Open d'Australie : Shapovalov, Rublev, Kyrgios... Gare à eux à Melbourne

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OPEN D'AUSTRALIE - Si Novak Djokovic, Rafael Nadal, Roger Federer et plus globalement les membres du top 10 sont les prétendants logiques au titre à Melbourne, ce début de saison a mis en valeur d'autres joueurs susceptibles de faire des dégâts. Chacun à leur niveau et avec des ambitions différentes, ils peuvent faire leur trou et représenter un danger potentiel : petite revue d'effectif.

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Crédit: Eurosport

Denis Shapovalov

Age : 20 ansClassement ATP : 13eDébut de saison 2020 : 2 victoires et 2 défaites à l’ATP Cup ; 1/4 de finale à AucklandMeilleur résultat à Melbourne : 3e tour en 2019
Denis Shapovalov a du feu dans le bras gauche. Si elle n’en était peut-être pas pleinement consciente jusqu’alors, toute la planète tennis l’a compris un jour d’août 2017 quand le teenager canadien s’était offert Rafael Nadal à Montréal. S’il a eu du mal à confirmer cet exploit lors des mois qui ont suivi, il a réenclenché la marche en avant lors de la fin de saison dernière, avec à la clé sa première finale de Masters 1000 à Paris-Bercy notamment.
Doté d’un bras gauche phénoménal, Shapovalov, désormais 13e joueur mondial, lorgne le top 10. Et sa performance contre Novak Djokovic à l’ATP Cup voici quelques jours, malgré la défaite, tend à prouver qu’à 20 ans, il a franchi un cap important. L’an dernier à Melbourne, il avait d’ailleurs été l’un des seuls avec Daniil Medvedev à prendre un set au Serbe, alors numéro 1 mondial et en route vers son 7e titre à l’Open d’Australie. Plus régulier, plus posé, bien aidé et cadré par le jeune retraité Mikhail Youzhny, Shapovalov semble prêt à crever l’écran cette année.
Si son niveau de jeu moyen devrait lui permettre de les passer sans trop d’encombres, Shapovalov devra être sérieux et vigilant lors de ces deux premiers tours contre Marton Fucsovics et potentiellement le jeune et prometteur Jannik Sinner. Puis, logiquement, Grigor Dimitrov l’attendra au 3e tour. Un sacré rendez-vous qui, en cas d’issue positive, le préparerait idéalement à un éventuel défi contre Roger Federer en huitième de finale. Et sur sa lancée, qui sait…

Andrey Rublev

Age : 22 ansClassement ATP : 18eDébut de saison 2020 : Titres à Doha et AdélaïdeMeilleur résultat à Melbourne : 3e tour en 2018
Avec Daniil Medvedev et Karen Khachanov, il symbolise le renouveau du tennis russe qui avait pris un sacré coup après les retraites de Marat Safin puis Nikolay Davydenko. Après une première percée dans le top 100 en 2017 et un titre à Umag, Andrey Rublev n’a pu poursuivre sa fulgurante progression pendant un temps. La faute à un enchaînement de blessures et notamment à une fracture de fatigue dans le bas du dos qui l’a mis sur le flan pendant trois mois en 2018. Touché au poignet en début de saison 2019, il a pourtant réussi à reprendre sa marche en avant.
L’été dernier, après une finale sur la terre battue de Hambourg, le jeune Russe a créé la sensation en s’offrant Roger Federer à Cincinnati où il a atteint les quarts de finale en sortant des qualifications. Régulier par la suite, il a été sacré à Moscou en octobre avant d’impressionner lors de la phase finale de la Coupe Davis. Son engagement total sur chaque frappe n’est pas sans rappeler un certain Rafael Nadal, son idole d’enfance. Sur sa lancée, Rublev vient de triompher à Doha sans perdre le moindre set, ce qui lui vaut de figurer pour la première fois de sa carrière dans le top 20. Toujours invaincu en ce début de saison, il a doublé la mise à Adélaïde. Il saura à surveiller à n’en pas douter à Melbourne.
Dans son état de forme et de confiance actuel, les deux premiers tours devraient être une formalité pour lui avant un probable rendez-vous face à David Goffin. Déjà vainqueur du Belge à l’US Open en 2017, Rublev a les armes pour réitérer cette performance. Un éventuel huitième de finale face à Alexander Zverev se profilerait alors, si l’Allemand, mal en point actuellement, est au rendez-vous. Bref, le Russe peut faire une percée d’envergure s’il reste sur sa lancée.

