Open d'Australie : Pour Aryna Sabalenka, c'est l'heure de vérité

Eurosport sur Google

OPEN D'AUSTRALIE - En balade depuis le début de la quinzaine, Aryna Sabalenka s'attaque à son plafond de verre jeudi. Jamais en trois tentatives la Biélorusse n'a réussi à passer l'écueil des demi-finales en Grand Chelem. Plus que jamais favorite face à la sensation Magda Linette, elle a l'occasion de montrer qu'elle a franchi un cap, malgré la pression qui accompagne ce statut.

Aryna Sabalenka

Crédit: Getty Images

Si certaines visent dans le mille au premier essai, d'autres ont besoin de temps pour apprivoiser les grandes occasions. Aryna Sabalenka fait indéniablement partie de la seconde catégorie en Grand Chelem. Mais en devenant peu à peu une habituée des fins de quinzaines, la Biélorusse de 24 ans se donne de plus en plus les moyens de les apprivoiser. A Melbourne, elle disputera donc sa quatrième demi-finale dans un Majeur, après celles de Wimbledon 2021 et des US Open 2021 et 2022. Jusqu'ici, à chaque fois, elle a échoué à ce stade. En sera-t-il de même jeudi face à Magda Linette sur la Rod Laver Arena ?
Assurément, Sabalenka doit se poser la question. Quand les échecs se répètent, une petite voix insidieuse peut se mettre à résonner de plus en plus fort dans la tête. Celle de la fatalité. Mais l'intéressée sait qu'elle ne doit pas y céder. D'ailleurs, cette détermination l'a déjà aidé à franchir un premier cap. Alors qu'elle avait atteint les huitièmes de finale en Grand Chelem dès l'US Open 2018, il lui avait fallu près de deux ans et demi pour retrouver la seconde semaine lors de l'Open d'Australie 2021.

Blocage avoué, à moitié surmonté ?

La puissante Biélorusse n'en est donc pas à son premier blocage. Et la première étape pour le surmonter, c'est de s'avouer son existence. "Je pense que j'ai perdu ces trois demi-finales juste parce que je n'étais pas vraiment calme sur le court. Je surjouais en quelque sorte. Je voulais vraiment gagner un Grand Chelem, je me précipitais beaucoup, j'étais très nerveuse, je criais beaucoup. Et je les abordais avec beaucoup de hauts et de bas", a-t-elle analysé devant la presse après sa victoire en quart de finale contre Donna Vekic.
De ce côté, Sabalenka a indéniablement progressé. Jusqu'ici, elle a fait preuve d'une constance et d'une solidité impressionnantes. A tel point qu'elle est la seule des quatre demi-finalistes à ne pas avoir concédé le moindre set sur son parcours. Mieux : elle n'a pas perdu la moindre manche depuis le début de l'année, puisqu'elle a préparé cet Open d'Australie de la meilleure des manières avec un titre à Adélaïde. Elle surfe donc sur une belle vague de confiance.

Une confiance resplendissante mais pas suffisante

Or, lors de ces précédentes défaites en demies, la Biélorusse avait toujours connu au moins un match compliqué précédemment sur son parcours. Ajoutez à cela l'identité de sa future adversaire Magda Linette contre laquelle elle n'a abandonné que quatre jeux au maximum lors de leurs deux précédents duels (6-1, 6-3 à Tianjin en 2018 et 6-2, 6-1 aux Jeux de Tokyo en 2021) et les perspectives semblent s'éclaircir.
Mais Sabalenka n'est pas née de la dernière pluie, elle sait que la menace est réelle contre une joueuse qui semble faire le tournoi de sa vie. Elle l'a d'ailleurs appris à ses dépens à Flushing Meadows en 2021 quand elle avait fini par céder contre la toute jeune Leylah Fernandez qui était à l'époque même moins bien classée que Linette dans cet Open d'Australie (73e contre 45e). Alors plus que sur ses résultats bruts du moment, la Biélorusse préfère s'appuyer sur le travail qu'elle a récemment effectué sur elle-même.

Des progrès mentalement : "J'essaie de prendre de la hauteur"

"Je ne dirais pas que je joue le meilleur tennis de ma vie. Mais j'ai l'impression que quoi qu'il se passe sur le court, j'ai la conviction que je suis capable de m'en sortir. Avant, je cherchais les aces systématiquement, et des coups fous pour me sortir facilement de certaines situations délicates. Désormais, je n'arrête pas de me dire : 'Non, travaille pour gagner le point, ça ne va pas être facile. Tu as tes frappes du fond du court, tu as ton service. Accepte juste de travailler davantage en cherchant des zones plus sûres.' C'est une approche différente. J'essaie de prendre de la hauteur", a-t-elle expliqué.
Comme depuis le début du tournoi ou quasiment, Magda Linette n'aura rien à perdre jeudi. Et la Polonaise a prouvé sa capacité à contrer les joueuses puissantes contre Caroline Garcia ou encore Karolina Pliskova précédemment. La capacité de Sabalenka à gérer ses émotions sera donc fondamentale pour ne pas tomber (encore) dans le piège. Avec en perspective, si elle y parvient, une première finale de Grand Chelem, qui plus est peut-être contre sa compatriote Victoria Azarenka.
"J'espère vraiment que ça arrivera. Je sais que Vika fera tout ce qu'elle peut de son côté pour que ça arrive. Je ferai pareil. Ça va être dur à réaliser, mais si ça arrive, ça va être énorme pour le pays. Je pense que ça va aider les enfants à comprendre qu'ils peuvent bien faire dans ce sport, qu'ils peuvent être de grands joueurs à l'avenir." Voilà une belle source de motivation supplémentaire qui dépasse son propre enjeu personnel. De nature à la transcender ou à l'inhiber encore davantage ? C'est toute la question. A Sabalenka d'y répondre jeudi sous les projecteurs de la Rod Laver Arena.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité