AFP

Incroyable mais Jo !

Incroyable mais Jo !
Par Eurosport

Le 14/08/2009 à 22:45Mis à jour

Jo-Wilfried Tsonga a réussi un drôle d'exploit vendredi à Montréal. Le Français s'est offert le scalp de Roger Federer en quarts de finale en s'imposant en trois sets (7-6, 1-6, 7-6). Une performance d'autant plus remarquable qu'il était mené 5-1 dans la dernière manche. Il affrontera Murray samedi.

MASTERS 1000 CANADA - Quarts de finale

. Jo-Wilfried Tsonga (FRA, 7) bat Roger Federer (SUI, 1) 7-6(7/5), 1-6, 7-6(7/3).Prochain adversaire: Murray
Andy Murray (GBR, 3) bat Nikolay Davydenko (RUS, 8) 6-2, 6-4

Il s'est avancé vers le filet la tête presque basse. Comme s'il était gêné de ce qui venait de se produire. La double faute finale de Roger Federer, qui a mis un terme à ce débat musclé et souvent très spectaculaire, expliquait sans doute la retenue du Français. Mais le grand sourire accueillant de Roger Federer au filet, pour la poignée de mains, chaleureuse, a dû le rassurer. Après tout, Jo-Wilfried Tsonga n'a pas à s'excuser. Certes, battre le numéro un mondial est toujours une forme de crise de lèse-majesté, mais il aurait tort de bouder son plaisir.

Car Tsonga revient de très loin dans ce match au déroulement assez improbable. Vainqueur opportuniste de la première manche, au jeu décisif, alors qu'il avait dû écarter deux balles de break dans le neuvième jeu, le protégé d'Eric Winogradsky a ensuite connu un énorme passage à vide. Eprouvé physiquement (il a même fait appel au kiné au milieu de la deuxième manche), complètement déréglé au service (23% de premières balles seulement dans le deuxième set!), Tsonga a pris un gros courant d'air, n'inscrivant que deux jeux sur les 13 qui ont suivi le tie-break du premier set. Alors, quand Federer a mené 5-1 service à suivre dans le dernier set, il aurait fallu être un peu fou pour croire encore à une victoire de JWT. D'autant que, jusqu'à cet instant, il n'avait encore pas obtenu une seule balle de break de toute la partie.

Roger, la tête ailleurs?

Mais le tennis est un sport parfois étrange. Tsonga, éteint, a repris vie en quelques points. Federer, si tranquille, est au contraire brutalement sorti de son match. Alors qu'il servait pour la gagne à 5-2 dans la troisième manche, le Bâlois a enquillé les fautes et les mauvais choix. Chose incroyable, Tsonga a alors breaké deux fois de suite pour recoller à 5 jeux partout. Le Français aurait même pu réussir un troisième break de rang puisqu'il a obtenu trois balles de match à 6-5 sur le service du numéro un mondial. Mais il n'a pas su conclure, malgré un passing de revers très jouable sur sa troisième opportunité. Heureusement pour lui, Tsonga n'a pas eu à regretter ses occasions manquées. Dans le jeu décisif, qu'il allait mener de bout en bout, il s'est offert trois nouvelles balles de match en menant 6 points à 3, avant la double faute du Suisse, symbole d'une fin de match catastrophique de la part du jeune papa.

Pour Federer, encore en rodage après cinq semaines d'inactivité (il n'avait plus joué depuis sa victoire mémorable en finale de Wimbledon face à Andy Roddick), c'est un accroc contrariant. Le recordman des victoires en Grand Chelem n'est pas franchement habitué à perdre après un tel scenario. Entre un Wimbledon encore frais, un US Open sur lequel il est déjà focalisé et la naissance de ses jumelles, sans doute n'avait-il pas l'esprit totalement au Québec. Il lui reste deux semaines pour se remettre dedans. Mais à l'évidence, il ne semblait pas trop abattu en sortant du court. "Ce sont des choses qui arrivent en tennis, a-t-il commenté, fataliste. Un match n'est jamais fini avant d'être fini, on l'a vu aujourd'hui. Ce n'était ni bon ni mauvais, je m'en remettrai."

La saute de tension de Federer n'enlève rien en tout cas au mérite de Tsonga, pour qui cette victoire constitue un formidable coup de booster, comme elle a été pour Gilles Simon l'an passé face au même joueur dans ce même tournoi. C'est sa première victoire sur un numéro un mondial, et sa première demi-finale de l'année dans un Masters 1000 et seulement sa 2e en carrière (après une victoire à Paris-Bercy fin 2008). Quoi qu'il arrive d'ici la fin du week-end, il va consolider sa position au classement ATP. Samedi, il affrontera pour une place en finale Andy Murray, impressionnant de facilité face à Nikolay Davydenko et en quête de la 2e place mondiale. Pas sûr que la tâche soit plus aisée...

0
0