Félix Auger-Aliassime

Age : 19 ansClassement ATP : 22eDébut de saison 2020 : 1 victoire et 3 défaites en ATP Cup ; 1/2 finale à AdélaïdeMeilleur résultat à Melbourne : Qualifications (2e tour) en 2019
A seulement 19 ans, on ne présente déjà plus Félix Auger-Aliassime. Tous les observateurs attentifs du tennis le connaissaient déjà avant, mais la saison 2019 a été celle de son éclosion pour le grand public. Il faut dire qu’en quelques mois, son ascension a été fulgurante. S’il n’a pas encore glané de titre sur le circuit, il a déjà atteint trois finales sur le circuit a est devenu le plus jeune demi-finaliste de l’histoire du Masters 1000 de Miami. Entré dans le top 100 en début d’année, il n’a cessé de grimper jusqu’à faire une incursion de quelques semaines au sein des 20 meilleurs mondiaux l’été dernier.
Bien entouré, le Canadien fait déjà preuve de beaucoup de maturité et sait s’appuyer sur ses forces : sa première balle, son deuxième coup de raquette agressif et sa capacité à tenir la balle dans le court. Blessé et fatigué à l’automne dernier, Auger-Aliassime a néanmoins eu du mal à finir la saison. Ses matches lors de l’ATP Cup n’ont pas été probants, mais il s’est rassuré cette semaine à Adélaïde, retrouvant un niveau moyen très intéressant qui semble le mettre à l’abri d’éventuelles contre-performances. Cette saison s’annonce importante pour lui car il s’agira de confirmer et même de progresser, surtout en Grand Chelem où son meilleur résultat est un 3e tour à Wimbledon. Il en a assurément les épaules.
Alors qu’il n’a jamais joué dans le grand tableau avant cette année, son statut de tête de série numéro 20 lui a permet même d’aborder avec sérénité les deux premiers tours. Opposé à un qualifié d’entrée, puis soit à Aljaz Bedene soit à James Duckworth, il devrait viser un 3e tour potentiellement face à Gaël Monfils.

Benoît Paire

Age : 30 ansClassement ATP : 24eDébut de saison 2020 : 2 victoires et 1 défaite en ATP Cup ; finale à Auckland Meilleur résultat à Melbourne : 3e tour en 2014 et 2017
Nous entrons dans la sphère de l’incertitude. Difficile de prévoir à l’avance ce que fera Benoît Paire sur un court. Capable de fulgurances géniale comme de s’autodétruire en l’espace de quelques minutes, le garçon est difficile à suivre. Mais il sort de sa « meilleure saison en terme de niveau de jeu » selon ses propres dires. En 2019, il a ainsi ajouté deux titres à son palmarès (Marrakech et Lyon sur terre battue), a atteint à deux reprises la seconde semaine en Grand Chelem à Roland-Garros puis Wimbledon, et s’est très sérieusement rapproché du top 20.
Quand il est bien luné, il peut représenter une menace pour n’importe quel joueur, sauf peut-être les trois monstres du circuit contre lesquels il ne compte qu’une victoire en 14 tentatives. C’était face à Novak Djokovic à Miami en 2018 quand le Serbe, tout juste remis d’une opération, n’était que l’ombre de lui-même. Jamais en deuxième semaine à Melbourne jusqu’ici, Paire y a toutefois déjà battu Fabio Fognini ou Nick Kyrgios. L’an dernier, il ne lui avait pas manqué grand-chose contre un Dominic Thiem il est vrai moribond. En préparation lors de l’ATP Cup, Paire a montré de belles choses où il a vraiment raté le coche contre Kevin Anderson. A Auckland, il fait actuellement le plein de confiance.
Si son entrée en lice contre l’Allemand Cedrik-Marcel Stebe, 164e mondial, ne devrait pas lui poser de problème, mais au 2e tour, un premier vrai test l’attendra soit contre Marin Cilic, soit contre son compatriote Corentin Moutet. Tout dépendra alors sûrement de son état mental : si la tête suit, il a de bonnes chances de continuer sa route, mais il n’est pas à l’abri d’une rechute. Par la suite, sa bête noire Roberto Bautista Agut devrait l’attendre au 3e tour. Il n’a encore jamais gagné en 7 essais face à l’Espagnol, très en forme en ce moment qui plus est. Mais il y a une première à tout…

