Par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

50. Novak Djokovic - Gilles Simon

Edition : 2016
Huitième de finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Gilles Simon (France)
Score : 6-3, 6-7(1), 6-4, 4-6, 6-3
Open d'Australie
Zverev prend position pour Djokovic avant Melbourne : "J'espère qu'il y aura une exception"
21/11/2021 À 09:30
Le nombre est ahurissant pour un joueur de cette qualité. Ce dimanche 24 janvier 2016, Novak Djokovic a bien commis 100 fautes directes face au maître tacticien et pénible Gilles Simon. Sans fulgurances ni panache, le tennis du Français a beau en rebuter certains, il est d’une efficacité redoutable quand il s’agit de rentrer dans la tête de ses adversaires. Et si le numéro 1 mondial n’était pas dans un grand jour, le mérite en revient à l’infatigable natif de Nice.
Sur une série de 11 succès depuis son triomphe au Masters fin 2015, le Djoker, qui avait au passage laminé Rafael Nadal en finale à Doha (6-1, 6-2), semble invincible. Le gain du premier set le confirme, avant que les choses ne se corsent dans le deuxième. Simon écarte 11 balles de break, s’accroche comme une sangsue et finit par faire douter son adversaire, lui chipant aisément le tie-break. Symbole de l'impuissance du Serbe ? Il use et abuse de l’amortie pour mettre hors de position son adversaire dans des points interminables. Une tactique pas vraiment heureuse, ce qu’un spectateur ne se privera pas de lui faire remarquer.
"Gilou" poursuit son travail de sape et arrache le droit d’aller au bout des cinq actes. "Face à un joueur comme Gilles, il faut s'attendre à des échanges très longs. Il vous fait toujours jouer un coup de plus. C’est l'un des meilleurs contreurs du circuit, sinon le meilleur", lâche un Djokovic finalement soulagé après ce marathon victorieux de 4h32. Plus rien ne l’arrêtera par la suite dans la quête du titre, puis d’un Grand Chelem à cheval sur deux saisons à Roland-Garros.

49. Arnaud Clément - Sébastien Grosjean

Edition : 2001
Demi-finale
Vainqueur : Arnaud Clément (France)
Adversaire : Sébastien Grosjean (France)
Score : 5-7, 2-6, 7-6(4), 7-5, 6-2
Un Français en demi-finale de Grand Chelem, ça n'arrive pas si souvent. Alors deux, a fortiori face-à-face, c'est rarissime. Dans l'ère Open, ça n'est arrivé que deux fois : à Roland-Garros en 1983, où Yannick Noah avait été expéditif face à Christophe Roger-Vasselin, et à l'Open d'Australie 2001, où Arnaud Clément et Sébastien Grosjean ont disputé un marathon poignant.
A l'époque, les deux Provençaux sont dans la forme de leur vie. En quarts, ils ont éliminé deux anciens n°1 mondiaux et vainqueurs de Grand Chelem, Yevgeny Kafelnikov (pour Clément) et Carlos Moya (Grosjean). Avant leurs retrouvailles crève-cœur pour leur première demi-finale majeure, ces deux grands amis, partenaires de double pendant cette quinzaine, font comme d'habitude : ils mangent, s'entraînent et jouent aux cartes ensemble.
Pendant deux sets et demi, le duel est totalement à l'avantage du plus jeune. Grosjean se détache deux sets à rien, 4-2, 0-40. Puis une balle de match à 5-3, sur son service. Et une autre à 5-4, service adverse. Il ne saisit pas sa chance, comme il l'aurait probablement fait contre n'importe qui d'autre. Arnaud le fait à sa place et sauve ces deux points cruciaux d'un coup droit gagnant et d'une volée de revers.
Ensuite, Clément refait surface petit à petit et finit par s'imposer après 4h08 de match. A 23 ans, il devient le premier Français finaliste en Australie depuis Borotra en 1928. "Maintenant, va au bout", lui souffle son pote en lui serrant la main. Mais "la Clé" s'inclinera en finale contre un Agassi injouable.

