Il n’avait jamais franchi le moindre tour en Masters 1000 jusqu’ici. Et c’est donc à Rome, sur terre battue, qu’Ugo Humbert a conjuré le sort. Sacrée ironie du destin pour cet attaquant, friand des courts rapides, en indoor, sur dur extérieur ou sur gazon où il a atteint les huitièmes de finale à Wimbledon en 2019. Le Messin aura été l’éclaircie bleue d’une semaine morose pour le tennis français marquée par les forfaits de Lucas Pouille et Jo-Wilfried Tsonga (dont la saison est terminée) en vue de Roland-Garros, ainsi que par la défaite d’entrée de Gaël Monfils jeudi.

Après une tournée américaine décevante – une seule victoire au 1er tour de l’US Open contre Yuichi Sugita –, la remise en question aura été rapide. Accompagné par sa mère, soutien indéfectible dans les tribunes vides du Foro Italico, il a parfaitement exploité les opportunités laissées par son tableau, peu importe la surface. "Je prends plus de plaisir. Je n'ai jamais gagné beaucoup de matches sur terre battue. Là, l'état d'esprit était un peu différent. J'étais persuadé que je pouvais aussi gagner des matches sur cette surface, me faire un peu plus confiance et là je me suis éclaté sur ce tournoi. C'est vraiment le point positif", a estimé le 42e joueur mondial en forme de bilan dans des propos rapportés par L’Equipe.

Masters Rome
Humbert a fait trembler Shapovalov mais ça n'a pas suffi
18/09/2020 À 13:41

3 sets et presque 3 heures de baston entre gauchers : Shapovalov a eu Humbert à l'usure

Humbert garde les pieds sur terre

L’air de rien, Humbert aura accroché deux "noms" du circuit à son tableau de chasse. D’abord il a dominé un Kevin Anderson certes redescendu à la 119e place mondiale, mais dont le service canon en aurait frustré plus d’un. Ensuite, il s’est offert un top 20 en la personne de Fabio Fognini, grand spécialiste de l’ocre. Là encore, la portée de ce succès est à relativiser tant l’Italien était loin de son meilleur niveau, lui qui revient tout juste d’une opération aux deux chevilles. Mais le Messin aurait pu flancher quand, après avoir servi pour le match, il a vu son adversaire revenir à hauteur dans le second set.

Au lieu de cela, Humbert a conclu l’affaire avec autorité au tie-break. "J'ai plutôt gagné mes deux premiers matches mentalement qu'avec mon tennis et aujourd'hui (vendredi), ça n'a pas suffi", a-t-il fait remarquer avec lucidité. Car il n’est pas du genre à se laisser aller à l’autosatisfaction. Le gaucher a les pieds sur terre, et il le sait, face à Denis Shapovalov, il n’a pas pris assez d’initiatives pour réaliser l’exploit. Et ce même s’il a longtemps tenu en respect le 14e joueur mondial.

"Je ne suis vraiment pas satisfait de mon niveau. Je suis très passif, je suis loin de ma ligne, je ne propose pas grand-chose. De temps en temps j'arrive à tenir avec mon service mais je suis conscient que le niveau, il n'est pas très bon", a-t-il insisté, comme pour s’assurer de ne pas se reposer sur ses lauriers. Si c’est une baisse physique qui a coûté cher à Humbert dans le deuxième set, le Français sait que s’il veut progresser sur brique pilée, il devra trouver un moyen d’imposer plus souvent son tennis offensif et jouer sur ses forces. C’est à ce prix qu’il pourrait espérer passer quelques tours (voire une deuxième semaine si le tirage le permet ?) du côté de la Porte d’Auteuil où les chances tricolores ne sont pas légion.

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