Il n'était pas amer après sa défaite. Satisfait de son parcours deux mois après son opération au coude droit et de son niveau de jeu retrouvé, Stefanos Tsitsipas avait déjà pris un certain recul sur sa performance et son Open d'Australie en conférence de presse. Le Grec, qui a tenu le bras de fer face à Daniil Medvedev pendant les trois premiers sets, a même dit sa satisfaction d'avoir installé le combat face au Russe contrairement à leur précédente demi-finale en 2021. Mais il est resté ferme sur un point précis : non, il n'a pas bénéficié du coaching de son père Apostolos.
Pourtant, c'était la raison principale du pétage de plomb de Daniil Medvedev à la fin du deuxième set. Et finalement, en cours de quatrième manche, l'arbitre a décidé d'infliger un "warning" pour coaching à Tsitsipas qui en a ri jaune sur le moment. "Je ne peux rien entendre quand je joue. C'est impossible. Vu que le public fait tant de bruit après chaque point, il faut avoir une super ouïe pour entendre ce que votre coach dit. J'en riais l'autre jour, parce que pendant mon match avec Benoît Paire, mon coach était à 5 km de moi de l'autre côté du court, et je ne sais pas comment, j'ai reçu un warning. C'était le moment le plus drôle de cet Open d'Australie", a-t-il considéré, non sans ironie.
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Les arbitres regardent toujours mon box, jamais celui de mon adversaire
S'il a dit ne pas en avoir été affecté, le numéro 4 mondial avait toutefois un message à faire passer. "Je suis habitué. Ils me ciblent depuis longtemps déjà. J'en ai eu quelques-uns par le passé. Et les arbitres regardent toujours mon box, jamais celui de mon adversaire. Je suis victime de ça depuis longtemps maintenant. Qu'est-ce que je peux dire ? Je ne pense pas qu'ils comprendront un jour que je ne peux rien entendre, tout simplement parce que j'essaie de trouver des solutions, de lire le jeu et de le recréer dans ma tête avant que le point ne commence. La dernière chose que je veux dans ce cas, c'est que quelqu'un me donne des conseils sur ce que je devrais faire."
Dans sa bulle quand il joue, imperméable au monde extérieur, Tsitsipas ne pourrait donc en aucun cas profiter des conseils ou des orientations tactiques délivrées par son coach. Selon lui, il serait même victime d'un acharnement arbitral dû à la réputation de son clan. Et sur ce point précis, il n'a d'ailleurs pas cherché à nier l'évidence. Oui, son père Apostolos ne peut rester silencieux pendant ses matches et cherche à l'aider, sans que cela serve à grand-chose pour autant.
J'en ai déjà parlé avec mon père, mais c'est plus fort que lui
"J'ai déjà eu cette discussion avec mon père. C'est une personne qui, quand il y a beaucoup d'action, parle beaucoup, c'est une sorte de thérapie. C'est quelque chose qu'il fait, c'est dans sa nature. J'ai passé des heures à essayer de résoudre le problème avec lui, mais c'est plus fort que lui. Je suis assez sûr que je vais continuer à recevoir des avertissements pour coaching, même si je n'écoute jamais rien de ce qu'il dit. Mais ça va, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, s'ils croient que c'est juste", a-t-il encore estimé, résigné.

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Reste que si son père s'y prend mal, cela ne veut pas dire que le coaching n'existe pas dans le tennis, bien au contraire. Alors Tsitsipas en a profité pour plaider pour une réforme de la règle, épousant l'argumentaire d'un autre de ses célèbres mentors, Patrick Mouratoglou. "C'est une des raisons pour lesquelles j'ai considéré l'année dernière sur mes réseaux sociaux que le coaching devrait être autorisé. Tout simplement parce que les coaches le font de toute façon. Et pour la plupart, ils le font suffisamment intelligemment pour ne pas se faire prendre. En l'autorisant, je pense qu'il y aura moins de tension et plus de clarté."

Autoriser le coaching, la solution pour arrêter les polémiques selon Tsitsipas

Peut-être d'ailleurs Medvedev est-il du même avis, à l'entendre en conférence de presse. "Ce n'est pas de la triche non. Honnêtement, son père parlait grec avant chaque retour. Je ne sais pas, peut-être qu'il disait : 'Allez, allez.' Il n'y a pas de problème. Mais si c'est le coach, je ne considère pas le coaching comme de la triche mais ça devrait être un avertissement pour violation du règlement. Et après, en cas de second avertissement, ce serait un peu délicat", a-t-il indiqué. Une manière de dire que si le "warning" avait été donné plus tôt, l'effet dissuasif aurait certainement imposé le silence à Tsitsipas père.
Autoriser le coaching des tribunes ou sur le court en le réglementant pour mettre fin à une hypocrisie, voilà en tout cas le credo de Stefanos Tsitsipas. Pourtant, le Grec se dit dans un tel état de concentration en match que tout coaching lui serait potentiellement néfaste. Chacun ses contradictions.
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