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Open d'Australie 2024 | Jannik Sinner après son titre : "Battre Novak et Daniil, je ne réalise pas encore totalement"
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Publié 28/01/2024 à 17:31 GMT+1
Vainqueur de son premier tournoi du Grand Chelem après avoir remonté deux sets dimanche à Daniil Medvedev (3-6, 3-6, 6-4, 6-4, 6-3) en finale de l'Open d'Australie, Jannik Sinner a vécu un moment riche en émotions qu'il a eu du mal à analyser en conférence de presse. Fier des deux exploits qui ont conclu sa quinzaine, il s'est aussi tourné vers l'avenir et les progrès qu'il veut encore accomplir.
Un succès renversant en 5 sets : Comment Sinner est entré dans la cour des grands
Video credit: Eurosport
L'Italie attendait cela depuis 48 ans. Et ce dimanche, elle a trouvé le successeur d'Adriano Panatta, sacré en Grand Chelem à Roland-Garros en 1976. Jannik Sinner l'a fait lors de sa première finale en Grand Chelem à seulement 22 ans, qui plus est en accomplissant une remontée fantastique après un départ très difficile. Beaucoup à sa place auraient sombré après un tel début de match : Daniil Medvedev avait tout (bien) fait pour le surprendre et l'empêcher de rentrer dans un événement par définition difficile à appréhender.
"Je m'attendais à quelque chose de différent de sa part, et j'avais ce pressentiment qu'il serait peut-être un petit peu plus agressif. Mais pas à ce point. Il a vraiment, vraiment bien joué pendant les deux premiers sets, même les deux premiers sets et demi. Daniil est un joueur incroyable, un combattant incroyable. Il a passé tant d'heures sur le court dans ce tournoi. Donc je suis un peu désolé pour lui, mais il soulèvera d'autres trophées en Grand Chelem, c'est sûr", a salué Jannik Sinner en conférence de presse, en guise d'hommage à son malheureux adversaire pour la deuxième fois renversé en finale à Melbourne après 2022.
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"Avec l'avènement de Sinner, on va encore plus se régaler"
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Conscient que le temps jouait pour lui
Mais comment l'Italien a-t-il fait pour ne pas paniquer et retrouver de sa superbe ? C'est avant tout une histoire d'expérience accumulée et de paliers franchis ces derniers mois. Dans les moments compliqués où il savait ne pas pouvoir tout maîtriser, il s'est appuyé sur des objectifs simples et des faits : d'abord tenir son service qu'il avait perdu à quatre reprises dans les deux premiers sets (soit deux fois plus que sur le reste du tournoi), puis essayer de rendre le match plus dur physiquement. Parce qu'il était bien conscient que sur ce plan, son avantage était certain.
"En finale, vous avez une motivation supplémentaire, a-t-il expliqué au micro d'Eurosport. Le match allait si vite : après une heure et quart, j'avais deux sets de retard. J'ai essayé de l'allonger le plus possible, je savais qu'il avait beaucoup joué (près de six heures de plus sur ses six premiers matches, NDLR) et que plus ça durait, plus je serais probablement le favori. Il a vraiment bien commencé, en me faisant bouger beaucoup. Je ne pouvais pas faire marcher mon plan de jeu. Mais dans le troisième set, j'étais à l'affût de ces petites opportunités que j'ai saisies et le match a changé d'âme. Je suis vraiment heureux de la manière dont j'ai réagi. Et maintenant, les émotions arrivent. Il y en a tellement. C'est un sentiment incroyable."
En d'autres termes, Sinner a eu le dernier mot à l'usure face à Medvedev, le marathonien de la quinzaine. Mais celui-ci, conscient de ses limites physiques, avait délibérément choisi de faire de cette finale un sprint… qui a finalement duré 3h44. Reste que tant de lucidité chez l'Italien dans une telle situation de stress a de quoi bluffer, et ce malgré ses progrès marquants récemment. Lui-même d'ailleurs n'a pas caché un certain étonnement… tout en restant fidèle à son humilité naturelle.
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Sinner's top 5 shots at the Australian Open
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"Je dois encore le digérer parce que battre Novak en demie et Daniil en finale de Grand Chelem… C'est dur. Donc c'est un grand moment pour mon équipe et moi, mais nous savons aussi qu'il faut continuer à progresser si nous voulons avoir une autre opportunité de soulever un grand trophée à nouveau", a-t-il prévenu. Décidément, le loustic n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Et ce n'est d'ailleurs peut-être que le début de son voyage vers de plus hauts sommets.
Déjà une star en Italie - il suffisait de se rendre compte de l'engouement qu'il suscitait à Turin lors du dernier Masters -, Sinner va fatalement changer encore de dimension. Il sera attendu à chaque tournant dans les tournois les plus importants, que ce soit en Masters 1000 ou en Grand Chelem. Beaucoup le voient d'ailleurs déjà numéro 1 mondial. Alors sera-t-il en mesure de gérer cet environnement ?
"Il y a toujours de la pression, mais c'est bien, a-t-il enfin affirmé, serein. Il faut la prendre positivement. C'est un privilège, non ? Parce qu'il n'y a pas beaucoup de joueurs qui y sont confrontés. Et quand vous en avez, c'est parce que les gens pensent que vous pouvez le faire. J'aime danser dans l'orage de la pression, je ne sais pas comment le dire. C'est à ce moment-là que je sors mon meilleur tennis la plupart du temps. Je suis extrêmement heureux d'être dans cette position. J'ai une super équipe derrière qui sait ce que je dois faire. Darren (Cahill) a beaucoup d'expérience, il a traversé ça de nombreuses fois. Et avec Simone (Vagnoizzi), on parlait déjà après le match de ce qu'on pouvait améliorer."
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