"Honnêtement, je n'ai aucune attente" : Federer, cap tranquille sur la terre
Par Laurent Vergne
Publié 31/03/2019 à 23:37 GMT+2
MASTERS 1000 MIAMI - Vainqueur expéditif de John Isner en finale dimanche, Roger Federer a bouclé en beauté un premier trimestre plus que satisfaisant. A nouveau en pleine bourre, le Suisse va maintenant se tourner vers son retour très attendu sur terre battue. Un défi qui le réjouit, mais l'ancien numéro 1 mondial ne se met aucune pression en matière de résultats.
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Le grand-père vous salue bien. A 37 ans et sept mois, Roger Federer botte encore quelques derrières. Plus ou moins jeunes. Avec un sens certain de l'alternance, il a renvoyé à leurs études des membres de la NextGen (Medvedev en huitième, Shapovalov en demie), et des vieux briscards au service bazooka mais soudainement inoffensifs face à lui (Anderson en quart, Isner en finale). Voilà comment il a rempli sa besace d'un 101e titre, le 28e en Masters 1000. Il vient de boucler une séquence pour le moins prolifique après sa victoire à Dubaï et sa finale à Indian Wells. A son âge, cela a quelque chose de sidérant.
On pourra toujours objecter qu'il a esquivé les vrais gros ténors, ceux de son acabit. Le forfait de Nadal avant la demi-finale programmée en Californie et les déboires momentanés de Djokovic lui ont facilité la tâche. Tout ceci est vrai, mais son bilan n'en reste pas moins épatant. "C'est un super début d'année", a-t-il savouré dimanche soir.
Il nous bluffe et, pour un peu, il s'épaterait aussi. "Je suis quand même un peu surpris d'avoir gagné ici, parce que l'année dernière après la défaite en finale à Indian Wells, comme cette année, j'avais perdu au premier tour, rappelle-t-il. Cette année, j'ai failli perdre au premier tour aussi (contre Radu Albot, ndlr), mais je m'en suis sorti quand même d'une façon ou d'une autre."
Tenant du titre, John Isner n'a pas fait le poids dimanche. Le premier set, plié en trois breaks et 23 minutes, a donné le ton. Federer ne pouvait espérer meilleure entame. "Mon début de finale était magnifique, j'ai tellement bien commencé ce premier set, c'était parfait, claironne le Bâlois. Je n'ai quasiment pas fait de fautes, j'ai bien anticipé, j'ai bien défendu, j'ai bien lu le service de John et j'ai pu le mettre sous pression. C'était le début de match rêvé pour une finale." Difficile de prétendre le contraire.
La suite aurait pu s'avérer plus compliquée mais la blessure au pied d'Isner, alors que les débats commençaient à s'équilibrer, a gâché cette fin de rencontre. "Evidemment, admet-il, j'ai su profiter du fait que son pied n'était plus à 100%. Il ne bougeait plus et je pense qu'il a eu pas mal peur de se blesser encore plus. Mais il n'a pas abandonné, c'était à moi de faire la différence et j'ai su le faire." Il ne va de toute façon pas bouder son plaisir. A juste titre : "Pour résumer, c'est un super tournoi pour moi, c'est magnifique, et être le premier à remporter ce nouveau Miami Open, c'est très cool aussi".
Entre son niveau de jeu plus que satisfaisant et son physique au top, en témoigne sa capacité à enchainer Indian Wells et Miami, il n'a que des raisons de sourire. Cerise sur le gâteau, le voilà même consacré arithmétiquement meilleur élève de ce premier trimestre, puisqu'il vire en tête à la Race, juste devant Novak Djokovic. Un petit exploit, quand on sait le poids de l'Open d'Australie à ce stade de la saison. Or à Melbourne, pendant que Nole triomphait, il se prenait les pieds dans un tapis grec dès les huitièmes. Mais ce Federer-là n'était pas si différent de celui de février-mars, assure-t-il : "en Australie, j'ai bien joué quand même, mine de rien."
Repos, puis au boulot sur terre
La suite sera inédite depuis quatre ans pour lui. Après avoir été absent des débats sur terre battue depuis 2015, Federer a décidé de remettre le pied sur l'ocre ce printemps. Il l'avait annoncé au soir de son élimination à Melbourne, et n'a pas changé d'avis. "Je me réjouis de ce défi, parce que je l'ai choisi avec mon équipe, et si je n'avais pas envie, je n'irais pas. Le plan, c'est toujours de jouer à Madrid et Paris, mais il faut d'abord que je récupère parce que je sens que mon corps a besoin de repos", a-t-il glissé, comme pour rappeler que, s'il ne fait pas son âge, il lui arrive quand même de le ressentir.
Mais il ne restera pas éloigné longtemps des courts. Il le sait, s'il veut mettre un pied devant l'autre sur terre, il aura besoin de retrouver quelques sensations. "Je vais vite reprendre sur terre, même si je n'y vais pas y aller super fort au début, c'est juste pour reprendre mes marques", dit Federer. La terre, ce sera pour le plaisir, rien de plus. Ni obligation de résultats ni chasse aux points. "Honnêtement, conclut-il, je n'ai aucune attente sur terre. Il faut recréer tout le côté confiance sur terre. On verra bien".
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