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Open d'Australie : Trois finales de Grand Chelem en un an : comment Aryna Sabalenka s'est stabilisée mentalement
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Publié 26/01/2024 à 16:10 GMT+1
Tenante du titre à l'Open d'Australie, Aryna Sabalenka aborde la finale ce samedi (9h30) face à Zheng Qinwen en grande favorite, tant par son rang de numéro 2 mondiale que par l'impression dégagée pendant la quinzaine. Également en finale à Flushing Meadows, la Biélorusse flanche beaucoup plus rarement qu'auparavant sur le plan mental. Mais comment a-t-elle réussi à dompter ses nerfs ?
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Aborder un Majeur en tant que tenant(e) du titre est à double tranchant. Parfois, les bonnes ondes des exploits passés aident à exprimer la quintessence de son tennis, plus souvent, c'est un statut dont le poids est lourd à porter. Indubitablement, sur cette quinzaine australienne, Aryna Sabalenka fait partie de la première catégorie. Avant de remettre sa couronne en jeu samedi face à Zheng Qinwen (à 9h30 sur Eurosport), elle a traversé sa partie de tableau comme une tornade, ne concédant pas le moindre set et ne laissant que des miettes à ses rivales. Cette sérénité étonne d'autant plus chez la Biélorusse qu'elle n'était pas vraiment du genre à maîtriser ses émotions auparavant.
"Il y a quelques années, en regardant Sabalenka, vous vous demandiez toujours ce qui allait mal tourner, observait après son quart de finale l'ex-joueur britannique Tim Henman, consultant pour Eurosport. Son second service ? Allait-elle se mettre à faire beaucoup de fautes directes en fond de court ? Elle affiche une telle assurance sur le court désormais. Elle frappe la balle de manière si agressive mais avec une certaine sécurité, ce qui fait qu'elle a peu de déchet."
Sabalenka était en effet sans doute la joueuse du Top 10 qui commettait le plus de doubles fautes sur le circuit, une expression de son incapacité à faire face à l'enjeu, notamment en Grand Chelem. Or, en six matches lors de cette édition 2024, elle n'en a fait que 10, ce qui la place en dehors des 20 joueuses qui en ont commis le plus, sa future adversaire en finale menant ce classement peu flatteur (35). Quelque chose a donc indubitablement changé et lui a permis de trouver davantage de stabilité sur ce coup spécifique, et par voie de conséquence dans ses résultats sur les plus grandes scènes.
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Dans le Top 10 ou à ses abords depuis 2018, elle avait dû attendre 2021 pour atteindre la seconde semaine d'un Majeur, avant de buter sur les demies puis d'aller chercher le Graal. Pour franchir ces caps, elle n'a pas eu peur d'explorer ses failles. "J'ai travaillé avec un psychologue pendant quatre ou cinq ans. Et ça aide vraiment, surtout quand on est jeune et qu'on commence à jouer sur le circuit. Mais à un certain moment, le problème c'est que vous commencez à attendre que quelqu'un vous aide, et vous ne réglez pas vos problèmes par vous-même. J'ai juste décidé qu'il fallait que je trouve comment me maîtriser mieux. Et cette décision a été la plus importante pour moi : commencer à assumer la responsabilité de tout ce que je fais", a-t-elle résumé en conférence de presse.
Bien évidemment, Sabalenka n'est pas pour autant devenue du jour au lendemain la joueuse la plus forte mentalement du circuit. Il y a parfois des rechutes comme en demi-finale du dernier Roland-Garros face à Karolina Muchova où la tension s'est emparée d'elle au moment de conclure. Ou plus récemment à l'US Open, quand la pression de la foule a eu raison de ses nerfs alors qu'elle maîtrisait son sujet en finale face à Coco Gauff.
L'expérience et ses échecs jouent désormais en sa faveur
Mais la numéro 2 mondiale emmagasine sans cesse de l'expérience et se sert de ces échecs pour avancer. Face à l'Américaine, elle a ainsi pris une revanche éclatante en restant dans sa bulle, concentrée sur son tennis et sa tactique offensive. Samedi, elle pourrait se dire que le poids des attentes en tant que grande favorite pèsera forcément sur ses épaules. Il n'en est rien.
"Bien sûr, c'est dur d'être la tenante du titre, mais au pire vous allez perdre : il n'y a rien à défendre. Et l'année prochaine, il y aura moins de points à remettre en jeu. Ce n'est pas que j'ignore la pression, mais je me concentre juste sur autre chose et ça marche bien jusqu'ici, a-t-elle constaté après sa demi-finale. Je pense que je suis assez calme intérieurement, comme l'impression que je dégage de l'extérieur. Ça m'aide d'une certaine façon à rester concentrée et à essayer de faire de mon mieux, sans penser à défendre quoi que ce soit."
Finalement, Sabalenka a réglé pas mal de problèmes en changeant son état d'esprit. Au prix d'un gros travail sur elle-même, elle a choisi de voir le verre à moitié plein, de faire un pas de côté pour modifier sa perspective sur les enjeux liés à son métier. Et à force d'être au rendez-vous des derniers tours de Grand Chelem où on l'attend systématiquement, elle peut désormais s'appuyer sur une expérience de choix.
"Emotionnellement, je serai prête à me battre. Je ne vais pas devenir folle, parce que quand vous jouez votre première finale (ce qui sera le cas pour Zheng Qinwen, NDLR), parfois vous être prise par vos émotions et vous vous précipitez. Quand c'est la troisième fois, vous vous dites : 'Ok, c'est une finale.' C'est juste un autre match, et vous êtes capable de mettre l'importance de l'occasion de côté et juste de vous concentrer sur votre jeu. C'est tout, en fait." Simple sur le papier, beaucoup plus compliqué en réalité. Mais Sabalenka a trouvé la clé.
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