Il va commencer à manquer de mots. "Magique" et "incroyable" sont deux termes qui ne sont pas assez forts pour illustrer ce qu'il se passe actuellement dans la tête de Julien Benneteau. Lui qui dispute son dernier Bercy à 35 ans, pour mieux prendre sa retraite en 2018, vient d'aligner trois victoires face à des joueurs du Top 15 mondial pour s'offrir une nouvelle demi-finale en Masters 1000, qui plus est à Paris. Y avait-il songé dans ses rêves les plus fous ? Clairement pas.

"J'ai déjà battu des mecs mieux classés que moi, mais deux mecs du top 10 d'affilée je ne l'ai jamais fait. Et d'ailleurs, trois mecs du top 15 non plus." Benneteau préfère en sourire : déjouer les pronostics en battant Tsonga, Goffin et Cilic, il fallait le faire. Mieux vaut tard que jamais. Bien sûr, il y a bien eu cette victoire sur Roger Federer ici-même en 2009, mais cela ne lui avait pas permis d'aller au-delà des huitièmes de finale. Là, cette année, c'est beaucoup plus fort, même si ce n'est pas le numéro un mondial qu'il avait en face de lui.

Rolex Paris Masters
Le rêve de Benneteau continue
03/11/2017 À 20:46

"Jeudi, c'était énorme : les sensations que j'avais, la façon de frapper la balle. Aujourd'hui, c'était bon, mais la balle de Cilic m'a beaucoup plus gêné. L'ensemble, entre l'adaptation tactique, l'intelligence de jeu sur les moments-clés, les changements que j'ai opérés notamment au service sur les zones, le côté mental et physique, fait que c'est certainement mon match le plus accompli." Le tout, dans une salle en totale fusion avec lui... De quoi vous mettre la chair de poule pendant quelques temps. "C'est une salle de dingues. Ça fait un bruit... On sent les gens proches, c'est génial de jouer avec un public comme ça ! Ce sont des émotions très fortes."

Aller jusqu'à Wimbledon, pouvoir jouer une dernière fois Roland à 36 ans... je suis béni des Dieux

Qu'est-ce qu'on peut lui souhaiter désormais, pourrait-on se demander naïvement ? Une belle bataille en demi-finale face à Jack Sock ? L'Américain n'a jamais été un membre du Top 10, mais il sera pour sûr un dur à cuire. Lucas Pouille pourra en témoigner, lui qui a été éliminé par le 22e mondial au 3e tour, tout comme Fernando Verdasco, battu bien après minuit vendredi soir après trois sets (6-7, 6-2, 6-3). Comme Benneteau, Sock jouera sa 2e demi-finale en Masters 1000, mais à ceci près que sa première est bien plus récente : Indian Wells 2017, là même où il avait cédé face à Roger Federer dans le dernier carré.

C'est donc face à ce joueur qu'il n'a plus affronté depuis Shanghai 2014 (avec une victoire à la clé) que Benneteau tentera d'aller chercher sa première finale de Masters 1000. La plupart des 20 000 spectateurs du Rolex Paris Masters seront à ses côtés pour le pousser vers cette issue improbable. Voilà un mot qui pourrait bien le caractériser, étant donné que ses deux dernières saisons n'ont pas été une franche réussite. "Les deux dernières années, j'ai galéré. Je n'ai pas eu de satisfactions, il y avait plutôt de la déception et de la frustration. Il n'y a eu que deux bonnes choses, la finale à Wimbledon (2017) en double et la sélection en Coupe Davis (en mars)." En voilà une troisième (et quelle troisième !) qui lui ouvre des perspectives inattendues.

Le voici avec environ 1200 unités au compteur et une 52e place mondiale, au minimum, lundi prochain, soit 31 rangs de mieux qu'aujourd'hui. Vu ses points à défendre d'ici là, il en aura suffisamment pour entrer directement dans les grands tableaux de l'Open d'Australie et de Roland-Garros. "Aller jusqu'à Wimbledon, pouvoir jouer une dernière fois Roland à 36 ans... je suis béni des dieux. Je ferai un point au mois de décembre pour faire un calendrier cohérent." Imaginez un peu qu'il le gagne, ce Masters 1000. Après tout, tout devient possible maintenant... La question qui tue est : reviendra-t-il défendre son titre ou pas ? "Pour le moment, ce n'est pas d'actualité", a-t-il lourdement insisté. Allez, on en reparle dimanche soir.

Julien Benneteau - Paris Bercy 2017

Crédit: Getty Images

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