Open d'Australie 2023 - Novak Djokovic voulait "envoyer un message" à la concurrence
Par Laurent Vergne
Publié 25/01/2023 à 15:07 GMT+1
OPEN D'AUSTRALIE – Andrey Rublev n'a pas davantage existé qu'Alex de Minaur au tour précédent. Novak Djokovic a roulé sur le Russe (6-1, 6-2, 6-4). Il est en demi-finales et plus que jamais archi-favori dans la course au titre. Très sûr de lui, il ne cache pas qu'il souhaitait marquer son territoire dans cette deuxième semaine. Il est en train de le faire. Et c'est effrayant pour les autres.
"Pouvez-vous lui dire de la fermer !" : Quand Djokovic s'enerve auprès d'un spectateur
Video credit: Eurosport
Arrêtez-tout et donnez-lui le trophée. Ce sera plus simple. Novak Djokovic a démantelé Andrey Rublev comme il avait désossé Alex de Minaur au tour précédent, les réduisant au rang de sparring-partners sympathiques mais totalement inoffensifs. Le voilà donc en demi-finale de l'Open d'Australie pour la 10e fois. Histoire d'achever les espoirs de la concurrence encore en vie dans ce tournoi, rappelons que, les neufs premières fois, l'histoire s'est terminée de la même manière : avec le trophée Norman Brookes dans les valises serbes. "Oui, mais les stats, ça ne veut rien dire". Peut-être. Sauf avec Djokovic à Melbourne.
Au-delà des données chiffrées, c'est surtout l'impression laissée par le "Djoker" ces quarante-huit dernières heures qui empêchent d'être ne serait-ce que raisonnablement optimiste pour Tommy Paul, son adversaire en demi-finale vendredi, ou Stefanos Tsitsipas et Karen Khachanov, qui se disputeront l'autre ticket pour la finale. C'est le tout meilleur Djokovic qui sévit en cette seconde semaine à Melbourne Park.
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En mode expéditif, Djokovic n'a jamais laissé Rublev y croire
Video credit: Eurosport
"Après des matches comme ça, le niveau de confiance augmente, surtout compte tenu des circonstances (sa blessure à la cuisse, NDLR), a-t-il admis. Je me sens bien sur le court, de mieux en mieux à mesure que le tournoi avance. J'ai déjà été tellement de fois dans cette situation dans ma carrière, je n'ai jamais perdu en demie ou en finale à l'Open d'Australie. Espérons que ce soit le cas encore une fois."
A-t-il déjà été aussi fort à Melbourne ? La question peut paraître absurde tant il a gagné ici. Il refuse de comparer. "Je ne peux pas dire que je suis plus confiant que je ne l'ai jamais été parce que j'ai eu la chance de vivre des matches et des éditions incroyables ici, rappelle 'Nole'. Mais clairement, ces deux derniers matches contre deux très bons joueurs en excellente forme, c'est exactement ce que je voulais à ce moment du tournoi. C'est le genre de message que je voulais envoyer. Je sais que les autres regardent mes matches. Je regarde les leurs."
Andrey Rublev, le dernier en date avant le prochain à être passé à la moulinette serbe, a été impressionné. Il savait qu'une victoire relèverait de l'exploit colossal, mais sans doute espérait-il au moins exister sur le court. "Je l'avais affronté trois fois et il n'a jamais aussi bien joué, juge le Russe. Il était encore plus fort qu'à Turin." Au Masters, en novembre dernier, il s'était pourtant déjà incliné sévèrement, 6-4, 6-1, en demi-finale. Mais selon lui, c'était encore une dimension supérieure sur la Rod Laver Arena.
Déjà dominateur depuis l'été dernier, puisqu'il avait gagné 25 de ses 26 derniers matches de la saison après Roland-Garros, Djokovic semble avoir encore passé la vitesse supérieure, ce qui était tout sauf évident. Peut-être que les évènements d'il y a douze mois à Melbourne n'y sont pas totalement étrangers. "Je ne manque jamais de détermination, je donne toujours le meilleur, surtout en Grand Chelem, parce qu'à mon âge, tous les tournois comptent. Mais oui, on peut dire qu'il y a un petit plus cette année, avoue-t-il. A cause de ma blessure à la cuisse, et de ce qui s'est passé l'an dernier."
Il n'est plus possible d'être surpris avec quelqu'un comme Novak Djokovic. Encore moins ici, à Melbourne. Mais il n'est pas interdit d'être encore et toujours impressionné. Même son ancien entraîneur Boris Becker reste soufflé par sa "capacité à sortir son meilleur tennis, encore et encore, après toutes ces années, quand cela compte le plus." Il semble n'avoir aucun adversaire à sa mesure dans cet Open d'Australie 2023, non seulement pour le battre, mais simplement pour lui donner du fil à retordre. "Maintenant,on n'est plus que quatre, et j'ai hâte de passer à la suite", dit-il On le comprend.
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