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Open d'Australie : Après sa superbe performance contre Berrettini, Murray peut-il enchaîner ?
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Publié 18/01/2023 à 17:30 GMT+1
OPEN D'AUSTRALIE - Bluffant pour éliminer Matteo Berrettini au 1er tour de l'Open d'Australie, Andy Murray a prouvé qu'il pouvait toujours évoluer à un très haut niveau en Grand Chelem malgré ses 35 ans et sa hanche en métal. Le voici désormais confronté à un autre défi majeur, celui de la confirmation. Qui plus est face à l'un des chouchous du public, l'Aussie Thanasi Kokkinakis.
Australian Open - Murray, Jabeur, Bencic among Top 5 shots from Day 2
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"Je me suis vraiment impressionné… et je suis dur avec moi-même d'habitude." Andy Murray avait de quoi sourire mardi dans sa conférence de presse d'après-match. Souvent épinglé pour son côté bougon - son clan qui subit son ire depuis des années sur les courts du monde entier en sait quelque chose -, l'Ecossais a savouré comme il se devait sa première victoire contre un membre du Top 20 en Grand Chelem depuis un quart de finale à Roland-Garros en… 2017. A l'époque, sa victime se nommait Kei Nishikori, cette fois, Matteo Berrettini a fait les frais de ce retour de flamme.
Il n'y a rien d'anodin dans la performance de Murray. Certes depuis son come-back de sa lourde opération à la hanche en 2019, l'Ecossais avait fait quelques coups, battant des membres du Top 10 comme Stefanos Tsitsipas sur le gazon de Stuttgart l'an passé, Jannik Sinner en indoor à Stockholm fin 2021 ou encore Hubert Hurkacz un mois plus tôt à Vienne. Il avait même remporté un tournoi quelques mois après son retour à Anvers en 2019. Mais toutes ces performances avaient un point commun : il les avait réalisées au meilleur des trois sets.
Un stage commando en Floride payant
Sur le format long, ses limites semblaient rédhibitoires, lui attribuant souvent le rôle peu enviable de perdant magnifique. "Je dois me reconnaître du mérite ce soir (mardi), parce que ces dernières années ont été dures. J'ai perdu quelques-uns de ces matches en Grand Chelem, que ce soit contre Tsitsipas à l'US Open 2021 (défaite en cinq sets, NDLR) ou Isner à Wimbledon (revers en quatre manches). Ces dernières années, je me suis parfois remis en question. Beaucoup de gens ont certainement douté de moi et de ma capacité à rivaliser sur les plus grandes scènes et sur les plus grands matchs. Je suis fier du travail accompli ces derniers mois. Je me suis entraîné vraiment, vraiment dur en Floride à l'intersaison", a-t-il confié.
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5 sets et 4h50 de jeu pour sortir Berrettini : le soldat Murray est toujours vivant
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S'il y avait des doutes sur les aptitudes de Murray, ils ne concernaient pas son mental ni son caractère de champion. Le voir faire la différence dans ce domaine au cours d'un tie-break décisif face à Berrettini, compte tenu de son immense expérience des moments chauds, n'est pas si surprenant. Mais pour en être capable, encore fallait-il tenir la route sur le plan physique pendant près de cinq heures. Et conserver une certaine vivacité pour effectuer l'effort suffisant à la relance contre un canonnier de la trempe de l'Italien. Malgré ses 35 ans, Murray a donc indéniablement progressé sur ce plan-là. Et il a donné quelques clés d'une intersaison productive en conférence de presse.
"On était à Boca Raton dans un club pendant trois semaines. J'ai habité une maison qui était à maximum deux minutes en voiture du court où je m'entraînais. Il y avait Ivan (Lendl), évidemment, mon physio Phil Hayward. J'ai eu quelques jours de repos, mais nous avons beaucoup travaillé sur le court et j'ai fait beaucoup de cardio sur un vélo. C'était une vie rudimentaire pour ainsi dire : je me levais toujours à la même heure, prenais un café, allais sur les courts d'entraînement pendant deux heures et demie voire trois heures, je déjeunais puis j'allais en salle de gym l'après-midi et parfois je revenais sur le court. Il y avait très peu de distractions, j'étais totalement concentré sur mon tennis et les choses que je devais améliorer."
Lendl comme totem, la récupération comme défi
Et la présence à ses côtés de Lendl, avec lequel il a renoué au printemps dernier, n'est pas étrangère à la réussite de cette préparation commando. "C'est difficile de formuler précisément ce qu'Ivan m'apporte. Ce qui est évident, c'est que nos succès passés font que j'ai confiance dans notre relation. Lors de la plupart de mes plus grandes victoires, Ivan faisait partie de l'équipe. Il ne va certainement pas me laisser me dispenser de travailler dur. Il va toujours me pousser autant que possible à essayer de tirer le meilleur de moi. Il comprend évidemment ce qu'il en coûte d'atteindre les sommets de ce sport. Il l'a fait en tant que joueur et l'a encore vu quand il m'a entraîné. Oui, la relation semble fonctionner", a-t-il encore lâché tout sourire.
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Le filet avait choisi son camp : la balle de match très chanceuse de Murray qui élimine Berrettini
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En battant Berrettini, Murray s'est logiquement ouvert son tableau. Il peut légitimement avoir l'ambition de rallier une seconde semaine en Majeur pour la première fois depuis près de six ans, lors de l'édition 2017 de Wimbledon. Il était alors numéro 1 mondial, une autre époque. Mais avant de l'envisager plus concrètement, il devra déjà se coltiner au 2e tour un joueur en forme en ce début de saison, qui a terrassé Fabio Fognini (6-1, 6-2, 6-2) : Thanasi Kokkinakis. Un sacré sacré défi en perspective parce que l'Aussie sera soutenu par le public local, mais surtout parce que Murray n'a plus 20 ans.
Aura-t-il récupéré lui qui joue en plus - faut-il le rappeler ? - avec une hanche en métal ? "Ce que je fais le mieux ces derniers temps, probablement depuis que j'ai des enfants, c'est de me coucher beaucoup plus tôt. J'avais l'habitude de me coucher très tard. J'accorde plus d'importance désormais à mon sommeil dans le processus de récupération. Mais ce n'est évidemment pas facile de récupérer d'un match de 4h45. Je dois me donner les meilleures chances, surtout avec l'entraînement effectué ces derniers mois. Je ne m'attends à me sentir parfaitement bien jeudi, mais j'espère que je serai en bon état." Histoire de continuer à se faire plaisir et à remonter le temps.
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