Daniil Medvedev, un numéro 1 par défaut ou parti pour durer ?

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La défaite de Novak Djokovic en quart de finale à Dubaï jeudi a assuré la prise de pouvoir de Daniil Medvedev au sommet du classement ATP lundi prochain. Mais le Russe, qui a profité de l'absence forcée du Serbe en Australie pour acquérir ce nouveau statut, pourrait souffrir d'un relatif problème de légitimité. A moins que ce ne soit que le début d'un long règne qui mettrait de facto fin au débat.

La question qui fâche : Medvedev ferait-il un n°1 mondial crédible ?

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Quoi qu'il arrive, il restera dans l'Histoire du jeu comme celui qui a brisé une ahurissante hégémonie. Celle du "Big 4" et de ses 921 semaines consécutives (plus de 18 ans depuis le 2 février 2004) passées à la première place mondiale. Lundi, Daniil Medvedev s'appropriera ainsi le trône aux dépens de Novak Djokovic, battu en quart de finale à Dubaï pour sa semaine de reprise de la compétition. Et c'est peut-être là où le bât blesse pour le Russe. D'un point de vue strictement sportif, l'honnêteté commande de constater que le Serbe, non vacciné, n'a pas été autorisé à défendre son statut à l'Open d'Australie, ce qui jette inévitablement une ombre sur ce passage de témoin.
Avant tout développement argumentatif, il ne faut pas oublier une chose : le classement ATP est établi par un calcul d'ordinateur, et aucune autre considération, que ce soit l'impression laissée sur le court ou son bilan face aux autres cadors du circuit, n'est prise en compte. Mathématiquement, le Russe est le joueur qui a marqué le plus de points sur les 52 dernières semaines. C'est ce qui lui permettra de devenir numéro 1 mondial et rien d'autre. Mais est-il pour autant le meilleur joueur du monde en ce moment ? Là est la grande question.

La dynamique était en sa faveur dès le second semestre 2021

Si Novak Djokovic avait pu jouer à Melbourne, aurait-il glané son 21e titre en Grand Chelem ? En tant que triple tenant du titre, le Serbe était certes indubitablement favori à sa propre succession, mais rien ne permet de l'affirmer avec certitude. Cependant, il y aurait, selon toute vraisemblance, accumulé assez de points pour prolonger son règne au-delà de cette désormais fameuse 361e semaine (record) sur le trône. Avec un nouveau Petit Chelem conquis en 2021, à une petite victoire de réaliser le Grand Chelem, le "Djoker" était plus que jamais l'incontestable patron du tennis mondial.
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Medvedev en transe, Djokovic en pleurs : les temps forts d'une finale à sens unique

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Cela étant dit, dès la saison dernière, Daniil Medvedev s'était imposé comme son principal rival. D'abord, le Russe lui a fait face lors de deux de ses quatre finales en Majeurs à l'Open d'Australie et à l'US Open. Surtout, il restera celui qui l'a empêché de rejoindre Rod Laver dans la légende dans l'ère Open (Grand Chelem en 1969). Et la perspective change encore quand on analyse les dynamiques des deux joueurs sur la seconde partie de saison dernière.
La tendance était donc favorable à Medvedev (430 points de mieux sur la période), et ce même si le Russe a disputé trois tournois de plus que Djokovic, mentalement épuisé par sa course finalement vaine au Grand Chelem doré. Si l'on retire Wimbledon de l'équation en se concentrant sur le dernier tiers de l'année, l'écart se creuse (2250 points) d'ailleurs en faveur du futur numéro 1 mondial.

