Rafael Nadal n'y est pas allé à la sulfateuse. Ce n'est pas le genre. L'Espagnol s'est contenté d'un petit coup de griffe, suffisamment appuyé pour que le message passe. Dans une interview accordée à ESPN Argentine, il a égratigné lundi "ceux qui ont besoin de rendre public" leur action à propos des conditions de quarantaine des joueurs avant l'Open d'Australie, une semaine après la divulgation de propositions de Novak Djokovic aux organisateurs.
"Certains ont besoin de rendre public ce qu'ils font pour les autres, certains d'entre nous le faisons d'une façon plus discrète et plus privée sans avoir besoin de faire de la publicité avec ça", a expliqué le numéro 2 mondial. "Des 'Tribuneros', comme nous les appelons en Argentine", suggère l'intervieweur. "Exactement", répond Nadal.
Il y a tout juste une semaine, Novak Djokovic s'était personnellement investi en rendant public ses "propositions" pour améliorer les conditions de quarantaine des joueurs et des joueuses, notamment ceux qui sont en isolement total à Melbourne. Il avait transmis une liste de propositions à la Fédération australienne de tennis pour tenter d'obtenir une modification des conditions de confinement.
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Il y a des joueurs à Melbourne qui ont des chambres plus grandes
Celles-ci étant plus sommaires qu'à l'intérieur de la bulle sanitaire "VIP" d'Adelaïde, réservée aux meilleurs joueurs et joueuses inscrits au tournoi. Une démarche qui a valu au Serbe des critiques et une insulte de Nick Kyrgios et derrière laquelle certains ont voulu voir une manœuvre politique. "Je me préoccupe sincèrement des autres", avait répondu Djokovic. Le message de Nadal : ce n'est pas parce que je ne dis rien dans les médias que je ne cherche pas à aider.
Comme Djokovic, Thiem et d'autres têtes d'affiche des circuits masculin et féminin, Rafael Nadal est lui en quarantaine à Adélaïde, dans des conditions jugées plus favorables. S'il a reconnu que "les conditions étaient meilleures que celles de la plupart des joueurs de Melbourne", il a aussi estimé que tout n'était pas aussi simple.
"Il y a des joueurs à Melbourne qui ont des chambres plus grandes où ils peuvent pratiquer des activités physiques, d'autres des plus petites et ils ne peuvent pas avoir de contact avec leur entraîneur ni leur préparateur physique. Où est la ligne ? interroge-t-il. C'est une question éthique. Chacun a sa propre opinion et toutes sont respectables." Sous-entendu, même à Melbourne, l'inégalité règne, alors n'insistons pas trop sur les "privilèges" des confinés d'Adélaïde.
Au total, 72 joueurs ont l'interdiction de quitter leur chambre pendant deux semaines, après que des cas de Covid-19 ont été détectés dans leur avion en direction de l'Australie. Les autres ont une autorisation de sortie de cinq heures quotidiennes pour pouvoir s'entraîner à condition de ne pas subir de test PCR positif et de ne pas être cas contact.

Rafael Nadal à son arrivé à Adelaide.

Crédit: Getty Images

Laurent Vergne (avec AFP)
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