Du plaisir et un pincement au cœur. En regardant le match entre Nick Kyrgios et Dominic Thiem, disputé vendredi dans une ambiance de corrida, on ne pouvait s'empêcher de penser que c'était là le dernier souffle de vie (et quel souffle) avant, au mieux, le milieu de la semaine prochaine. Dès samedi, il n'y aura plus un spectateur dans les tribunes de l'Open d'Australie.
En réalité, le huis-clos a même débuté avant la fin du dernier match de la soirée de vendredi, lorsque, sur les coups de 23h30, les spectateurs encore présents sur la Rod Laver Arena pour la rencontre opposant Novak Djokovic à Taylor Fritz ont été priés de dégager les lieux pour rentrer chez eux avant minuit.
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Pour les cinq prochains jours, Melbourne Park ressemblera donc à Flushing Meadows à la fin de l'été dernier. On verra bien la couleur des sièges et on entendra tout ce qui se dit. La moindre parole, le moindre murmure. La déprime, quoi. C'est le grand retour de la vie au temps du Covid-19, à laquelle cet open d'Australie espérait échapper. Dans le meilleur des cas, le public sera de retour jeudi, pour le début des demi-finales. Mais rien n'est assuré même pour cette fin de quinzaine. Tout dépendra de l'évolution de la situation sanitaire d'ici là.

Serena : "Je pense que je me suis imposé une quarantaine toute ma carrière"

Dans le vestiaire, la situation n'amuse personne. Mais il y a ceux qui font preuve de pragmatisme, voire d'une indifférence au moins apparente, et ceux qui ne masquent pas leur abattement. Novak Djokovic figure dans la première catégorie. Le numéro un mondial, il est vrai, a d'autres chats à fouetter avec sa blessure aux abdominaux qui a failli le mettre à terre face à Taylor Fritz. "Public ou pas, je me concentrais sur ce qui se passait sur le court, avec cette blessure, en priant pour que d'une façon ou d'une autre j'arrive à gagner ce match. Ce qui s'est finalement passé", a relevé le Serbe.
Serena Williams la joue aussi en mode fataliste. Qu'il s'agisse des tribunes désertes ou du probable reconfinement à l'hôtel, comme avant le tournoi puisque, outre le retour du huis-clos, c'est aussi celui de la bulle, avec tout ce que cela implique comme contraintes. "Ça fait vingt ans que je fais ça, alors..., a souri Serena. En fait, je pense que je me suis imposé une quarantaine toute ma carrière". Malgré tout, l'Américaine, qui a appris la nouvelle en sortant du court après sa victoire contre Anastasia Potapova, fait un peu grise mine elle aussi : "C'était vraiment cool de jouer devant du public cette semaine, surtout ici, où les fans sont super. Mais il faut faire ce qu'il y a à faire."

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Finalement, le plus dur, ce n'est pas pour ceux qui continuent le tournoi. Oui, ils vont jouer sans public, mais leur esprit reste focalisé sur la compétition. Pour ceux qui doivent déjà penser à la suite, la déprime guette. C'est le cas d'Adrian Mannarino. Battu en trois sets par Alexander Zverev vendredi, le gaucher français voit ses plans à court terme contrariés : "Franchement, ça a été un peu un coup de massue de plus, avoue-t-il. Mon plan était d'aller jouer à Singapour la semaine qui suit Melbourne. Du coup, je m'étais dit que j'allais profiter du bon temps en Australie pour pouvoir bien me préparer. Mais visiblement ça ne va pas être le cas".
Nous avons la chance de pouvoir jouer un Grand Chelem en pleine pandémie
Au-delà de cet Open d'Australie, c'est la suite qui inquiète Adrian Mannarino, qui avait déjà subi un isolement prolongé à New York après avoir été cas contact pendant l'US Open. Sa grande crainte ? Se retrouver cas contact dans l'avion pour Singapour, auquel cas il devra subir une quarantaine de 22 jours là-bas, "dans un hôpital", précise-t-il, selon les règles locales. "Il y a tellement de choses qui se passent dans ma tête en ce moment avec les programmations de tournoi, le covid, les voyages, pfff... Ça devient un peu compliqué. J'imagine qu'il y a beaucoup de joueurs qui sont un peu à bout", a-t-il estimé.
Voilà une raison de plus pour ne surtout pas se faire sortir des tableaux. Le jeu, la compétition, permettent de rester sur l'essentiel. "Ce n'est pas une bonne nouvelle mais il faut quand même ne pas oublier que nous avons la chance de pouvoir jouer un Grand Chelem en pleine pandémie", a rappelé Grigor Dimitrov sur Eurosport vendredi matin.
Cet Open d'Australie jongle entre les bonnes et les mauvaises nouvelles. Il ressemble à un hérisson en train de traverser une autoroute en tentant de ne pas se faire écraser. Il est presque sur la voie du milieu, mais il reste du chemin pour atteindre l'autre côté. Mais il compte bien y arriver. Seul problème, et de taille : les organisateurs, ici comme ailleurs, ne sont pas décideurs. Ils subissent les décisions des autorités. D'où la peur de Garbine Muguruza de voir tout s'arrêter en chemin : "Ils peuvent très bien nous dire, 'OK, vous savez quoi, on gèle l'Open d'Australie !'"

"Une mauvaise nouvelle, mais on a la chance de continuer à jouer"

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