Le Top 5 des moments inoubliables de la Laver Cup
Par Laurent Vergne
Mis à jour 19/09/2024 à 16:15 GMT+2
Est-ce une vraie compétition ou une simple exhibition qui essaie de se prendre pour ce qu'elle n'est pas tout à fait ? Le débat est ouvert mais, sept ans après sa création, la Laver Cup a déjà eu l'occasion d'offrir quelques moments mémorables. Voire franchement historique, pour celui qui trône en haut de notre classement.
La Laver Cup, plus qu'une exhibition : "Il y a un vrai esprit de compétition"
Video credit: Eurosport
1. La retraite de Federer
Une page non pas de l'histoire naissante de la Laver Cup mais de l'histoire du tennis tout court, la première ayant épousé en cette occasion la seconde. C'est ici, à Londres, dans SA compétition, que Roger Federer a choisi de faire ses adieux au monde du tennis, offrant à la Laver Cup une gigantesque caisse de résonnance et aux fans de tennis des moments inoubliables. Nadal, Djokovic, et tous les autres sont là pour honorer une légende.
Il y a beaucoup de larmes, à commencer par celles de Federer, mais pas que. L'eau coule à flots de tous les côtés dans l'O² Arena. L'aspect sportif est secondaire en Laver Cup, qui reste davantage une super exhibition qu'une compétition à part entière. Ces jeunes gens font tout leur possible pour gagner, parce que tel est leur ADN, mais les notions de spectacle et de plaisir supplantent tout et lors de cette édition 2022, elles se doublent d'une puissance émotionnelle inégalable.
Sa dernière apparition sur un court en tant que joueur professionnel aura donc été un double, joué (et perdu) avec Rafael Nadal, contre Frances Tiafoe et Jack Sock, au bout du suspense (4-6, 7-6, 11-9). Et une image pour l'éternité, celle des deux hommes pleurant au bord du court, main dans la main, enterrant une époque, la leur, et générant une foule d'orphelins seuls avec leurs souvenirs.
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Roger et Rafa n'ont pas pu retenir leurs émotions : les images de la retraite de Federer
Video credit: Eurosport
2. Le double Federer-Nadal de 2017
Federer et Nadal, à nouveau. Ou plutôt, déjà. Nous sommes en 2017. C'est la toute première édition de la Laver Cup. C'est l'année du retour au sommet des deux hommes, qui se sont partagés les quatre levées du Grand Chelem. Ils sont réunis à Prague au sein de l'équipe européenne lors du lancement de l'épreuve imaginée et mise sur pied par Federer.
Sacrée acte de naissance pour cette compétition, dont la crédibilité sportive peut être débattue, mais qui réussit déjà le plus grand exploit tennistique de la décennie en réunissant sur un même court et du même côté du filet les deux légendes suisse et espagnole. Le duo Fedal s'impose au super tie-break contre la paire américaine Jack Sock – Sam Querrey, mais l'essentiel est ailleurs.
Dans ces images inédites, une complicité évidente mais jamais affichée sur un court jusqu'ici. De cet an un de la Laver Cup, c'est bien ce double au prestige incomparable qui vient spontanément à la mémoire. Là se nichait la raison d'être de ce nouveau concept : générer des moments impossibles à voir ailleurs.
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Archive 2017 - Nadal et Federer en duo : caution prestige, ascendant bromance
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3. Le Tiafoe – Tsitsipas de 2022
La Laver Cup n'est ni la Coupe Davis ni la Ryder Cup, la finalité du résultat importe moins que le chemin et, si possible, l'aspect spectaculaire de celui-ci, mais pour se crédibiliser, pour gagner en substance sportive, elle a besoin d'offrir une rivalité à peu près digne de ce nom entre ces deux entités : l'Europe d'un côté, le Monde de l'autre. Lors des premières éditions, ce fut un vrai problème. Particulièrement en 2021, quand les Européens se sont imposés 14 à 1.
L'édition 2022 a donc marqué un début de tournant. Si le départ à la retraite de Roger Federer a éclipsé tout le reste, sur le terrain, c'est bien la Team World qui, pour la première fois, est sortie victorieuse. Relancée par la victoire surprise de Félix Auger-Aliassime sur Novak Djokovic, l'équipe de John McEnroe va chercher la victoire grâce à un Frances Tiafoe d'abord laminé puis déchaîné contre Stefanos Tsitsipas.
Le Grec, qui n'a pas une seule balle de break à écarter sur l'ensemble du match, obtient quatre balles de matches en fin de deuxième manche. Mais faute de conclure, il relance Tiafoe, lequel se met en mode Flushing (il avait atteint ls demi-finales à New York juste avant) et l'emporte au super tie-break (1-6, 7-6, 10-8). Tsitsipas, lui, a payé sa nervosité au moment de conclure. C'est là que l'on comprend que, pour eux, c'est un peu plus qu'une simple exhibition...
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Laver Cup 2022 : Le libérateur Tiafoe
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4. Le Federer – Kyrgios de 2017
Si le double Federer-Nadal avait constitué l'image forte et indélébile de cette première Laver Cup, sportivement, le véritable acte de naissance, c'est sans aucun doute ce match décisif entre le Suisse et Nick Kyrgios. Une rencontre magnifique. Pas sûr que l'on ait vu du tennis aussi beau et aussi prenant dans ce contexte dans les éditions qui ont suivi. Federer va s'en sortir après avoir perdu le premier set, sauvé une balle de match dans le deuxième et survécu à un super tie-break mal emmanché.
Ce succès de Roger Federer a offert à l'équipe européenne la victoire finale à Prague. La défaite a fait pleurer Nick Kyrgios et ce n'était pas "fake". Quatre ans plus tard, l'Australien se souvenait encore de ce moment, et il restait douloureux pour lui : "Ce duel décisif contre Federer, les gens m'en parlent. C’était un match monumental. J’ai l’impression que cela a vraiment donné le ton à toute Laver Cup qui se déroulera avec ou sans moi, ou avec ou sans Roger pour de nombreuses années à venir. Cette défaite me fait encore mal et ces larmes, j'y repense souvent".
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Les premières larmes étaient là : Federer-Kyrgios 2017, l'acte de naissance de la Laver Cup
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5. Quand Djokovic "allume" Federer
Comme un écho au double Federer-Nadal, un an plus tard. En 2018, c'est cette fois avec Novak Djokovic que le Bâlois fait équipe. Pas de victoire au bout cette fois pour les superstars. Le tandem serbo-suisse s'incline contre Kevin Anderson et Jack Sock (décidément souvent dans les bons coups à la Laver Cup), 6-7, 6-3, 10-6. C'est aussi le charme du double. L'addition de deux immenses joueurs ne donne pas toujours une alchimie parfaite.
Mais c'est surtout une image qui subsiste de cette rencontre. Une cocasserie, car, après tout, la Laver Cup, c'est aussi (d'abord ?) ça. Alors qu'il est au service et Federer au filet, Djokovic décoche un coup droit pour expédier la balle... directement dans le dos de son illustre partenaire, lequel lâche un petit cri de surprise autant que de douleur. Djokovic est un peu confus et vient s'excuser et le public de Chicago, qui n'en demandait pas tant, est hilare.
"Je me suis excusé tout de suite, c'était mon coéquipier ce soir !", rigole Djokovic, qui remerciera Federer pour le bon moment passé. "C'était comme avec Rafa l'année dernière, très sympa à faire et à vivre", glisse Federer de son côté. Les deux hommes se disent même prêts et impatients de remettre ça. Ce qui n'arrivera jamais.
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Quand Djokovic avait "allumé" son partenaire Federer
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