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Open d'Australie - Federer a bien révisé son manuel de survie, Djokovic impressionne
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Publié 28/01/2020 à 17:23 GMT+1
OPEN D’AUSTRALIE - Les résultats des premiers quarts de finale ont été conformes aux attentes. Mais le couperet est encore passé très près pour Roger Federer, vainqueur miraculeux de Tennys Sandgren en cinq sets. Si le numéro 3 mondial était loin de son meilleur niveau et diminué, il a donné une leçon de résilience sur le court à 38 ans.
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Crédit: Eurosport
L’histoire du jour
Si vous aimez le tennis, vous connaissez ou avez sûrement entendu parler du best-seller de l'ancien coach d’Andre Agassi, Brad Gilbert : Winning Ugly. Pour les non anglophones, je m’autorise un petit instant traduction par la formule : "Gagner en jouant mal". La méthode n’a pas grand-chose d’attrayant pour les amateurs de beau jeu, et elle ne colle pas franchement non plus à la personnalité et aux adjectifs habituellement attachés à Roger Federer. Et pourtant…
Ce qui caractérise avant tout les champions, c’est leur aptitude à gagner même, surtout dans les mauvais jours. Et le Suisse ne fait pas exception. Dans cet Open d’Australie, il faut bien l’avouer, il ne pratique pas le tennis-champagne, si proche de la perfection technique, qui a fait sa réputation. Quelles qu’en soient les raisons - la lenteur de la surface, la qualité des balles, une éventuelle blessure ou tout simplement un manque global de sensations - le Suisse est à des années-lumière de ses performances sur la même scène voici trois ans lors de son incroyable come-back. Un constat implacable qui doit frustrer l’intéressé, autant que ses admirateurs.
A défaut du champion inspiré, ce tournoi aura donc eu le mérite de mettre en valeur l’une des autres facettes, souvent éclipsée et sous-estimée, du personnage : celle du guerrier, traditionnellement associée à son plus grand rival, Rafael Nadal. Certes, Federer ne montre pas grand-chose sur le court, même blessé, et donne parfois l’impression de subir les événements. Il n’en reste pas moins un formidable compétiteur. Combien à sa place auraient jeté l’éponge après le troisième set de ce quart de finale qui tournait au vinaigre face à Tennys Sandgren ? Combien auraient lâché prise à 8-4 dans le super tie-break du cinquième set de son match du 3e tour face à John Millman ?
Certes, Millman et Sandgren, ses adversaires malheureux, ont commis des fautes et ont quelque peu tremblé au moment d’achever la bête blessée. Mais l’aura de Federer et la chance du champion n’expliquent pas tout. Ni l’Australien, ni l’Américain n’ont par exemple commis de doubles fautes au moment fatidique. C’est bien le Suisse qui, en ne cédant rien à l’échange, en variant à l’extrême, s’est amusé jusqu’au bout avec leurs nerfs, tout en conservant les siens solides.
A 38 ans, il n’a plus rien à prouver, mais son amour de la compétition et son instinct de survie, apanage des plus grands, restent donc intacts et forcent le respect. Si certains se plaisent depuis des mois à débattre d’une éventuelle faillite mentale de Federer lors de la dernière finale de Wimbledon, (deux balles de match manquées), cet Open d’Australie rappelle combien le Suisse reste aussi un monstre dans ce domaine. Mais aussi fort soit-il dans la tête, il lui faudra plus qu’un troisième miracle jeudi en demi-finale - surtout s’il est toujours diminué - face à l’immense favori du tournoi Novak Djokovic.
Les Tops
Le sang-froid de Djokovic : Il était bien entendu grand favori de son quart de finale face à Milos Raonic qui ne l’avait jamais battu en 9 confrontations. Rien d’étonnant donc à ce que le Serbe ait confirmé son emprise. Mais il y a le résultat et la manière. Imprenable au service lors de ses quatre matches précédents dans le tournoi, le Canadien a non seulement perdu deux fois son engagement, mais il a surtout concédé pas moins de 16 balles de break. C’est dire la qualité de la relance du "Djoker" qui aurait pourtant pu se frustrer après avoir raté ses 8 premières occasions dans le premier set. D’un grand calme et sûr de sa force, le numéro 2 mondial a totalement maîtrisé son sujet au service, à la relance comme au passing. Impressionnant.
