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Le Top 20 des victoires de Federer à Melbourne

Le Top 20 des victoires de Federer à Melbourne

Le 25/01/2020 à 19:54Mis à jour Le 26/01/2020 à 11:13

OPEN D'AUSTRALIE – Face à John Millman, Roger Federer a signé vendredi la 100e victoire de sa carrière à Melbourne. Un record, évidemment. Sur ces 100 matches gagnés, voici, à nos yeux, les 20 plus marquants. Des matches mémorables pour leur qualité, leur impact historique, leur force émotionnelle. Et parfois les trois.

20. 2017 : Huitième de finale contre Nishikori

Après six mois d'absence pour cause d'opération, Roger Federer revient sur la pointe des pieds sur le circuit. Il n'est plus dans le Top 10, et personne n'imagine une seconde qu'il puisse sortir de cette édition 2017 en grand triomphateur. On connait la fin de l'histoire. Après avoir laminé Tomas Berdych en 16es de finale, c'est vraiment son huitième contre Kei Nishikori qui va le réinstaller parmi les prétendants. Un combat incertain et tendu, que Federer finit par remporte ren cinq sets (6-7, 6-1, 6-4, 4-6, 6-3) et 3h20 pour devenir le plus vieux quart de finaliste en Grand Chelem depuis Jimmy Connors à l'US Open en 1991. Mais l'histoire est loin, très loin d'être finie.

19. 2004 : Quart de finale contre Nalbandian

Sa bête noire. David Nalbandian tient Roger Federer dans sa main comme personne d'autre sur le circuit. L'Argentin a gagné cinq de ses six duels face au Suisse, le dernier en date à l'US Open en 2003. Mais Federer a ouvert son compteur en le battant lors du Masters en fin d'année. Ce quart de finale va finir de le décomplexer pour de bon. Impressionnant au service, il prend le contrôle des débats et malgré la perte du 3e set, s'impose en quatre manches (7-5, 6-4, 5-7, 6-3) avec une réelle autorité. Surtout, tactiquement, il semble avoir enfin trouvé la clé.

18. 2010 : Huitième de finale contre Davydenko

Atypique, excentrique à sa façon, Nikolay Davydenko a été un des meilleurs seconds rôles de ce début de XXIe siècle. Bien luné, le divin chauve russe était capable d'ensorceler les plus brillants esprits du circuit. En ce jour de janvier 2010, "Davy" se montre d'une créativité folle pendant un set et demi. Il mène 6-2, 3-1 et il n'y a qu'à dire bravo. Mais si Davydenko est Davydenko et Federer Federer, il y a une raison. Le Russe ne tient pas la distance. Le carrosse russe se transforme en citrouille et, lorsque la magie cesse d'opérer, Federer reprend le contrôle. Et pas qu'un peu : 2-6, 6-3, 6-0, 7-5. Mais il a dû se plier en quatre pour éteindre l'incendie.

17. 2004 : Demi-finale contre Ferrero

Si ce match reste important, c'est parce qu'en le remportant, Roger Federer s'est assuré pour la première fois de sa vie d'accéder à la première place du classement mondial. Même s'il avait ensuite perdu la finale, le Bâlois aurait quitté Melbourne en patron du circuit. A l'époque, Ferrero tient la distance dans les confrontations directes (3-3) et il compte un titre en Grand Chelem, comme Federer, et davantage de finales. Mais dans cette demie, l'Espagnol se fait étriller : 6-4, 6-1, 6-4. Il n'y aura plus jamais photo entre eux.

16. 2009 : Huitième de finale contre Berdych

Gagner en cinq sets après avoir été mené deux sets à rien, c'est toujours spécial. Roger Federer a accompli cet exploit à dix reprises dans sa carrière. Mais une seule fois à l'Open d'Australie, à l'occasion de ce huitième de finale face à Tomas Berdych. Mené 6-4, 7-6, il aligne finalement les trois derniers sets 6-4, 6-4, 6-2 et peut remercier son généreux adversaire, qui aura accumulé les fautes dans la seconde moitié du match. Pataud, Federer s'en sort bien. 'Remonter deux sets de retard, ça n'arrive pas tous les jours. C'est extrêmement agréable lorsqu'on sent que tout tourne soudain en votre faveur", résume le Suisse.

15. 2006 : Huitième de finale contre Haas

Un drôle de match, celui-là. D'abord irrésistible, le boss de Bâle mène 6-4, 6-0 après à peine une heure de jeu. Il vole et virevolte. Haas, spectateur de son match, regarde passer les coups gagnants. Puis les mouches changent d'âne. Virage à 180°. Haas, seulement 41e mondial à cette époque, revient de nulle part et, fait rarissime, reçoit même le soutien du public dans son opération comeback.

Il chaparde le 3e set (6-3), grappille le 4e (6-4) et Melbourne se demande si la sensation de la décennie n'est pas en marche. Mais non. Federer, dont le jeu s'était évaporé pendant deux manches (il commettra 58 fautes directes au total, dont plus de la moitié sur ces deux sets), réussit un break dans le 6e jeu et s'envole pour l'emporter 6-2 dans le dernier acte. Au micro, le Suisse assure ne pas avoir eu peur. Vous n'êtes pas obligés de le croire.

14. 2004 : Huitième de finale contre Hewitt

Dans cette édition 2004, Federer va enchaîner les victoires marquantes. Et c'est peut-être ce huitième de finale face au héros local, Lleyton Hewitt, qui va servir de déclencheur. Affronter l'Australien ne le rassure pas : Hewitt l'a battu cinq fois en sept matches. Quelques mois plus tôt, en septembre, sur cette même Rod Laver Arena, l'Australien s'est imposé en cinq sets en Coupe Davis, après avoir été mené deux manches à rien. Sale souvenir pour Federer. Mais cette fois, après un début de rencontre délicat, le Bâlois mate la pile électrique d'Adélaïde en quatre sets : 4-6, 6-3, 6-0, 6-4.

13. 2010 : Finale contre Murray

"Je peux pleurer comme Roger. Malheureusement, je ne peux pas jouer comme lui." Le formidable humour sur lui-même d'Andy Murray demeure sans doute le meilleur moment de ce match. Roger Federer, statistique délirante parmi d'autres, joue alors sa 18e finale sur les 19 derniers Majeurs. Ce n'est que la 2e pour l'Ecossais, et ça se sent. Trop timide pendant deux sets (6-3, 6-4), il transforme enfin ce match en combat dans la manche suivante, que Federer verrouille in extremis au jeu décisif, 13 points à 11. Murray aurait peut-être mérité de glaner ce set où il fut audacieux. Mais le mérite de ses victimes, Federer s'en fout. C'est son 16e titre en Grand Chelem, le 4e à Melbourne. Son premier en tant que père de famille.

12. 2000 : 1er tour contre Chang

La toute première victoire de Roger Federer en Grand Chelem. Il y a vingt ans, déjà. On se souvient toujours d'une grande première de ce type, surtout face à un ancien vainqueur en Grand Chelem. Michael Chang n'est certes plus le cador qu'il fut jadis (il est retombé à la 50e place fin 1999), mais c'est un nom prestigieux. Le jeune Roger, 18 ans, s'impose fermement, en trois sets (6-4, 6-4, 7-6) et un peu plus de deux heures en s'appuyant sur ses 14 aces. "Ça reste un grand souvenir", nous confiait-il cette semaine.

11. 2017 : Demi-finale contre Wawrinka

Il y a bien longtemps que Stan n'a plus peur de Roger et, même si l'ainé des deux Helvètes a bluffé son monde depuis le début de ce tournoi 2017, pas sûr qu'il soit vraiment le favori de cette demi-finale. Wawrinka, au sommet de son art, a remporté quatre mois plus tôt son 3e titre du Grand Chelem, à l'US Open. Depuis que Federer a soulevé sa dernière couronne majeure, Wawrinka a conquis trois titres. Intense et âpre, ce duel fratricide vaut notamment pour sa tension de tous les instants, notamment dans un 5e set au couteau alors que Wawrinka, dominé en début de rencontre, était revenu à hauteur. Federer serre le jeu comme jamais dans la dernière manche, qu'il enlève 6-3, pour retrouver Rafael Nadal en finale.

10. 2007 : Finale contre Gonzalez

Le triomphe absolu. Roger Federer, 26 ans, s'offre son 10e titre du Grand Chelem. Déjà. Intouchable, il n'a pas perdu un set de toute la quinzaine. Du jamais vu à Melbourne depuis 36 ans. Comme l'année précédente face à Baghdatis, il affronte un novice en finale. Fernando Gonzalez ne se démonte pas, pourtant. Le Chilien signe le premier break, et obtient deux balles de set sur son service à 5-4. Federer les sauve, arrache le set au tie-break. Circulez, il n'y a plus grand-chose à voir. Vainqueur 7-6, 6-4, 6-4, le Suisse est le premier joueur de l'histoire du tennis à s'imposer au moins trois fois dans trois tournois du Grand Chelem différent.

