"Il y a beaucoup de statistiques dont je suis évidemment très fier, mais elles ne peuvent pas dicter ma carrière." Mais elles contribuent à la définir. Vainqueur de Dominic Thiem en finale de l'Open d'Australie dimanche, Novak Djokovic peut faire ses comptes, et ils sont bons. Très bons. 17e titre en Grand Chelem, le 8e à Melbourne et une reprise de pouvoir au classement. Tous ces éléments lui ouvrent de nouveaux horizons dans la folle course-poursuite qu'il mène derrière les deux autres monuments du tennis moderne que sont Roger Federer et Rafael Nadal.

La véritable prise de pouvoir du Serbe date de l'année 2011. Il y a neuf ans, en débarquant en Australie, "Nole" n'avait qu'un seul titre majeur sous le coude. A 23 ans, il n'était pas forcément en retard, mais pas dans des temps de passage dévastateurs non plus. Federer culminait déjà à 16 Grands Chelems. Nadal à 9.

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Il y a beaucoup de choses sur la table au niveau historique

Depuis, 37 tournois majeurs ont eu lieu. Djokovic en a remporté 16. De quoi se poster sur les talons de ses deux grands rivaux. "C'est certain qu'à ce stade de ma carrière, les titres en Grand Chelem sont ceux auxquels j'accorde le plus d'importance, dit l'octuple lauréat de "l'Australian". J'ai des objectifs professionnels, et les tournois du Grand Chelem sont la principale raison pour laquelle je continue à jouer des saisons entières. Mais c'est vrai, il y a beaucoup de choses sur la table au niveau historique."

Mais ce n'est pas le seul objectif "historique" du Djoker. Lundi, après un intérim de Rafael Nadal en fin d'année 2019, il va retrouver le sommet du classement ATP. Il lui manque 35 semaines à Novak Djokovic pour rejoindre Roger Federer. Encore un record du Suisse que personne n'imaginait atteignable. Surtout que Federer avait repris ses distances en reprenant le pouvoir en 2017, alors que le Serbe était au creux de sa vague. Voilà que la menace plane à nouveau au-dessus de l'homme de Bâle. Dans cette optique, la victoire de Djokovic dimanche vaut cher.

Car il ne l'a pas caché après son 8e sacre aux Antipodes, ce record-là est plus que jamais dans son viseur. "Essayer de devenir le numéro un historique, c'est l'autre grand objectif, admet-il. Je me suis remis dans cette position au bon moment." Vrai. Avec très peu de points à défendre dans les trois prochains mois, le voilà avec de très grandes chances de rester au pouvoir au moins une grosse dizaine de semaines supplémentaires. De quoi, dans un premier temps, aller chercher Pete Sampras, qui navigue onze semaines au-dessus de lui. Après quoi il sera temps de s'occuper de Federer : "Si je dois y arriver, ajoute-t-il, ce sera cette année ou l'année prochaine."

Dans quelques semaines à peine, je serai dans une autre partie du monde à jouer un autre tournoi

Cet objectif-là, contrairement à celui des Grands Chelems, s'est imposé à lui petit à petit, au fil des ans et des accomplissements. "Honnêtement, à mes débuts, il était surtout question du Grand Chelem, explique-t-il. Dans la première partie de ma carrière, je ne pensais qu'à en gagner le plus possible. Quand j'ai commencé à gagner plusieurs tournois majeurs par an plusieurs saisons de suite, c'est là que je me suis dit que, peut-être, je pouvais challenger Roger ou Pete Sampras, tous ces gars qui avaient remporté le plus de Grands Chelems dans l'histoire du tennis. La question du numéro un n'était pas dans l'équation à l'époque."

Mais à force de dominer, de passer le cap des 100 puis des 200 semaines, l'objectif s'est presque naturellement invité dans la discussion. "Je ne saurais pas identifier précisément à quel moment j'ai commencé à y penser, assure l'intéressé. Peut-être quand j'ai fini plusieurs saisons à la première place. Maintenant, c'est un de mes deux grands objectifs, c'est certain et ce n'est un secret pour personne."

S'il tient ses comptes, il se refuse à dresser le bilan, qui n'est que provisoire. Parce qu'il regarde sans cesse devant lui, Djokovic n'a ni le temps ni l'envie de se retourner. "Je ne pourrais sans doute pas appréhender tout ce que j'ai accompli dans ma carrière, notamment en Grand Chelem, avant de prendre ma retraite, glisse le Belgradois. La saison est tellement intense, ça ne vous autorise pas à apprécier pleinement les succès que vous pouvez obtenir. Dans quelques semaines à peine, je serai dans une autre partie du monde à jouer un autre tournoi. Ne vous méprenez pas, je suis super heureux et reconnaissant de vivre tout ça. Mais je ne prends rien pour acquis."

Australian Open 2020 | Novak Djokovic

Crédit: Getty Images

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