Sharapova la glaciale

Sharapova la glaciale
Par Eurosport

Le 27/01/2012 à 10:51Mis à jour Le 27/01/2012 à 22:33

Maria Sharapova est l'une des actrices les plus discrètes et volontairement effacées du circuit. Toujours à l'écart des autres, toujours dans une bulle impossible à percer, souvent cassante avec les journalistes ou ses adversaires. Reportage avant la finale dames contre Azareka, samedi.

Si la finale féminine de l’Open d’Australie fera du bruit pour de mauvaises raisons en raison des cris poussés par Victoria Azarenka et Maria Sharapova, elle aura aussi un autre retentissement particulier : la gagnante de cette finale deviendra n°1 mondiale. Pour Azarenka, ce serait une grande première à 22 ans. Pour Sharapova, à 24 ans, il s’agirait d’un retour au sommet pour la première fois depuis juin 2008, année de son troisième et dernier titre majeur décroché sur ces mêmes courts de Melbourne Park.

Maria Sharapova est une championne à part déjà à cause de son histoire personnelle -petite fille de la région de Tchernobyl ayant échappé aux conséquences de la catastrophe nucléaire- et de son palmarès si précoce qu’elle a ouvert à Wimbledon dès l’âge de 17 ans. Elle l’est aussi dans le sens où elle se place toujours à l’écart des autres compétiteurs. Elle paraît toujours dans une bulle impossible à percer.

Dans le restaurant des joueurs ou dans leur zone de détente, vous verrez régulièrement Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, mais Maria Sharapova, comme Serena Williams, évite, elle, de se mêler à cette foule. Lorsqu’elle se déplace dans les couloirs du stade, c’est toujours à bonne vitesse le regard éternellement lointain, histoire de ne pas donner l’envie à qui que ce soit de l’arrêter en chemin. Distante et froide, elle met constamment un monde entre elle et le reste de l’univers.

Cette volonté de se protéger la rend difficile à saisir pour les spectateurs. A Roland-Garros, par exemple, des sifflets ont souvent dégringolé des tribunes pour saluer ses fins de match qu’elle ait gagné ou perdu. Elle ne dégage pas beaucoup de sympathie, mais à l’évidence, là n’est pas son problème. Elle ne joue pas un jeu pour se rendre plus populaire ou aimable. Ses conférences de presse virent même souvent à l’aigre-doux comme après son succès en quarts de finale sur Ekaterina Makarova. Le jugement des autres n’est visiblement pas son affaire. Extrait.

"Journaliste : Agnieszka Radwandska se plaint de vos cris et dit que le WTA Tour devrait prendre des mesures.
Sharapova : Qui ? N’est-elle pas déjà rentrée en Pologne ?
Journaliste : Oui.
Sharapova : Quand a-t-elle dit cela ?
Journaliste : Après sa défaite en quarts de finale.
Sharapova : Oh, elle a perdu. (sourire) Vous m’avez tous vu grandir, vous m’avez tous vu jouer au tennis pendant toutes ces années. Personne de suffisamment important m’a demandé jusqu’ici de changer."

Deux jours, plus tôt, un confrère italien avait reçu cette réponse en pleine face : "Je vous reconnais. Vous êtes Italien et vous posez toujours des questions stupides."

Franche, Maria Sharapova est en fait moins compliquée ou diva qu’on pourrait l’imaginer. Elle est le reflet de sa manière de jouer: elle cogne quand il le juge nécessaire. Mais elle reste avant tout une grande professionnelle et est, selon Chris Evert, commentatrice pour la chaîne américaine ESPN à Melbourne, "la joueuse qui a le plus de passion pour le tennis." « Comme Monica Seles hier, elle est la seule à disputer tous les points à 100%, précise l’ancienne reine de Roland-Garros. Elle ne prend jamais les choses à la légère et vous le voyez dans l’intensité et la dureté de son regard." Ce que confirme l’intéressée : "J’ai toujours été une grande compétitrice. Je considère toutes mes adversaires avec respect. Je sais qu’elles peuvent jouer du bon tennis."

Quatre ans après son dernier titre majeur, Maria Sharapova se retrouve dans une situation presque inespérée après de graves ennuis à l’épaule qui lui ont fait craindre une fin de carrière prématurée. "J’essaie toujours d’être très positive, mais vous ne savez jamais comment les choses peuvent tourner avec une blessure, confie-t-elle. Il a fallu que je modifie mon geste de service. Cela a pris du temps." Un journaliste lui suggéra qu’après cette opération, elle pourrait avoir une deuxième carrière à la Jimmy Connors. "Si vous me voyez ici à 40 ans, ça voudra dire que ça ne tourne pas rond dans ma tête", s’amusa-t-elle. Sous la carapace perce parfois l’humour…

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