9. 2018 : Finale contre Cilic

Toutes les finales de Grand Chelem en cinq sets ne constituent pas des matches immenses. Celui-ci était même tout juste passable. C'est le remake de la finale du précédent Wimbledon, où Cilic, éteint par une ampoule au pied, n'avait pas vu le jour. Scénario différent cette fois. Federer, emprunté et sans doute nerveux, est loin d'évoluer à son meilleur niveau.

Heureusement pour lui, le Croate va bien l'aider. Il oublie de rentrer dans sa finale avant le milieu du 2e set et disparaît dans le 5e. Federer, au mental et à la grinta plus qu'avec son habituelle maestria, sort vainqueur de ce match crispé et crispant (6-2, 6-7, 6-3, 3-6, 6-1). Mais s'il faut conférer à cette victoire un caractère inoubliable, c'est parce qu'elle a débouché sur son 20e titre en Grand Chelem. Le dernier à ce jour. Le dernier tout court ?

8. 2013 : Quart de finale contre Tsonga

Un match absolument magnifique. Si Jo-Wilfried Tsonga lui a parfois joué des tours (remember Wimbledon 2011), Federer débarque en grand favori dans ce quart de finale, d'autant qu'il n'a pas perdu une seule fois son service depuis le début de la quinzaine. Mais le Manceau le bouscule méchamment en le breakant à cinq reprises et en lui prenant deux sets. De son propre aveu c'est alors peut-être le match "le plus plein et le plus contrôlé" de Tsonga face à Federer. Mais Jo paie cash sa mauvaise gestion des points les plus chauds de ce duel, comme les deux jeux décisifs des 1er et 3er sets. Federer s'impose 7-6, 4-6, 7-6, 3-6, 6-3 dans ce petit bijou.

7. 2009 : Quart de finale contre Del Potro

Ce n'est pas encore tout à fait le grand Delpo, celui qui remportera son premier et à ce jour unique tournoi du Grand Chelem quelques mois plus tard à New York face à... Federer. Mais l'Argentin, déjà N°6 mondial et titré à Auckland juste avant "l'Australian", progresse à une vitesse météorique. Ce quart de finale a donc un petit côté intrigant. Malheureusement pour lui, JMDP va tomber sur un Federer en mode perfection. 6-3, 6-0, 6-0 en 80 minutes. Seulement 12 fautes directes, 38 coups gagnants, soit quasiment deux en moyenne par jeu. "Je me suis bien senti, ça s'est passé beaucoup mieux que ce que j'attendais", glisse "Rodgeur".

6. 2008 : 3e tour contre Tipsarevic

Invaincu depuis trois ans en Grand Chelem ailleurs qu'à Roland-Garros, Roger Federer sort de son troisième Petit Chelem en quatre ans quand début l'année 2008. Mais il traine un virus dans cette quinzaine, où il finira par céder en trois sets en demi-finale contre Novak Djokovic en route vers son premier titre majuscule, ce qui mettra un terme à sa série de 10 finales de Grand Chelem consécutives. Dès le 3e tour, contre un autre Serbe, Federer voit la porte de près. Janko Tipsarevic mène un set à rien puis deux manches à une. A l'agonie, le numéro un mondial trouve les ressources pour breaker dans le... 17e jeu du 5e set avant de conclure dans la foulée, 10-8. "C'est avec des matches comma ça qu'on prend des cheveux blancs avant l'heure", sourit Federer.

5. 2004 : Finale contre Safin

Le premier couronnement aux Antipodes pour Federer. S'il avait ouvert son palmarès six mois plus tôt à Wimbledon, ce sacre à Melbourne l'installe pour de bon comme l'homme fort du tennis mondial, devant Ferrero et Roddick, ses deux grands rivaux de la saison précédente. Dans cette finale face à Marat Safin, Federer ne sort pas son meilleur match du tournoi. Il va pourtant s'imposer en trois sets. Nerveux dans la première manche, le Suisse est poussé au jeu décisif par Safin qui sauve deux balles de set à 6-5. Tout se joue là : Federer empoche le jeu décisif et ne va plus se retourner.

