Eurosport
Open d'Australie - Federer : "Celle-là, je ne la mérite pas"
Par
Publié 28/01/2020 à 12:14 GMT+1
OPEN D’AUSTRALIE – Conscient d’avoir (encore) frôlé la sortie de piste mardi contre Tennys Sandgren en quart de finale à Melbourne, Roger Federer ne s’est pas risqué à fanfaronner au moment d’analyser son match. Un peu diminué, le Suisse espère se sentir mieux dans deux jours pour avoir de réelles chances en demi-finale.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Roger Federer se souviendra de cet Open d’Australie 2020. Et ce quel que soit son destin dans la suite de ce tournoi. Pourtant, depuis son 3e tour, le Suisse ne joue pas particulièrement bien, loin s’en faut. Et il n’a pas encore affronté le moindre membre du Top 40 sur sa route vers le dernier carré. Mais il y a quelque chose de surréaliste à le voir encore vivant dans ce tournoi où il marche sur un fil. Après avoir coiffé au poteau John Millman au terme d’un super tie-break fou, il a écarté pas moins de 7 balles de match mardi contre Tennys Sandgren, avant de s’imposer toujours en cinq sets. De quoi se donner quelques frissons.
"Je pense qu’il a joué son match et que j’ai eu une chance incroyable. Celle-là, je ne la mérite pas, mais je suis toujours là et très, très heureux", a d’ailleurs confié l’homme aux 20 titres du Grand Chelem, lucide au micro de Jim Courier après le match. Clairement dominé pendant trois sets, Federer a ainsi marqué un jeu (23 contre 24) et un point (160 contre 161) de moins que son adversaire américain durant ce quart de finale. Mais c’est bien lui qui sera sur le court dans deux jours pour disputer sa 15e demie à l’Open d’Australie, un record dans un tournoi du Grand Chelem.
Gêné à l'aine mais pas blessé
Encore inquiétant dans le jeu – il a commis 56 fautes directes – le Bâlois a aussi fait son âge sur le court. Après un premier set maîtrisé, il a eu de plus en plus de difficultés à se déplacer latéralement et a rapidement renoncé à défendre sur les balles plus difficiles à aller chercher. "J’ai commencé à avoir mal à l’aine après avoir été breaké dans le deuxième set. C’est aussi pour ça que j’ai reçu un 'warning' (il a été épinglé en début de 3e set pour avoir lâché quelques gros mots, ndlr), j’étais frustré, la douleur m’inquiétait", a-t-il expliqué en conférence de presse.
Dans la foulée de cet incident, il a d’ailleurs fait appel au kiné, une rareté pour lui qui y voit "un signe de faiblesse" comme il l’a encore affirmé à Jim Courier. Mais Federer n’a jamais abandonné au cours de son immense carrière (1512 matches sur le circuit) et il a encore refusé de jeter l’éponge. "Je crois aux miracles, il aurait pu pleuvoir, ou se passer quelque chose d’autre. Ce n’était pas assez douloureux pour renoncer et je ne pense pas que ça pouvait empirer. Je me sentais juste très raide et je me suis dit : ‘Laisse-le gagner son match avec la manière.’ Et il ne l’a pas fait…"
Désormais, que reste-t-il dans le réservoir de Federer ? Après avoir passé plus de quatre heures sur le court contre Millman, ces trois heures et demie supplémentaires pourraient bien avoir raison de ses jambes de 38 ans. Comme souvent, l’intéressé a préféré voir le verre à moitié plein. "J’espère être remis pour la demi-finale. Je ne sais pas si on peut appeler ça une blessure. C’est seulement des douleurs et des problèmes à cause de l’accumulation des matches ou de la tension. (…) Aujourd’hui, je n’ai pas gaspillé beaucoup d’énergie sur le plan émotionnel parce que j’ai très vite compris que les choses ne tournaient pas comme je le voulais. J’ai décidé de jouer avec les moyens du bord et de voir ce qui allait se passer."
Le Suisse est même plutôt satisfait de son état physique général, ce pépin à l’aine mis à part. "Quand le 5e set a commencé, je ne me sentais pas épuisé comme contre Millman. J’espère pouvoir récupérer en fait, je dois dire que je me sens plutôt bien." Méthode Coué ou réel espoir de rebond ? Habitué aux exploits, il ne vaut mieux pas sous-estimer un champion de sa trempe. Reste que Federer n’est plus tout à fait aussi lucide qu’il l’affirme, lui qui pensait n’avoir sauvé que "trois balles de match" et avoir bien servi – il n'a passé que deux premières sur six – sur certaines d’entre elles. Survivant dans ce tournoi, il en a même plaisanté. "Je devrais être en train de skier en Suisse (…). Mais en demie, j’ai intérêt à me sentir mieux qu’aujourd’hui, sinon j’irai effectivement skier."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité