24 heures après avoir bouleversé la hiérarchie planétaire si solidement établie depuis quatre années en accédant au deuxième rang du classement ATP, Andy Murray a eu la bonne idée de donner du corps à sa promotion en remportant le Masters 1000 de Montréal. Solide, comme il fut toute la semaine, l'Ecossais a fini par venir à bout d'un Juan Martin Del Potro moins frais sous la canicule. Pour Murray, c'était la meilleure façon, la seule d'ailleurs, d'étrenner ses galons de dauphin du roi Federer.
De ces deux honneurs, le trophée ou le classement, il a du mal à choisir. Trancher entre deux plaisirs aussi savoureux est un problème de riche. Mais comme il commence à s'habituer à gagner, la nouveauté finit par primer dans son esprit. "J'adore gagner des tournois, commence-t-il. Mais je n'ai jamais été deuxième mondial alors que j'ai déjà remporté des Masters par le passé. Le second rang mondial m'emballe donc légèrement plus ." C'est donc lui, Murray, qui a fini par briser l'hégémonie du duo Federer-Nadal, qui trustait les deux premières places mondiales depuis juillet 2005. Longtemps, on a cru que seul Novak Djokovic serait ce troisième homme. Mais le Serbe, pour son malheur, est tombé sur deux extra-terrestres. Malgré une victoire en Grand Chelem (Australie 2008), et une autre au Masters, il n'a jamais pu titiller "Fed" et "Rafa". Murray, lui, a bénéficié de circonstances plus favorables, avec les récents pépins de Nadal. Si l'Espagnol avait pu défendre ses chances à Wimbledon, sans doute Murray serait-il encore troisième aujourd'hui.
"Je crois en moi"
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Du coup, pour beaucoup, cette progression estivale au classement ATP est, partiellement, le fruit des circonstances. Pour valider définitivement sa nouvelle dimension, il manque encore au Britannique un titre en Grand Chelem. Parmi les cinq premiers mondiaux, il est le seul à ne pas avoir remporté de majeur, contrairement à Federer, Nadal, Djokovic et Roddick. Sa défaite en demi-finale face à ce dernier, à Wimbledon, a fait craindre de l'autre côté de la Manche que Murray ne devienne le nouveau Tim Henman. Toujours placé, jamais gagnant. "Certains ont qualifié ma défaite contre Roddick de décevante. Mais ce n'est quand même pas une honte de perdre contre lui", s'est défendu Murray dimanche.
A l'évidence, le nouveau numéro 2 a toutes les cartes en main pour aller chercher ce grand titre dans un avenir proche. Une consécration qui paraît inévitable. Imminente, même. Peut-être même dès l'US Open, dont il avait atteint la finale l'année dernière. Il était alors apparu tout petit en finale face au grand Federer. Mais s'il retourne à ce stade de la compétition, il n'aura plus aucun complexe à nourrir. "Cette finale était une très bonne expérience. Peut-être qu'inconsciemment, après avoir battu Nadal en demies, j'avais l'impression d'avoir gagné quelque chose, comme si c'était un aboutissement. Je ne commettrais plus cette erreur ", assure-t-il. Depuis un an, Murray a encore progressé. Sur tous les plans. "Il est devenu incontournable sur le circuit, témoigne Jo-Wilfried Tsonga, une de ses victimes de Montréal. On peut dire qu'il ne paye vraiment pas de mine, il n'a pas le gros physique de Nadal ou le relâchement de Federer mais il a beaucoup de points forts, il est très complet."
Jusqu'ici, le bilan 2009 d'Andy Murray est assez exceptionnel. Il a remporté 5 tournois (seul Nadal a fait aussi bien), dont deux Masters 1000 et fait preuve d'une impressionnante régularité. C'est surtout un joueur en pleine confiance. "Revenir après cinq semaines de coupure et remporter un tournoi aussi relevé que Montréal, c'est vraiment gratifiant pour moi", souligne-t-il. Déjà tourné vers Flushing, l'Ecossais ne cache pas qu'il sera là pour gagner. "Je crois que j'ai une bonne chance de bien figurer à l'US Open. Je crois en moi. Mais chaque chose en son temps. Pour l'instant, je vais me concentrer sur Cincinnati." Depuis la mi-mai, Andy Murray a remporté 19 matches pour seulement deux défaites. L'une est survenue à Roland-Garros. L'autre à Wimbledon. Autant dire que rien ne lui échappe. Sauf les majeurs. Mais pour combien de temps encore?
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