Nick Kyrgios

Age : 24 ansClassement ATP : 26eDébut de saison 2020 : 3 victoires et 1 défaite en ATP CupMeilleur résultat à Melbourne : 1/4 de finale en 2015
Si cette revue d’effectif ne suivait pas l’ordre du classement, on pourrait penser que son voisinage avec Benoît Paire n’est pas le fruit du hasard. Nick Kyrgios est l’un des autres grands "fous" du circuit. Avec lui, c’est souvent tout ou rien. Tout dépend de son humeur. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu de nombreuses amendes et une suspension de six mois avec sursis de l’ATP. Le fantasque Aussie a d’ailleurs débuté cette année 2020, car comme il s’est plu à le répéter sourire en coin, il "est en probation".
Mais quand il est concentré sur son tennis, Kyrgios est capable d’élever drastiquement son niveau de jeu. Son service canon et son toucher de balle sont des armes exceptionnelles, il l’a prouvé sporadiquement l’an passé à Acapulco et à Washington notamment. Touché par les incendies qui ravagent l’Australie et sa ville natale de Canberra, il a semblé en mission lors de l’ATP Cup où il a notamment triomphé de Stefanos Tsitsipas lors d’un superbe duel. A Melbourne, où il a déjà atteint les quarts – son meilleur résultat en Grand Chelem avec Wimbledon en 2014 – voici quatre ans, il pourrait bien faire parler la poudre. A moins que la volonté de bien faire ne l’inhibe comme face à Roberto Bautista Agut à Sydney.
S’il devra faire attention à l’accrocheur Lorenzo Sonego d’entrée, Kyrgios pourrait voir sa patience mise à rude épreuve lors d’un éventuel 2e tour face à Gilles Simon. Mais avec le bon état d’esprit, il devrait être au rendez-vous du 3e tour logiquement contre Karen Khachanov. L’Australien n’a aucun complexe d’infériorité à faire face au Russe dont le niveau de confiance n’est pas très élevé. Tous ses supporters ne rêvent que d’une chose : le voir affronter Rafael Nadal en huitième de finale.

Hubert Hurkacz

Age : 22 ansClassement ATP : 34eDébut de saison 2020 : 3 victoires en ATP Cup ; 1/2 finale à AucklandMeilleur résultat à Melbourne : 1er tour en 2019
Il ne fait pas beaucoup de bruit, mais depuis plus d’un an, il trace sa route. Hubert Hurkacz est l’un des éléments les plus discrets, et peut-être les moins charismatiques, de la fameuse "NextGen". Mais s’il ne l’affirme pas sur tous les toits, il sait très bien où il va et peut-être plus sûrement encore où il veut aller. L’an passé, il avait atteint à la surprise générale les quarts de finale à Dubaï et surtout lors du Masters 1000 d’Indian Wells, alors arrêté sans être ridicule loin s’en faut par Roger Federer lui-même (6-4, 6-4), son idole de jeunesse.
Et il ne s’est pas reposé sur ses lauriers. Sorti des qualifications, il a atteint les huitièmes de finale à Madrid. Puis, il s’est heurté deux fois d’affilée à Novak Djokovic en Grand Chelem, posant quelques problèmes au Serbe, alors numéro 1 mondial, sur le gazon londonien au 3e tour. Il est aussi allé chercher son premier titre au cœur de l’été à Winston-Salem, aux dépens d’un certain Benoît Paire en finale. Le Français vient d’ailleurs de prendre sa revanche à Auckland. Doté d’une sacrée première balle de service et d’un revers à deux mains qui ressemble curieusement à celui d’Andy Murray (référence en la matière), il a battu Borna Coric, Diego Schwartzman et Dominic Thiem lors de l’ATP Cup. Ce tableau de chasse en dit long sur sa forme du moment.
S’il se défait d’un qualifié au 1er tour, Hurkacz pourrait bien avoir affaire à Ugo Humbert (qui s’est qualifié pour la finale à Auckland au moment où j’écris ces lignes) ensuite. Ce serait un 2e tour dangereux assurément pour le Polonais mais il en serait légèrement favori. S’il tient son rang, le Polonais devrait donc être au rendez-vous du 3e tour face à Roger Federer, l’occasion de montrer au Suisse qu’il a bien progressé depuis leur premier affrontement à Indian Wells…