48. Vitas Gerulaitis - John Lloyd

Edition : 1977
Finale
Vainqueur : Vitas Gerulaitis (Etats-Unis)
Adversaire : John Lloyd (Grande-Bretagne)
Score : 6-3, 7-6, 5-7, 3-6, 6-2
C’était l’occasion d’une vie et il l'a saisie. Malgré 26 titres et une belle carrière qui l’a vu atteindre la 3e place mondiale, Vitas Gerulaitis a souvent vu ses ambitions contrecarrées par les Björn Borg, John McEnroe et autres Jimmy Connors. Toujours placé, mais jamais gagnant en Grand Chelem jusqu’à ce mois de décembre 1977 sur le gazon de Melbourne. Les trois rivaux précédemment évoqués ne sont pas de la partie, tout comme Guillermo Vilas qui avait gagné Roland-Garros et l’US Open quelques mois plus tôt.
A 23 ans, le New Yorkais d’origine lituanienne a donc la pancarte : 5e joueur mondial, il est tête de série numéro 1, devant Roscoe Tanner le précédent vainqueur, et les anciennes gloires australiennes Tony Roche et Ken Rosewall (43 ans). Gerulaitis a un boulevard et il l’exploite, ne lâchant qu’un set jusqu’à la finale. Face à lui se dresse alors la sensation du tournoi : le Britannique John Lloyd, 49e mondial, vainqueur notamment de John Newcombe en quart. A la hauteur de son statut de favori, l’Américain mène deux sets à rien, mais ne peut empêcher la remontée improbable de son adversaire inattendu.
Quand les deux hommes entament le 5e set, le "lion lituanien" comme on le surnomme n’en mène pas large, assailli par les crampes. "Si j’étais tombé dans ces deux derniers sets, je n’aurais pas pu me remettre sur pied. J’ai failli quitter le court à la fin du quatrième set. Mais bon sang, c’était un Grand Chelem, je n’allais pas abandonner si facilement", racontera-t-il. Et bien lui en a pris, car Gerulaitis retrouve ses jambes pour l’emporter. L’éternel (brillant) second rôle connaît son heure de gloire en Majeur. Ce sera la seule.

47. Nick Kyrgios - Karen Khachanov

Edition : 2020
3e tour
Vainqueur : Nick Kyrgios (Australie)
Adversaire : Karen Khachanov (Russie)
Score : 6-2, 7-6(5), 6-7(6), 6-7(7), 7-6(8)
Le Kyrgios nouveau est arrivé. Début 2020, le "bad boy" des courts a laissé place à un homme responsable, conscient du monde qui l’entoure et déterminé à utiliser sa notoriété au service des autres. Peut-être l’intéressé a-t-il d’ailleurs toujours été comme ça, mais c’est dans la tragédie des incendies qui ravagent l’Australie que cette facette de sa personnalité se révèle. Initiant un mouvement de collecte de fonds dans le monde du tennis, il arrive à Melbourne comme investi d’une mission et son jeu en bénéficie.
Alors que Karen Khachanov l’attend pour un choc au 3e tour dans une Melbourne Arena chauffée à blanc, Nick Kyrgios fait parler la poudre pour mener rapidement deux sets à rien et d’un break dans le troisième. Mais peut-être pas assez habitué à maintenir sa concentration à un tel niveau, un moment d’absence lui coûte son service. Puis malgré une balle de match au tie-break, il cède finalement la manche. Un nouveau jeu décisif et une autre occasion de conclure envolés, et le voilà embarqué dans un 5e acte de tous les dangers.
Si l’Australien subit alors à l'échange, son service (33 aces pour 4 doubles fautes) le maintient à flot. Et dans le super tie-break, alors qu’il est mené 8 points à 7, le talentueux Nick retrouve la magie qu’il semblait avoir perdue. Un revers long de ligne gagnant et deux autres points plus tard, il fait chavirer le public dans une communion indescriptible. Vingt-quatre heures après le miracle Federer contre Millman, ce choc de poids lourds en 5 sets dont 4 tie-breaks vient conclure deux folles "night sessions" consécutives en première semaine. C'est suffisamment rare pour être souligné.

