Stefanos Tsitsipas n'avait sans doute pas les moyens de battre Daniil Medvedev vendredi. Le Grec, battu en quatre sets (7-6, 6-4, 4-6, 6-1), est tombé sur un mur de briques, que seul le Russe lui-même aura réussi à effriter. La cocotte-minute du si impulsif Moscovite a explosé lors de cette demi-finale. Juste après la perte du deuxième set, il est entré dans une colère noire auprès de l'arbitre, lors du changement de côté.
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Il venait de se faire breaker, de recevoir un avertissement qui, de son point de vue, aurait dû être attribué à son adversaire parce que son entraîneur, qui n'est autre que son père, le coachait depuis son box. "Tu es fou ? Pourquoi cet avertissement ?", a-t-il lancé à l'arbitre espagnol, Jaume Campistol. "Et son père peut parler à chaque point ? Es-tu idiot ?, a-t-il interrogé avant de répéter trois fois, en haussant le ton à chaque fois : "Son père parle à tous les points !" "Réponds-moi ! a-t-il ensuite hurlé au juge de chaise. Comment peux-tu arbitrer une demie de Grand Chelem alors que tu es si mauvais ? Regarde-moi quand je te parle !"
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Il a dépassé les bornes, clairement
Une heure plus tard, en début de 4e set, Stefanos Tsitsipas recevra un avertissement pour "coaching". Il sourira jaune. Son père secouera la tête dans les tribunes. Le coup de gueule de Medvedev avait-il payé ? Le papa-coach a en tout cas été scruté de près par la suite, avec un arbitre placé à proximité du box pour le surveiller, comme l'a révélé Barbara Schett sur Eurosport. Reste que l'attitude du numéro 2 mondial lors de ce changement de côté a largement outrepassé les limites du raisonnable.
"Il a dépassé les bornes, clairement, juge Justine Hénin. On ne peut accepter de personne de parler comme ça à un arbitre qui n'a pas commis une erreur magistrale à ce moment-là. Sur le fond, il n'a peut-être pas tort, sur la manière, c'est absolument intolérable. Il va trop loin. Peut-être même qu'il doit être pénalisé. Il y a des chances. Après le match, tout de suite, il fait son mea culpa, dit 'Ce n'est pas bien ce que j'ai fait, allez, on passe à la suite'. Je ne suis pas certaine que ça va passer aussi facilement aujourd'hui pour lui."

Henin : "Sur le fond, Medvedev n’a peut-être pas tort... sur la manière, c’est intolérable"

Effectivement, dès l'interview sur le court avec Jim Courier, Medvedev a fait amende honorable, quelques instants après s'être excusé auprès de l'arbitre au moment de lui serrer la main. "Je ne pense pas que ce type d'émotions soient bonnes, a-t-il regretté. Ça me fait perdre de l'énergie alors je me suis tout de suite dit que ce n'était pas bien. Je me suis dit que le match était quand même important et que je devais me reprendre".
Au début de la troisième manche, on l'a senti au bord de la rupture au plan nerveux. S'il n'avait pas tenu ce jeu de service, qui sait s'il n'aurait pas définitivement sombré. "A 15-40, je me disais 'Mon dieu, je suis en train de laisser filer ce match'. Je suis tellement content de m'être repris rapidement", confie Medvedev.

Et pourtant, il se soigne

De son propre aveu, il a "totalement perdu le contrôle." "Je ne contrôlais plus rien du tout, on peut le dire, j'étais hors de moi, j'ai perdu la tête", ajoute-t-il. Même s'il a conscience de ne pas agir comme il le faudrait, ni dans l'absolu ni par rapport à lui-même. "Ce n'est pas bien, je le regrette à chaque fois, je sais que chaque arbitre fait de son mieux, dit encore le poulain de Gilles Cervara, comme un enfant pris la main dans le sac. Stefanos Tsitsipas a d'ailleurs estimé après la rencontre que Daniil Medvedev n'était pas "la personne la plus mature, de toute façon". Mais le Grec n'a pas épilogué : "Je n'y prête pas attention. C'est drôle, en fait. Je sais que certains joueurs aiment se défouler mentalement comme ça. Parfois, ça peut même être une tactique. Mais peu importe."

Tsitsipas sur le pétage de plombs de Medvedev : "Ce n'est pas la personne la plus mature"

Aucune tactique ici dans ce cas précis. Juste un joueur qui ne parvient plus à se maîtriser. Et pourtant, Daniil Medvedev est un malade qui se soigne pour guérir de ce problème spécifique, notamment avec sa préparatrice mentale, Francisca Dauzet. Elle aura du travail en termes de débriefing après l'épisode de vendredi. "Il y a tellement, tellement de matches où j'arrive à gérer ça, rappelle le vainqueur de l'US Open 2021. Si vous regardez cinq ans en arrière, quand j'ai commencé sur le circuit, on me suivait moins, mais j'étais complètement dingue." Comme en cette fin de deuxième set, mais tout le temps, en somme.
Chaque personnalité est différente, et Daniil Medvedev ne le cache pas, il aimerait, parfois, être aussi placide qu'un Björn Borg. Mais il ne peut pas. "Le tennis est un sport de combat, selon le Russe. On ne se bat pas avec les poings, mais c'est un duel en tête-à-tête. Je suis très émotif et, parfois, je craque. C'est pour ça que je respecte tellement les joueurs qui sont capables de ne jamais montrer leurs émotions. C'est dur, tellement dur. Quand ça m'arrive, je le regrette toujours à 100% mais, encore une fois, dans la chaleur du moment, je perds le contrôle."
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