Miomir Kecmanovic

Age : 20 ansClassement ATP : 53eDébut de saison 2020 : 1/2 finale à DohaMeilleur résultat à Melbourne : 1er tour en 2019
Quand son glorieux aîné Novak Djokovic arrêtera sa carrière, il pourrait très bien devenir le fer de lance du tennis serbe. Si sa percée a été moins spectaculaire que celle d’un Auger-Aliassime, Miomir Kecmanovic s’est quand même fait un nom sur le circuit en 2019. C’est sur le dur américain qu’il s’est fait remarquer : d’abord à Indian Wells où il a atteint à la surprise générale les quarts de finale après avoir été repêché des qualifications, puis à Cincinnati où il s’est glissé en huitièmes de finale en août. Il a même goûté à une première finale sur le circuit sur le gazon d’Antalya.
Accrocheur, coriace à l’échange, Kecmanovic est le prototype du joueur moderne de fond de court avec un revers à deux mains. Le Serbe a fort bien commencé la saison au Qatar, enregistrant trois victoires face à Jordan Thompson, Jo-Wilfried Tsonga (même si le Français souffrait quelque peu du dos) et Marton Fucsovics. Mais il n’a rien pu faire contre un Andrey Rublev en feu. Difficile de le voir inquiéter un des favoris du tournoi, mais sa régularité et son niveau moyen pourraient poser des problèmes à bien des têtes de série. L’Open d’Australie est pour l’instant le seul Majeur où il n’a pas franchi le 1er tour.
Pour son entrée en lice, Kecmanovic aura affaire à l’expérimenté et solide Andreas Seppi. Le jeu de l’Italien se rapproche d’ailleurs du sien, mais le Serbe a l’avantage de l’avantage de la jeunesse et de la confiance. Il a largement les capacités de s’offrir un 2e tour intéressant sûrement contre Stan Wawrinka. Si le Suisse, tête de série numéro 15, joue à son niveau, il semble hors de portée, mais un départ diesel, comme il en est coutumier en Grand Chelem, pourrait le mettre en difficulté.

Corentin Moutet

Age : 20 ansClassement ATP : 70eDébut de saison 2020 : Finale à DohaMeilleur résultat à Melbourne : 1er tour en 2018
Il n’avait pas passé le premier tour des qualifications en 2019, le voilà désormais directement qualifié pour le grand tableau. En l’espace de quelques mois, Corentin Moutet a franchi un vrai cap (voire plusieurs) sous la houlette d’Emmanuel Planque. Et si les deux hommes ont mis un terme à leur collaboration à la fin de la saison dernière, elle aura été plus que fructueuse : une entrée dans le top 100 et de beaux parcours en Grand Chelem : un 3e tour épique à Roland-Garros et un 2e tour à Wimbledon en sortant des qualifications.
Cette saison, Moutet a repris son ancien coach Laurent Raymond et compte bien consolider les progrès importants du dernier exercice. Le gaucher semble maîtriser de mieux en mieux son tempérament volcanique et aurait difficilement pu mieux démarrer l’année. Finaliste à Doha pour la première fois sur un tournoi ATP, il a enchaîné les victoires aussi convaincantes qu’inattendues face à Milos Raonic, Fernando Verdasco et surtout Stanislas Wawrinka. Il a ainsi montré que le niveau top 20 ne lui faisait pas peur, même si rééditer ce genre de performances au meilleur des cinq sets sera sans doute plus difficile.
Moutet sera confronté à un sacré défi d’entrée contre Marin Cilic. Finaliste à Melbourne en 2018, le Croate serait à l’abri s’il évoluait au niveau d’alors. Mais il en est très loin depuis de nombreux mois et fait preuve de beaucoup de fébrilité quand les choses ne tournent pas comme il veut. Si le Français s’accroche à l’échange et le fait douter, il pourrait créer la surprise. Un 2e tour potentiel face à son compatriote Benoît Paire serait alors envisageable. L’Avignonnais en serait favori mais il n’est pas un modèle de stabilité mentale…

