poules de la nouvelle formule pour retrouver cette joie. C'est tout le paradoxe d'un barrage pas comme les autres.
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