Thiem : "Je n'ai pas brisé une barrière, briser une barrière, c'est gagner un Grand Chelem"

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OPEN D'AUSTRALIE – Jusqu'ici, Dominic Thiem était un énorme client à Roland-Garros, où il compte déjà deux finales et deux autres demies. Mais en battant Rafael Nadal mercredi, il s'est hissé pour la première fois dans le dernier carré d'un autre tournoi du Grand Chelem. Il refuse pourtant de parler de cap, mais plutôt d'une étape. Le signe d'une réelle (et légitime) ambition.

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Et si c'était la victoire la plus marquante de Dominic Thiem en Grand Chelem ? La question se pose, même si la réponse ne peut résonner comme une évidence. Le garçon a tout de même déjà battu deux fois Novak Djokovic à Roland-Garros. Mais en dehors de la terre parisienne, son succès mercredi contre Rafael Nadal possède une indéniable valeur. Elle concrétise le côté (presque) tout-terrain d'un joueur désormais capable de prétendre aux rôles majeurs à peu près n'importe où, à l'exception du gazon où, à ce jour, il n'a jamais vraiment brillé, en tout cas à Wimbledon.
Pourtant, l'intéressé refuse d'entendre parler de cap après cette victoire en quatre sets et plus de quatre heures face au numéro un mondial. Ce qui l'intéresse, plus que la portée potentielle de ce succès, c'est le succès en lui-même. "Je suis juste heureux d'avoir remporté un match épique de quatre heures dix, dit-il. Je pense que le niveau de jeu était très élevé des deux côtés. Battre le numéro un mondial, une légende, c'est forcément une victoire spéciale pour moi."

Une simple étape ?

Mais ce n'est pas une fin en soi. À son âge, et vu l'allure de son CV, l'Autrichien ne l'envisage pas autrement que comme une étape. Ce qui est plutôt bon signe. "Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir brisé une barrière aujourd'hui, assure-t-il. Bien sûr, je suis heureux d'être en demi-finale de l'Open d'Australie pour la première fois, donc oui, c'est un cap. Mais si on veut vraiment briser une barrière, un jeune joueur doit gagner un Grand Chelem. Et là, il reste du chemin."
Dominic Thiem s'en est tout de même approché à deux reprises, en atteignant la finale de Roland-Garros. Paradoxalement, si la terre reste sa surface naturelle, la place prise par Nadal dans le temple parisien lui autorise presque de plus grands espoirs ailleurs. Il n'y avait aucune raison pour qu'il ne brille pas à l'US Open ou en Australie. C'est donc, au mieux, une demi-surprise de le voir prendre le dessus, même contre une pointure comme Nadal, dans un match de cette envergure sur surface rapide.
S'il n'a pas brisé de barrière, il a tout de même signé ce mercredi une victoire comme il n'en a jamais obtenue ailleurs qu'à Roland-Garros. Voilà sans doute pourquoi il a peiné à conclure. Pourquoi il a livré son pire jeu du match au moment de plier l'affaire, à 5-4 dans le 4e set, sur son service. "J'ai balancé ce jeu avec des fautes stupides", concède le numéro 5 mondial. Ou encore à 6-4 en sa faveur dans le jeu décisif. Sa faute en coup droit sur la balle de match, alors que la porte était grande ouverte, fut un autre témoignage de cette nervosité aux portes de l'exploit.
Mais c'est peut-être encore plus savoureux pour lui d'avoir su malgré tout achever son œuvre après ces péripéties qui auraient pu coûter cher, mais resteront justement à l'état de péripétie. "C'est ce dont je suis le plus fier aujourd'hui, reprend l'Autrichien. Avoir été capable de rester dans le match après ce très mauvais jeu de service à 5-4, c'est ma plus grande fierté. J'ai su me reconcentrer tout de suite, notamment pour jouer un très bon tie-break."

Progrès défensifs

Comme un symbole, après ses deux balles de match envolées à 6-4 dans le jeu décisif, dont une, donc, sur cet affreux coup droit, il est allé sortir un monumental passing de revers. Celui-ci a certes effleuré la bande, mais Nadal n'était de toute façon pas sur la trajectoire. Un symbole car, selon Thiem, ce sont bien ses progrès dans le domaine défensif qui l'ont installé dans une autre dimension.
"C'était un grand passing-shot, juge-t-il. D'une manière générale, j'ai très bien défendu, notamment sur les points importants. Je suis très content de mon jeu défensif. Mon point fort, ça a toujours été de dicter offensivement le jeu à l'échange, mais ma défense était trop moyenne. C'est important parce que, même quand je n'ai pas le contrôle du point, je sais que je peux le retourner." Tout cela sonne comme du Nadal ou du Djokovic. Difficile de ne pas y voir un bon signe.
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