Jannik Sinner

Age : 18 ansClassement ATP : 79eDébut de saison 2020 : 1er tour à AucklandMeilleur résultat à Melbourne : Néant
C’est la nouvelle coqueluche du tennis italien, pourtant déjà bien gâté avec la progression fulgurante de Matteo Berrettini. Jannik Sinner est le plus jeune membre du top 100 à 18 ans et semble marcher clairement dans les pas de Félix Auger-Aliassime : pas un mot plus haut que l’autre, mais déjà une détermination sans faille. Il n’a disputé que deux fois les qualifications en Majeurs (Wimbledon et l’US Open l’an dernier) avant d’accéder déjà, grâce à son classement, directement au grand tableau.
Sa fin de saison 2019 a retenu l’attention de tous les observateurs attentifs du circuit : demi-finaliste à Anvers, il y a notamment sèchement battu Gaël Monfils avant que le Français ne prenne sa revanche à Vienne en huitième de finale. Et l’Italien a fait sensation au Masters Next Gen où il a triomphé en dominant un autre top 20 : Alex de Minaur. Sa vitesse d’exécution derrière sa première balle, son toucher de balle des deux côtés lui donnent déjà de grands atouts. Il a évidemment une grande marge de progression mais il peut déjà créer la sensation. L’obstacle psychologique et physique du format des cinq sets reste néanmoins un possible écueil.
L’intersaison a quelque peu coupé l’élan de Sinner qui n’a toujours pas gagné en 2020. Son 1er tour face à un qualifié sera donc un vrai test, car son adversaire sera habitué aux conditions et aura déjà trois victoires derrière lui. S’il parvient à gagner son premier match en Grand Chelem, la marche Shapovalov semble toutefois trop haute au tour suivant.

Kevin Anderson

Age : 33 ansClassement ATP : 121eDébut de saison 2020 : 2 victoires et1 défaite en ATP CupMeilleur résultat à Melbourne : 1/8e de finale en 2013, 2014 et 2015
Dernier membre de cette revue d’effectif, Kevin Anderson en est aussi de loin le plus expérimenté. Et si son modeste classement actuel n’incite pas à la méfiance, il constitue peut-être pour lui le meilleur des alliés. Car le géant sud-africain est aussi indubitablement celui qui a fait preuve de la plus grande régularité au très haut niveau. Il y a à peine un an et demi, au lendemain de sa finale perdue à Wimbledon contre Novak Djokovic, il a même atteint la 5e place mondiale. Aucun des autres joueurs précédemment cités n’ont passé la moindre semaine dans le top 10.
Blessé quasiment sans interruption au coude puis au genou, Anderson n’a disputé que cinq petits tournois en 2019, ce qui explique sa chute vertigineuse au classement. Après presque six mois d’arrêt, il a ainsi repris la raquette en compétition voici quelques jours seulement et son niveau de jeu a plutôt impressionné. Plus qu’accrocheur face à Novak Djokovic – il a finalement cédé en deux tie-breaks –, le Sud-Africain a atomisé l’actuel 36e à l’ATP Cristian Garin (6-3, 6-0), avant de s’imposer au mental, bien que dominé dans le jeu, face à Benoît Paire (2-6, 7-6, 7-6). Son énorme service, sa puissance et sa solidité du fond du court en font un adversaire dangereux pour tous les joueurs du tableau.
Opposé à un qualifié pour commencer, Anderson devrait retrouver ensuite Taylor Fritz. Si l’Américain est en pleine progression, il n’a aucune marge face au Sud-Africain qui pourrait bien là s’offrir une tête de série. Au 3e tour, la marche semble trop haute contre Dominic Thiem, d’autant qu’on peut douter de l’état physique actuel d’Anderson et de sa capacité à enchaîner au meilleur des cinq sets. Attention toutefois pour l’Autrichien, pas franchement fan des grands serveurs, et à qui l’Australie ne réussit pas vraiment.
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