Après sa défaite au 1er tour, Stefanos Tsitsipas : "Pourtant, j'ai l'impression d'être un meilleur joueur qu'en 2018"
Eurosport sur GoogleBattu sans discussion possible par le jeune Alex Michelsen dès le 1er tour de cet Open d'Australie (7-5, 6-3, 2-6, 6-4), Stefanos Tsitsipas continue de décevoir après une année 2024 franchement délicate. A 26 ans, le Grec apparaît sans réponse face à cette carrière qui déraille. Malgré lui, il incarne aussi cette "Next Gen" ringardisée.
1. Runde: Michelsen bringt Tsitsipas zu Fall - Highlights
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Est-ce encore une surprise ? Au moment du tirage au sort, beaucoup d'observateurs avaient anticipé deux premiers tours compliqués pour des membres du Top 20. Mardi, Andrey Rublev aura fort à faire face à la pépite Joao Fonseca. Ce lundi, Stefanos Tsitsipas n'a, lui, jamais semblé en mesure d'aller contre le cours de l'histoire, celle du jeune Alex Michelsen, bluffant de maturité et de personnalité au moment de balayer la tête de série numéro 11 dans un premier tour accroché (7-5, 6-3, 2-6, 6-4) mais à l'issue rapidement lisible.
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Révélé à Melbourne en 2018, finaliste en 2023, demi-finaliste à trois reprises, Tsitsipas espérait sans doute que ce tournoi qu'il adore tant lui permette de démarrer un nouveau cycle pour mettre son année 2024, seulement sauvée par son titre à Monte-Carlo, derrière lui. C'est raté. Comme lors du dernier US Open, le Grec a pris la porte d'entrée.
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Tsitsipas, flamme à raviver : "A l'époque, j'en voulais plus…"
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Son long déclin n'en finit plus de durer et, visiblement, il commence à être lassé. Invité à se comparer avec sa version de 2018, l'homme au revers le plus friable du Top 20 a admis une forme de routine pesante : "J'étais plus frais à l'époque, j'avais plus faim avant, explique-t-il. J'avais ce désir de réussir dans le tennis, d'avoir un bon début de carrière. C'est différent aujourd'hui. Je suis bien installé depuis quelques années, j'ai vu le circuit, encore et encore, les mêmes tournois année après année. Je sais ce que c'est. Il y avait une énergie et une dynamique différentes avant."
Quand je suis arrivé en 2018, le jeu était vraiment différent de celui d'aujourd'hui
Cette "faim", il l'avait déjà évoquée au sortir de Roland-Garros en 2022 où il avait quitté le tableau après une défaite face à Holger Rune. Carlos Alcaraz, Jannik Sinner, Holger Rune et maintenant Alex Michelsen : la nouvelle vague du circuit a clairement emporté Tsitsipas au large. Dans cette optique, le Grec est à la fois un symbole, un témoin et une victime de l'époque et du temps qui passe.
Symbole parce que son jeu si enthousiasmant et si romantique semble désormais presque has been pour le circuit. Au-delà de ses failles en revers, sa force de frappe est moindre par rapport aux bombardiers actuels. "Quand je suis arrivé en 2018, le jeu était vraiment différent de celui d'aujourd'hui, ce n'était pas aussi physique, a-t-il avancé en toute franchise à l'heure d'évoquer les ajustements qu'il lui manque. J'ai déjà gagné des matches contre Novak (Djokovic) où j'ai eu le sentiment de bien jouer mais pas forcément d'aller chercher la version la plus extrême de moi-même en termes d'intensité. Aujourd'hui, le jeu a vraiment basculé vers ça."
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"Pour la première fois depuis 10 ans, Djokovic ne sera pas le favori n°1 à Melbourne"
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Dans cette nouvelle donne tennistique, d'autres membres de la "Next Gen" ont su prendre ce virage, à l'image d'un Alexander Zverev franchement redoutable ces derniers mois. Tsitsipas, lui, semble resté à quai. Témoin d'un monde qui change mais surtout victime de celui-ci. "Les marges sont plus infimes, il n'y a plus autant de points gratuits, observe-t-il encore. Les innovations permettent aux joueurs de servir encore plus fort qu'avant. Vraiment, j'insiste sur ça. Il y a quelques années, le jeu était vraiment moins puissant, c'était physique, bien sûr, mais pas autant que maintenant."
Pourtant, il s’estime meilleur qu’avant
Alors, que faire ? Réussir, sans doute, à redéfinir son ADN tennistique. Retrouver des clés pertinentes face à ce monde de brutes où le poète Tsitsipas apparaît désuet et surtout plus vraiment digne d'intérêt à l'heure d'évoquer les potentiels vainqueurs ou simplement les outsiders sérieux. Dans tout ça, Tsitsipas a une qualité : il est lucide sur sa situation.
"Je pense que, comparé à 2018, je suis vraiment un meilleur joueur qu'à l'époque. Même si j'ai perdu aujourd'hui, même si ce n'est pas la meilleure période de ma carrière, j'ai vraiment le sentiment d'être un joueur plus accompli. Par exemple, mes coups étaient franchement moins lourds qu'ils ne sont maintenant, notamment en termes d'effet. Je frappais beaucoup plus à plat et arrosait un peu plus partout. J'ai quand même l'impression que ce genre de jeu serait encore moins efficace aujourd'hui qu'à l'époque."
De cette conférence de presse pleine de sincérité semble se dessiner une inarrêtable chute. Et une forme de fatalité. Roger Federer et Rafael Nadal ont beau être partis, la relève semble encore plus compliquée à dompter pour lui. À 26 ans, Tsitsipas parle presque déjà de lui au passé. Dans ces conditions, difficile de s'imaginer un avenir.
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