Kyrgios électrique, Khachanov héroïque : la Melbourne Arena a vécu un grand moment

46. Kei Nishikori - Pablo Carreno Busta

Edition : 2019
Huitième de finale
Vainqueur : Kei Nishikori (Japon)
Adversaire : Pablo Carreno Busta (Espagne)
Score : 6-7(8), 4-6, 7-6(4), 6-4, 7-6(8)
L'édition 2019 est celle où l'Open d'Australie a introduit la règle du super tie-break à 6-6 au 5e set. Comme un baptême du feu, on va cette année-là en vivre un assez dramatique. Si vous voulez voir Pablo Carreno Busta énervé, repassez-vous les images de sa magistrale "sortie de court" après sa défaite en 5h05 face à Kei Nishikori : affaires balancées par terre, hurlements envers l'arbitre, visage rouge de colère... On n'avait jamais vu Pablo comme ça.
Mais comment ne pas le comprendre un peu ? L'Espagnol menait 2 sets à rien. Il mène encore 8 points à 5 dans le fameux super tie break lorsqu'il est victime d'une erreur d'appréciation arbitrale qui va lui coûter cher.
Sur ce point capital, Carreno Busta frappe un passing de coup droit qui semble devoir faire mouche. Mais il heurte la bande du filet. Et est annoncé faute par un juge de ligne au moment même où Nishikori s'apprête à frapper un revers "penalty". Celui-ci s'avère gagnant. Sauf qu'en vertu de l'annonce du juge de ligne, le point devrait être rejoué. Il ne l'est pas. L'arbitre donne le point au Japonais et, comble de tout, accorde malgré tout à l'Espagnol un challenge vidéo totalement inutile puisque, dans les deux cas, il a perdu le point. Ubuesque.
Carreno Busta ne s'en remet pas. Il perd les cinq derniers points (et le match) de ce tie break que, soit dit en passant, il aurait gagné dans un format classique...

Une décision arbitrale contestable et Carreno Busta a complètement pété les plombs

45. Stefanos Tsitsipas - Roger Federer

Edition : 2019
Huitième de finale
Vainqueur : Stefanos Tsitsipas (Grèce)
Adversaire : Roger Federer (Suisse)
Score : 6-7(11), 7-6(3), 7-5, 7-6(5)
Même stade de la compétition. Même duel d'esthètes. Même combat de générations. Et même épilogue, avec une victoire du plus jeune face à son idole au terme d'un combat acharné. Oui, ce succès de Stefanos Tsitsipas contre Roger Federer a beaucoup rappelé celui que ce même Federer avait obtenu face à Pete Sampras 18 ans plus tôt, à Wimbledon. Même si on n'y est pas encore, il en a eu un peu les mêmes allures de passation de pouvoir. Et c'est aussi pour ça, en plus de sa beauté, que ce match a d'ores et déjà marqué l'épreuve.
Double tenant du titre, Federer parvient pourtant en deuxième semaine sans perdre un set. Mais par une soirée très fraîche, quoique largement réchauffée par une ambiance fantastique, il est alors cueilli par la fougue du Grec - âgé de 20 ans et classé 15e mondial - qui réussit ainsi son premier grand exploit en Grand Chelem, au terme d'une prestation magistrale lors de laquelle il réussit un coup gagnant de plus que son opposant (62/61).
Le Suisse, de son côté, pourra regretter son incapacité à prendre le service adverse malgré un total de 12 balles de break, dont quatre sont aussi des balles de 2 sets à rien ! Mais il est un peu trahi par son coup droit dans les moments chauds. Et il y en a beaucoup dans ce bras de fer de 3h45. Notamment le dernier tie-break, un sommet d'intensité. Le Grec, lui, n'a jamais perdu son sang-froid. Il le gardera encore au tour suivant pour poursuivre son odyssée jusqu'en demi-finale.

De l'audace et un mental de fer : Comment Tsitsipas a déboulonné Federer

44. Tommy Haas - Nikolay Davydenko

Edition : 2007
Quart de finale
Vainqueur : Tommy Haas (Allemagne)
Adversaire : Nikolay Davydenko (Russie)
Score : 6-3, 2-6, 1-6, 6-1, 7-5
Au tennis, il faut, paraît-il, être son propre meilleur ami. Tommy Haas, lui, a appliqué une tactique inverse lors de son quart de finale face à Nikolay Davydenko en 2007. Mais elle a fonctionné aussi.
Mené 2 sets à 1, et alors qu'il vient de se faire débreaker dans le 4e set, l'ancien n°2 mondial pète un câble d'une drôle de manière au moment de regagner sa chaise, en se lançant dans un monologue en allemand d'une bonne minute lors duquel il se traite de tous les noms d'oiseaux. Extraits :
- "Je ne sais plus jouer, je ne comprends plus rien."
- "Je suis juste trop nul."
- "Pourquoi je fais toute cette merde ?"
- "A quoi ça sert que je paye tous ces gens ? A rien du tout !"
- "Tu es un débile."
Allez voir les images, c'est assez édifiant. De l'autre côté du filet, Davydenko, lui, n'en croit pas ses oreilles. "J'ai cru qu'il était devenu fou", dira-t-il. Mais non. Haas a juste besoin d'expulser sa rage. Il ne veut surtout pas perdre face à l'homme qui l'avait déjà battu au même stade de la compétition lors de l'US Open précédent. Et, après cette séance d'auto-flagellation, c'est en conquérant qu'il se lève de sa chaise.
L'Allemand ne perd plus un jeu du 4e set. Il finit par s'imposer au bout du 5e set non sans avoir été mené 3-1 et surtout sauvé une balle de match à 5-4 (retour de revers dans le filet sur 2e balle). Il se qualifie ainsi pour sa troisième demi-finale à l'Open d'Australie. Pas mal, pour un débile qui ne sait plus jouer au tennis...

43. Novak Djokovic - Rafael Nadal

Edition : 2019
Finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Rafael Nadal (Espagne)
Score : 6-3, 6-2, 6-3
Ce n’est pas que le choc s’est dégonflé, c’est qu’il a fait pschitt. A l’issue d’une quinzaine maîtrisée de main de maître par les têtes de série numéro 1 et 2, cette finale entre Novak Djokovic et Rafael Nadal suscite bien des attentes. Surtout que, quelques mois plus tôt à Wimbledon en demi-finale, il leur avait fallu 5 sets et plus de 5 heures pour se départager. Le souvenir de leur précédente empoignade à Melbourne sept ans plus tôt est aussi encore vivace. Que de promesses donc, et pourtant…
Ce 53e duel n’aura de blockbuster que le nom : c’est en fait un "one man show". En roue libre, éblouissant de confiance, intouchable, les mots manquent pour décrire la prestation du Djoker qui marche sur l’eau. Tous ses coups (ou presque) sont parfaitement centrés, ses balles placées au millimètre comme des missiles téléguidés pour étouffer son rival, impuissant devant une telle précision mâtinée d’une agressivité de tous les instants. Du break initial à la balle de match, il n’aura fallu que 2h04 au numéro 1 mondial pour s’adjuger son 3e Majeur consécutif (le 15e alors, marque de Pete Sampras dépassée) et retrouver la plénitude qu’il avait déjà connue en 2011 et 2015.
"Il a joué incroyablement bien. J'ai moi-même pratiqué un tennis fantastique pendant deux semaines, sans souffrir beaucoup. C'est peut-être pour ça que je n’étais pas prêt pour ce grand défi", saluera Nadal qui n’avait pas lâché le moindre set avant la finale, armé d’un service encore amélioré. Jamais une finale de Grand Chelem entre les deux hommes n’avait été à ce point à sens unique. L’Espagnol saura s’en souvenir un an et demi plus tard sur son terrain de jeu favori.

