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Indian Wells vintage : 1987, finale royale et grand déménagement

Indian Wells vintage : 1987, finale royale et grand déménagement

Le 16/03/2020 à 10:48Mis à jour Le 16/03/2020 à 15:25

Il n'y aura pas de tennis à Indian Wells cette année. Merci le coronavirus. Cela nous laisse un peu de temps pour nous replonger dans les grandes heures du tournoi. Chaque jour, retour sur une page marquante ou un match inoubliable restés dans l'histoire du Masters 1000 californien. Aujourd'hui, cap sur 1987 et la toute première édition organisée à Indian Wells, soldée par une (nécessaire) finale.

Boris Becker - Stefan Edberg

Edition : 1987
Tour : Finale
Vainqueur : Boris Becker (Allemagne de l'Ouest)
Adversaire : Stefan Edberg (Suède)
Score : 6-4, 6-4, 7-5

Quand doit-on considérer que le tournoi d'Indian Wells a vu le jour ? Officiellement, son histoire débute en 1987, date de son aménagement dans sa ville actuelle. Mais ses racines les plus anciennes remontent à 1974, avec la création d'une épreuve richement dotée en Arizona, à Tucson, grâce au concours d'un riche sponsor, American Airlines. Deux ans plus tard, l'épreuve est rapatriée en Californie, à Rancho Mirage (à quelques minutes en voiture d'Indian Wells), où elle demeure jusqu'en 1980, année où le tournoi est annulé à partir des demi-finales, en raison de déluges de pluie. L'horizon est alors obscur dans le ciel californien, il l'est également pour l'avenir du tournoi. L'ATP envisage son rapatriement en Floride, terre déjà fertile en événements tennistiques.

Le maintien en Californie tient finalement à l'intervention de l'ancien joueur portoricain Charly Pasarell, membre du Board de l'ATP et directeur du tennis dans un hôtel de luxe à La Quinta, dont il convainc les propriétaires de construire un stade provisoire de 7 500 places pour accueillir l'épreuve menacée. Une épreuve qui repart ainsi sur de nouvelles bases à La Quinta – là encore tout près d'Indian Wells – mais avec un prize-money revu à la baisse. Pendant quelques années, le plateau sportif – qui avait accueilli, à Tucson puis à Rancho Mirage, tout le gotha du moment – en pâtit largement, malgré quelques moments forts comme la finale 1982 entre Lendl et Noah sur laquelle nous reviendrons, d'autant qu'il s'agit de l'ultime passage du grand Ivan qui, chose étrange, n'a jamais joué à Indian Wells.

La finale idéale pour donner une nouvelle dimension au tournoi

Malgré tout, le tournoi se refait une santé à La Quinta, avec de nouveau le soutien de sponsors puissants. Mais pour vraiment passer à la vitesse supérieure, Pasarell comprend qu'il faut voir (encore) plus grand. Il fait ainsi construire un nouveau stade de 11 000 places au cœur d'un autre hôtel, le Hyatt Grand Champions Resort, situé à Indian Wells.

Où le tournoi prend donc ses quartiers en février 1987, au cœur d'une longue tournée de tournois américains dont il ne se démarque pas (encore) vraiment, ni par la réputation, ni par le prize-money (350 000 $). Indian Wells souffre particulièrement de la comparaison avec celui qui n'est encore que son grand cousin éloigné, le tournoi de Miami, devenu entre-temps le tube du moment et auto-proclamé - ritournelle bien connue - "cinquième Grand Chelem".

Il a d'ailleurs les codes d'un Grand Chelem : mixte, sur deux semaines, avec un tableau de 128 et des matches joués, chez les hommes, au meilleur des cinq sets dès le 1er tour. Avec aussi, tenez-vous bien, deux sessions organisées quotidiennement, l'une de jour, l'autre de nuit.

Bien qu'upgradée dans la catégorie "Super Series", l'épreuve californienne, elle, est encore loin de tout ça. Mais en cette année 1987, elle bénéficie malgré tout d'un tableau superbe avec la présence de 4 des 5 meilleurs joueurs du monde. Pas le n°1 Ivan Lendl, donc, mais ses deux dauphins, Stefan Edberg (n°2), dont c'est la première présence ici, et Boris Becker (n°3), déjà venu humer l'air du désert californien un an avant à la Quinta. Bingo pour les organisateurs : les deux hommes, déjà bien installés dans une rivalité qui va devenir l'une des plus grandes de l'ère moderne, font parfaitement leur "job" jusqu'à se retrouver en finale.

Boris Becker en 1987.

Boris Becker en 1987.Imago

Becker déroule, la greffe va prendre

Là, on ne va pas vous mentir. Ce match entre les deux hommes ne restera pas comme l'un des plus mémorables des 35 qui ont rythmé leur longue rivalité. La faute "surtout" à Boris Becker, à nouveau injouable au sortir pourtant d'un Open d'Australie décevant – élimination au 3e tour contre Wally Masur -, peut-être encore perturbé par sa séparation compliquée avec son coach Gunther Bosch.

Mais en Californie, l'Allemand de l'Ouest retrouve soudainement toute sa flamboyance lors d'une semaine au cours de laquelle il ne perd pas le moindre set, éliminant notamment sèchement le n°4 mondial Yannick Noah en demi-finale (6-4, 6-2). En outre, il est au cœur d'une phase de domination psychologique sur son rival suédois qu'il vient de battre 6 fois d'affilée (bientôt 7). Une domination qui va donc atteindre son paroxysme lors de cette finale d'Indian Wells qu'Edberg aborde pourtant dans les meilleures conditions puisque c'est lui qui vient de triompher à l'Open d'Australie, alors disputé (pour la dernière fois) sur gazon, à Kooyong.

Il semble que le dur implanté à Indian Wells, déjà considéré comme lent, favorise davantage le jeu plus complet de Becker qui trouve vite le parfait équilibre entre son tempérament naturel d'attaquant et la nécessité de temporiser par moments. Edberg, lui, donne l'impression de s'embrouiller dans ses schémas tactiques et se montre beaucoup moins précis que son adversaire lorsqu'il doit tirer des passings.

Boris Becker - Indian Wells 1987

Boris Becker - Indian Wells 1987Getty Images

A aucun moment, on ne le sent en mesure de faire tourner le match, même dans un 3e set où il élève pourtant son niveau de jeu. Trop tard. A ce moment-là, Becker est déjà sur son nuage. S'il concède un break une fois dans le 1er set (plutôt un débreak), il n'a plus aucune menace à écarter dans les deux derniers. Boris s'impose 6-4, 6-4, 7-5, détrônant ainsi sa victime du rang de n°2 mondial.

Pas une grande finale, on vous dit. Mais l'affiche en elle-même contribue à attirer grandement l'attention sur le tournoi d'Indian Wells, qui aura donc malgré tout réussi sa "greffe". Et qui, par la suite, ne fera que grandir, jusqu'à devenir l'événement que l'on sait. L'histoire retiendra qu'elle le doit beaucoup à Boris Becker, également vainqueur l'année suivante, en 1988.

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