15 septembre 2004 : Coup d’éclat face à Moya

Révélation. Jo-Wilfried Tsonga a 19 ans et est dans sa première saison professionnelle, lorsqu’il signe son premier fait d’armes chez les grands : une victoire face à Carlos Moya, alors 6e mondial, lors du tournoi de Pékin. 6-3, 6-3 en 55 minutes. Limpide. Déjà identifié comme un espoir du tennis mondial en raison de ses résultats dans les catégories de jeunes, Tsonga s’attire encore un peu plus de lumière.

24 janvier 2008 : Nadal giflé en demie de l’Open d’Australie

Tennis
Tsonga, la retraite après Roland
06/04/2022 À 18:49
Changement de dimension spectaculaire. Jo-Wilfried Tsonga est l’attraction de l’Open d’Australie, en janvier 2008. Melbourne s’enflamme pour ce Français de 22 ans, aux airs de Muhammad Ali. En demie, "Jo" cogne fort, très fort. De l’autre côté du filet, un poids lourd qui va finir au tapis : Rafael Nadal. 6-2, 6-3, 6-2, la violence du score est sans appel.
"C’était de la folie. Je réussissais tout ce que je voulais, même en fermant les yeux. C’était juste magique", dira Tsonga. En finale, la magie n’opère pas contre Novak Djokovic. Battu en quatre sets, le Manceau n’ira plus jamais aussi loin en Grand Chelem. Mais sa quinzaine reste l’inoubliable tremplin d’une carrière remarquable.

Le conte d'Henri : Murray, Nadal, Djokovic, voici Jo-Wilfried "Ali" Tsonga 2008

29 juin 2011 : Une première dans la carrière de Federer

Tsonga a réalisé l’impensable. En quart de finale de Wimbledon, le Français est mené deux sets à zéro par Roger Federer, six fois couronné dans le temple du tennis. Remporter les deux premières manches, le Suisse connaît. Il a déjà été 178 fois dans cette position en Grand Chelem. Il n’a jamais perdu… jusqu’à cette fameuse rencontre.
"Jo" parvient à inverser la tendance : 3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-4, Federer mord la poussière sur un gazon londonien qui n’est plus sien. Jo-Wilfried Tsonga tombera encore face à Novak Djokovic au tour suivant. Il ne regoûtera au dernier carré de Wimbledon qu’une fois, l’année suivante.

27 février 2012 : Tsonga s'invite dans le "Top 5"

Tsonga a mis un peu de temps à confirmer son explosion de début 2008. Quatre ans plus tard, il fait bien partie de la caste des meilleurs joueurs du monde. Cela se matérialise par son entrée dans le "Top 5" du classement ATP, en février 2012 (5e). Il est le sixième Français à y parvenir, après Yannick Noah, Henri Leconte, Guy Forget, Cédric Pioline et Sébastien Grosjean.

Jo-Wilfried Tsonga face à Novak Djokovic, à Roland-Garros, en quarts de finale de l'édition 2012.

Crédit: Eurosport

5 juin 2012 : L’insubmersible Djokovic lui résiste

Quatre. Comme le nombre de balles de match dont Tsonga a disposé, en ce quart de finale de Roland-Garros face à Novak Djokovic. Le numéro 1 mondial a le dernier mot : 6-1, 5-7, 5-7, 7-6(6), 6-1. "Jo" a peut-être touché du doigt ce qui le séparera toujours des légendes du jeu. Cette différence impalpable, inqualifiable, dont il a bien résumé la complexité en déclarant à la fois "ne pas avoir grand-chose à regretter sur ces balles de match" et : "Je suis responsable. Pas de problème. Je suis responsable."

4 août 2012 : Médaillé d’argent aux JO en double

Une médaille à défaut d’un sacre. Jo-Wilfried Tsonga ne revient pas les mains vides de Londres et des Jeux Olympiques 2012. Battu avec Michaël Llodra par les frères Bryan, il partage le podium avec deux autres Français : Julien Benneteau et Richard Gasquet. "Pour moi, ça fait partie de mes plus grands moments de sport, de tennis. Je la mets à la même hauteur que ma victoire à Bercy", confie-t-il à nos confrères de 20 minutes.