Le caillou dans la chaussure de l'occasion manquée à Melbourne

Sans préjuger de ce qu'aurait été le résultat aux antipodes si Djokovic avait pu jouer, Medvedev pouvait donc avoir l'ambition légitime de détrôner le Serbe dès 2022. Il n'empêche que pour asseoir son nouveau statut, un sacre à l'Open d'Australie, en battant qui plus est un autre membre du "Big 3" Rafael Nadal en finale en trois sets secs, aurait constitué une sorte de cerise sur le gâteau et fait taire les plus circonspects. Il n'aura manqué que quelques jeux au Russe pour y parvenir et devenir le premier joueur de l'Histoire à gagner ses deux premiers titres en Grand Chelem consécutivement.
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Le moment où la finale a basculé : comment le 5e jeu du 3e set a relancé Nadal face à Medvedev

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Medvedev serait ainsi entré dans la légende par la grande porte, mais il a été renversé. Nouveau patron mathématiquement, le nouveau défi du Russe sera de s'approprier assez son rang pour qu'il le soit aussi dans les esprits. Et dans cette perspective, le temps sera un allié puissant. "Je n'aurais jamais imaginé ça. Mais c'était inscrit en nous sans qu'on le sache. C'est quelque chose dont on n'avait jamais parlé, sauf, forcément, à l'approche concrète du but. Je pense qu'il peut s'installer à cette place car il a acquis la dimension qu'il mérite. Il doit désormais l'assumer", a d'ailleurs réagi son coach Gilles Cervara dans L'Equipe.

A moyen terme, Medvedev a toutes les cartes en main pour conforter son statut

Medvedev a les moyens de conforter sa position, déjà en allant potentiellement chercher le titre à Acapulco avec une revanche sur Nadal en demie, et surtout parce que Novak Djokovic ne sera pas présent aux Etats-Unis en mars (Masters 1000 d'Indian Wells et de Miami) où son statut de non vacciné l'empêche de voyager. Sur le dur américain, l'une de ses surfaces de prédilection (même s'il y est beaucoup plus performant l'été), il a indubitablement un beau coup à jouer.
La suite s'annonce plus compliquée pour Medvedev. La terre battue ne met pas vraiment en valeur ses frappes à plat et ses trajectoires de balles rasantes. Mais ce printemps sur ocre pourrait aussi représenter une opportunité inattendue pour lui. Car mis à part son quart de finale à Roland-Garros, il n'avait gagné qu'un petit match à Madrid en 2021 dans ses tournois de préparation. Le grand Daniil n'aura donc aucune pression et de précieux points à gagner.
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Cinq jeux perdus en 1h10 : nouveau numéro 1, Medvedev est bien resté dans son tournoi

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Tout le contraire d'un Novak Djokovic (titré à Roland-Garros, finaliste à Rome) dont la situation est, de toute façon, incertaine, même si la situation sanitaire s'améliore et pourrait amener davantage de tournois et de pays à lui ouvrir ses portes avec le temps. Quant aux autres potentiels rivaux de Medvedev, Alexander Zverev (demi-finaliste à Roland, titré à Madrid), actuellement sur les nerfs, et Stefanos Tsitsipas (titré à Monte-Carlo, finaliste à Barcelone et à Roland), ils auront également de nombreux points à défendre sur terre battue.

Djokovic dans le flou, Nadal pourrait être sa plus grande menace

Reste le cas Rafael Nadal. Son début de saison (le meilleur départ de sa carrière avec 13 victoires consécutives) et la perspective d'une seconde partie d'année où il aurait tout à gagner (il n'avait joué que deux matches après Roland-Garros avant d'arrêter les frais en 2021) font de l'Espagnol une menace potentielle pour Medvedev à moyen terme puisqu'il accuse près de 2000 points de retard à l'heure actuelle. Le Majorquin a beau avoir lui-même fait remarquer à Acapulco qu'il faisait une croix sur cet objectif à ce stade avancé de sa carrière à cause des blessures, si les résultats sont là, il fera nécessairement partie de l'équation.
Il n'en reste pas moins que Medvedev semble donc avoir les atouts nécessaires pour donner de l'ampleur à ce début de règne. Il a désormais les cartes en main pour montrer qu'il mérite non seulement sa place de numéro 1, mais qu'il a aussi les atouts pour devenir à son tour l'incontestable patron du tennis mondial.
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