Barty tient son rang : Comme souvent, le tournoi féminin a été riche en surprises jusqu’ici. La tenante du titre Naomi Osaka, la légende vivante Serena Williams et la numéro 2 mondiale Karolina Pliskova ont ainsi, entre autres, baissé pavillon dès le 3e tour. Mais contrairement à sa dauphine, Ashleigh Barty continue, elle, d’assumer son statut de "favorite" du tournoi. Qualifiée pour sa première demi-finale devant son public, elle est également la première Australienne à accomplir cette performance depuis Wendy Turnbull en 1984.
Les Flops
Barty – Kvitova, le choc n’a pas (vraiment) eu lieu : Il y a bien eu match sur la Rod Laver Arena entre l’Australienne et la Tchèque. Le premier set a d’ailleurs duré plus d’une heure et a été conclu par un tie-break à suspense. Mais l’opposition de styles entre les deux championnes n’a pas pris sa pleine mesure, et la deuxième manche a trop vite tourné en faveur de Barty. Trop irrégulière, Kvitova a fait les points (28 coups gagnants) et surtout les fautes (38) et l’opposition a donc manqué d’épaisseur et de fil conducteur. Finaliste l’an passé et pourtant bien entrée dans son tournoi, la Tchèque a globalement déçu.
Le "warning" adressé à Federer : Il ne s’agit pas ici de s’élever contre une éventuelle injustice. Après un break concédé en début de troisième set, Federer a bien crié sa frustration en des termes fleuris dans un "mélange d’anglais et de suisse-allemand" comme l’a concédé l’intéressé lui-même en conférence de presse. Mais il y a la règle et l’esprit de la règle : dans un moment de forte tension pour lui, la (légère) colère du Bâlois – pas coutumier qui plus est – n’avait pas de quoi casser trois pattes à un canard. Et la juge de ligne, elle-même bilingue apparemment, pouvait se dispenser de rapporter "l’incident" à l’arbitre de chaise. A posteriori, Federer a préféré en rire. On le comprend.
Juste pour savoir
Aura-t-on droit au 50e volet de la rivalité Federer-Djokovic jeudi ? La question peut sembler farfelue, puisque les deux rivaux ont obtenu leur billet pour ce rendez-vous en demi-finale de Grand Chelem. Mais le Suisse sera-t-il en état de se présenter sur le court ? Lui-même ne le sait peut-être pas…
Djokovic avait-il le droit d’interrompre le jeu et de prendre un temps mort médical face à Raonic à 4-4 dans le troisième set pour un problème de lentilles de contact ? La séquence n’a pas eu d’influence sur le résultat. Et le Serbe, bon prince, s’en est excusé après coup, mais la question mérite d’être posée.
3 stats à avoir en tête
0. En 1512 matches sur le circuit, Roger Federer n’a jamais abandonné. Bien que clairement diminué mardi, le Suisse a donc réussi à préserver cette statistique ahurissante et bien lui en a pris puisqu’il a finalement réussi à s’en sortir.
2003. Ce n’est pas la première fois que Federer remporte un match après avoir sauvé 7 balles de match. Il avait déjà accompli pareille performance à Cincinnati en 2003 face à l'Australien Scott Draper.
8. Novak Djokovic s’est qualifié pour sa 8e demi-finale en carrière à l’Open d’Australie. A chaque fois que le Serbe a atteint ce stade du tournoi, il est allé chercher le titre dans la foulée.
Le quiz du jour
La réponse au quiz de lundi était 1995. C’est la dernière fois que quatre joueurs de la même nationalité ont trusté les quatre places de demi-finalistes du simple messieurs de l’Open d’Australie. Il s’agissait alors des Américains Pete Sampras, Andre Agassi, Michael Chang et Aaron Krickstein.
Le quiz du jour : Saurez-vous identifier cet ancien champion de l'Open d'Australie avec les indices suivants ?
Double nationalitéDemi-finaliste à l'US Open et Roland-GarrosBjorn BörgAttaquant
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