4. 2020 : 3e tour contre Millman

Roger Federer a le sens du timing, il faut lui reconnaitre ça. Sa 100e victoire à Melbourne restera aussi une des plus mémorables. Cinq sets, plus de quatre heures de jeu, une ambiance fabuleuse et, finalement, un succès au bout du super tie-break. A bientôt 39 ans, l'ancien numéro un mondial a encore de la ressource. Un match moyen de sa part, face à un Millman en feu, mais le côté épique rafle la mise.

Surtout après avoir été mené 8-4 dans ce fameux super tie-break (équivalent d'un déficit de 1-5 dans un jeu décisif normal) avant que Federer n'aligne les six derniers points du match pour arracher la décision. Il est 0h48 quand ce match s'achève dans une ambiance proche du délire. Même contre un Australien à Melbourne, la majorité du public est derrière Federer, qui a depuis longtemps transcendé sa nationalité.

Vidéo - Federer - Millman : Le résumé

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3. 2006 : Finale contre Baghdatis

Un agréable vent de fraîcheur venu de Limassol souffle sur Melbourne cette année-là. Il a pour nom Marcos Baghdatis. Coaché par Patrick Mouratoglou, le Chypriote se hisse en finale en battant trois joueurs du Top 10 en chemin. On se dit que son tournoi est déjà réussi mais que Federer va le manger tout cru en finale. Pourtant, quand Baghdatis mène 7-5, 3-0, l'impensable exploit semble crédible. "Mais j'ai commencé à penser au trophée", avouera Marcos. Erreur fatale. Un peu moins agressif et entreprenant, il laisse le numéro un mondial revenir dans son match.

Une fois le deuxième set en poche, le Bâlois vogue bien plus tranquillement vers le succès. Il s'impose en quatre sets (5-7, 7-5, 6-0, 6-2) et décroche son 7e titre du Grand Chelem. C'est sans doute une des émotions les plus fortes de la carrière de Federer, sacré sous les yeux de la famille de Peter Carter, présente dans les tribunes. Carter, ancien coach australien de Federer à ses débuts sur le circuit, était mort dans un accident de voiture en 2002. Lorsqu'il reçoit le trophée des mains de Rod Laver, Federer fond en larmes.

2. 2007 : Demi-finale contre Roddick

Andy Roddick. La victime préférée de Roger Federer. En ce début d'année 2007, l'Américain veut pourtant croire qu'il n'est plus très loin du compte. Il a eu des balles de match contre le Suisse au Masters fin 2006, avant de le battre à Kooyong, juste avant l'Open d'Australie. Certes, ce n'était qu'une exhibition, mais les deux hommes avaient joué le jeu et, pour Roddick, c'était un coup de booster important pour sa confiance. Jusqu'aux demi-finales, les deux hommes déroulent mais Roddick impressionne particulièrement, notamment lors de son quart contre Mardy Fish, au cours duquel il ne commet que quatre fautes directes.

Dans les coulisses, certains imaginent Federer en danger. La réponse du tenant du titre sera cinglante. Après un début de match accroché, il s'envole, offrant au public de la Rod Laver Arena un récital d'exception. Roddick, désintégré, s'incline 6-4, 6-0, 6-2. Dans la foulée, il livre une conférence de presse d'anthologie, en maniant l'auto-dérision et l'ironie comme personne. Quand un journaliste lui demande son sentiment sur ce match, Roddick offre une réplique devenue culte : "c'était déprimant. Misérable. Ça craint. A part ça, ça a été." Une des plus démonstrations de Federer.

1. 2017 : Finale contre Nadal

De son propre aveu au micro d'Eurosport, cette victoire-là reste l'un des trois plus grands moments de sa carrière, et le plus grand hors Wimbledon et son unique titre à Roland-Garros. Sur un strict plan qualitatif, ce n'est pas le plus grand "Fedal" de l'histoire, mais incontestablement, pour Federer, ce match gardera toujours une place spéciale dans sa mémoire. Parce qu'il n'avait plus remporté de Grand Chelem depuis quatre ans et demi. Parce que personne ne le voyait gagner à nouveau un Majeur.

Mais surtout, peut-être, parce que c'était Nadal en face. Un Nadal qu'il n'avait plus battu en Grand Chelem depuis près de dix ans et la finale de Wimbledon en 2007. Un scénario parfait pour le Suisse, au bout des cinq sets, en effaçant un break de retard dans la manche décisive. Un 5e set qui fut d'ailleurs, de loin, le plus beau et intense de cette finale. Sans doute la victoire la plus "romantique" de toute sa carrière. De celles dont on reparlera dans dix, vingt ou trente ans.

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