Avec 31 victoires en 32 matches et 4 tournois gagnés sur 5 disputés, sa saison se conjugue au presque-parfait. Si l’année 2020 sera à jamais associée à la crise du coronavirus, Novak Djokovic aura, peut-être plus que jamais, montré qu’il était fait d’un autre bois que la plupart de ses collègues sur le plan mental. Au cœur de la polémique de l’Adria Tour, le Serbe avait repris les affaires courantes comme si de rien n’était en s’offrant le Masters 1000 de Cincinnati. Et deux semaines après sa disqualification de l’US Open, le voilà empereur de Rome pour la 5e fois de sa carrière.

Pourtant, le Serbe, qui s’était éclipsé de Flushing Meadows sans passer en conférence de presse, le savait : les questions sur sa mésaventure new-yorkaise ne manqueraient pas dans le tournoi d’après. Et il n’a pas été épargné. Le moindre énervement ou geste de colère a été décortiqué. A tel point qu’un journaliste lui a même demandé s’il avait envisagé de… consulter un psychologue. "Laissez-moi vous dire que ce n’est ni la première ni la dernière fois que je casse une raquette sur un court. Je ne veux pas le faire mais parfois, ça arrive, et c’est ma façon de me libérer d’un certain agacement. Mais je n’en suis pas fier", a-t-il poliment répondu, sourire en coin.

Masters Rome
Avec un 36e titre, Djokovic devient le maître des Masters 1000
21/09/2020 À 17:09

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"Je n'ai pas joué mon meilleur tennis mais je l'ai retrouvé quand j'en avais le plus besoin"

La tension n’a donc pas quitté, comme par magie, le numéro 1 mondial après l’immense frustration de l’US Open. Et si sa raquette en a fait les frais lors de son quart de finale contre Dominik Koepfer, le reste de sa semaine n’a pas été non plus de tout repos, son coach historique Marian Vajda peut en témoigner. Le Slovaque a souvent fait office de punching-ball lors des prestations en dents de scie de Djokovic. "C’était une semaine éprouvante. Je ne pense pas avoir joué mon meilleur tennis mais je l’ai retrouvé quand j’en avais le plus besoin dans les moments décisifs aujourd’hui (lundi), hier (dimanche) et pratiquement à chaque match", a-t-il noté après sa victoire en finale, lucide.

Oui, Djokovic a souffert. Son match le plus court lors de son entrée en lice contre Salvatore Caruso a duré 1h24 tout de même. Pour le reste, il a quasiment systématiquement joué plus de deux heures par partie, la finale exceptée (mais il s’en est encore rapproché en bataillant 1h53 encore contre Diego Schwartzman), alors qu’il n’a pas été confronté à un membre du top 10. Etait-ce dû à son état de tension ou à l’adaptation à la terre battue ? Peut-être un peu des deux.

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Des soucis dans le jeu mais un mental au beau fixe

Toujours est-il que les statistiques confirment ces difficultés dans le jeu. Le Serbe a notamment été en délicatesse avec son coup droit, pas aussi décisif qu’il l’aurait voulu. Contre Koepfer, il a ainsi commis pas moins de 26 fautes directes de ce côté. Et en revers, son coup le plus solide, il a alterné le bon et le préoccupant, notamment pendant la première partie de la finale (18 erreurs). Mais ce qui a aussi frappé, c’est la capacité du bonhomme à élever son niveau de jeu pour tenir en respect ses adversaires.

Finalement, Djokovic n’aura lâché qu’un set dans ce tournoi, où pourtant il a semblé parfois (très) loin de son meilleur niveau. "C’est ce qui me rend le plus fier et le plus satisfait cette semaine, le fait d'avoir réussi à passer la cinquième (vitesse) quand il le fallait. Maintenant, nous nous tournons vers Paris. Je ne pouvais pas demander de meilleur tournoi ici à Rome. C’est un autre grand titre et j’en suis très heureux", a-t-il encore estimé. Le constat peut paraître curieux, tant justement le numéro 1 mondial est apparu frustré par son tennis. Mais ce serait perdre de vue l’essentiel.

Au-delà d’un 36e titre record en Masters 1000, Djokovic s’est prouvé à Rome qu’il était plus fort que les récentes épreuves qu’il avait dû traverser. Parce qu’entre dire qu’on a tourné la page et le faire réellement, il y a parfois un monde. Parlez-en à Stefanos Tsitsipas, marqué par sa défaite au 3e tour de l’US Open malgré 6 balles de match, qui a erré tel un fantôme sur la terre battue romaine contre Jannik Sinner. Le numéro 1 mondial a, lui, montré qu'il restait le patron, tout en faisant ses gammes et en travaillant son tennis sur terre battue. Alors que la préparation pour Roland est quasi-inexistante, il ne pouvait en effet sûrement pas espérer mieux.

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