Djokovic a étouffé Nadal comme jamais : Les temps forts d'une finale à sens unique

42. John Newcombe - Jimmy Connors

Edition : 1975
Finale
Vainqueur : John Newcombe (Australie)
Adversaire : Jimmy Connors (Etats-Unis)
Score : 7-5, 3-6, 6-4, 7-6(7)
"Ce n’est pas parce j’ai perdu un match que je ne suis pas le meilleur. Sur les trois derniers mois, j’ai gagné 4 ou 5 tournois, donc une défaite ne fait pas de moi un nul." Jimmy Connors l’a mauvaise ce 1er janvier 1975. Le jeune Américain, nouvelle terreur du circuit, vient de perdre sa couronne en Australie, battu sur le gazon du stade de Kooyong devant 12 500 spectateurs ivres de joie. Son bourreau ? John Newcombe qui remporte ainsi son 7e Majeur.
Sur la lancée d’une saison 1974 exceptionnelle, riche de 15 titres dont un Petit Chelem, "Jimbo" se voyait bien réaffirmer son nouveau statut de numéro 1 mondial face à son dauphin au classement. A l’approche de cette finale, Newcombe, 30 ans, ne cachait d’ailleurs pas son irritation quant au nouveau statut de son jeune rival qu’il avait battu lors de leur seule confrontation précédente à l’US Open en 1973. Mais on donne peu cher de sa peau. Car il a fallu que l’Australien survive à trois marathons en 5 sets contre l’Allemand Rolf Gehring au 2e tour et ses compatriotes Geoff Masters et Tony Roche en quart, puis en demi-finale, pour atteindre ce rendez-vous au sommet.
Et pourtant, sous 32 degrés, c’est bien lui qui prend le dessus dans un match qui a peut-être basculé au début du 3e set. A 3-2 contre lui, Connors, sous la pression du public, rend un point sur une double faute volontaire après deux balles litigieuses arbitrées en sa faveur. L'Américain se fait breaker dans la foulée et ne s’en remettra pas, malgré une belle résistance dans la 4e manche qui le voit remonter un break de retard. Gentleman perdant (oui, on parle bien ici de Connors), on ne l’y reprendra plus. Quant à Newcombe, il ne le sait pas, mais il vient de glaner le 41e et dernier titre de sa carrière.

41. Roger Federer - John Millman

Edition : 2020
3e tour
Vainqueur : Roger Federer (Suisse)
Adversaire : John Millman (Australie)
Score : 4-6, 7-6(2), 6-4, 4-6, 7-6(8)
Un petit miracle et une leçon de résilience. Ce 3e tour de la dernière édition de l’Open d’Australie méritait bien de figurer dans notre Top 50 pour son scénario bien entendu, mais pour ce qu’il dit aussi du caractère d’un champion. Roger Federer brille souvent par sa maestria, son relâchement à la frappe, la légèreté apparente de son déplacement, en d’autres termes sa capacité à rendre apparemment simple un sport pourtant si technique et athlétique. Tant et si bien qu’on en oublie que le Suisse est aussi un incroyable guerrier, à sa façon.
En cette douce night session australienne, il n’est pas question de magie sur la Rod Laver Arena, mais plutôt d’un combat de tranchées contre un adversaire redouté. Bien que "modeste" 47e joueur mondial, John Millman avait fait tomber la légende lors de leur dernier duel en Grand Chelem à l'US Open un peu plus d’un an plus tôt. Complètement essoré par la moiteur ambiante, Federer avait même eu besoin d’une perfusion pour se réhydrater après la défaite. L’Aussie aborde donc le match avec la ferme conviction qu’il peut rééditer l’exploit et cela se voit.
Après le gain du 1er set, et malgré la réaction du Suisse, il mène la danse dans l’acte final avec un break d’avance, puis une avance confortable de 8 points à 4 au super tie-break. Le stade, partagé entre le héros local et son amour irrépressible pour Federer, est en apnée. Et l’improbable se produit : une remontée fantastique du Suisse qui s’adjuge les 6 derniers points dans une ambiance délirante. Deux tours plus tard, bien que blessé, il remettra le bleu de chauffe pour un autre exploit face à Tennys Sandgren et 7 balles de match écartées avant de triompher. Qu’on se le dise, tant qu’il tient sur ses pattes, le vieux lion rugit encore.

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