Gasquet, Tsonga, Llodra, Benneteau, London 2012

Crédit: AFP

7 juin 2013 : Un échec plein d’amertume à Roland

Drôle d’ambiance pour une demi-finale d’un Français à Roland-Garros. Jo-Wilfried Tsonga affronte David Ferrer confiant, après avoir sorti Roger Federer en trois sets en quart. Mais à son entrée sur le court Philippe-Chatrier, l’engouement populaire n’est pas à la hauteur de ce qu’il espérait.
Rafael Nadal vient de battre Novak Djokovic à l’issue d’une rencontre épique. L’heure est à la décompression pour le public, clairsemé. Ce n’est pas le niveau de jeu de Tsonga qui va raviver la flamme : il se fait balayer, 6-1, 7-6, 6-2. "JWT" ne rejouera une demie des Internationaux de France qu'une fois, en 2015, alors battu par Stan Wawrinka.

10 août 2014 : Trois géants terrassés pour un deuxième M1000

Une semaine en lévitation. Novak Djokovic, Andy Murray et Roger Federer. Voici trois des joueurs que Jo-Wilfried Tsonga a mis à la porte, à Toronto, en 2014. Le Français y a décroché le deuxième Masters 1000 de sa carrière, six ans après le premier, à Bercy. "(En 2008), je m'étais imposé avec mes tripes et mon coeur. Ici, j'ai remporté ce titre avec mon niveau de jeu", considère-t-il alors.
En finale, c'est Federer qui s'est incliné face à Tsonga, 7-5, 7-6. En demie, Grigor Dimitrov - encore un membre du "Top 10" ! - avait aussi cédé en deux manches, tout comme Djokovic. Seul Murray a arraché un set à "Jo". "J'ai battu quatre grands joueurs, appuie Tsonga, au sortir d'une période de disette. Bien sûr que j'ai douté, il y a toujours des moments difficiles, mais on sait à quoi s'attendre quand on décide d'être joueur de tennis professionnel. J'ai continué de croire en moi."

Jo-Wilfried Tsonga et Roger Federer en 2014 à Toronto

Crédit: Getty Images

26 novembre 2017 : La conquête du saladier d’argent

La consécration collective. Absent lors de la finale perdue face à la Serbie en 2010, Tsonga a été de l’échec de 2014 face à la Suisse (et il sera de celui de 2018 contre la Croatie). Il est bien de la partie, au Stade Pierre-Mauroy, face à la Belgique.
Le premier jour, il bat Steve Darcis pour remettre les siens à hauteur. Il échoue en revanche à clore les débats face à David Goffin. Lucas Pouille s’en charge contre Darcis et l’équipe de France embrasse son dixième saladier d’argent, seize ans après le précédent. Tsonga est de cette aventure, et à l’aune de son importance dans le tennis hexagonal au XXIe siècle, ce n’est que justice.

22 septembre 2019 : Il glane son 18e titre

Jo-Wilfried Tsonga parvient à endiguer son déclin. Redescendu au-delà du "Top 200" mondial, il remonte au 61e rang puis décroche, à Metz, le 18e titre de sa carrière. En finale, il prend le meilleur sur Aljaz Bedene (6-7, 7-6, 6-3), loin du lustre de ses grands matches d’antan. Mais avec 18 titres ATP, le voici d’autant plus solidement installé à la deuxième place de l’histoire, parmi les Français, derrière Noah et ses 23 trophées.
Sa fin de saison 2019 a des allures de chant du cygne. La suite, c’est une litanie de pépins physiques et une lassitude croissante. Il joue deux matches sur le circuit principal en 2020 (année frappée par le Covid), neuf en 2021, six en 2022… jusqu’à l’annonce, ce mercredi 6 avril, de sa retraite à l’issue de la prochaine édition de Roland-Garros (22 mai-5 juin).

Jo-Wilfried Tsonga a encore le regard porté sur Roland

Crédit: Getty Images

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