Open d'Australie - L'antisèche de Djokovic - Alcaraz : Qui a dit que Djoko était "fini" ?

Eurosport sur Google

Vainqueur de Carlos Alcaraz en quatre sets dans un match qu'il aura globalement dominé (4-6, 6-4, 6-3, 6-4), Novak Djokovic a signé une performance à même de mettre les doutes de 2024 derrière lui. A 37 ans, le Serbe a retrouvé tout son tennis, celui-là même qui a fini par dégouter un Alcaraz impuissant. Cette victoire signe son grand retour aux affaires. Notre antisèche.

Du grand spectacle, un immense vainqueur : le grand format de Djokovic - Alcaraz

Video credit: Eurosport

Le pourquoi du comment

C'est déjà audacieux de douter de Novak Djokovic. Mais douter du "Djoker" à Melbourne relève de la folie. Ce mardi, dans un match très attendu après son année 2024 décevante, eu égard à ses standards en Grand Chelem, le Serbe passait un test. Pour son année 2025 mais plus franchement pour sa quête du 25e Majeur. La prise de pouvoir du duo Sinner – Alcaraz l'an passé, combiné à sa sortie de route précoce à New York, avait dessiné une perte d'influence et un recul dans la hiérarchie. Ce mardi, on efface tout : Novak Djokovic est bien de retour.
Difficile de trouver match plus parlant que ce quart de finale pour attester de ceci. Mieux parti, à l'expérience, Djokovic a vu Alcaraz finalement rentrer dans sa partie avec du retard mais beaucoup d'ambition. Dominant, agressif et créatif, l'Espagnol a réussi à arracher le premier set en breakant à 4-4. Moment choisi par le "Djoker" pour une pause médicale. De retour des vestiaires avec un gros strap à la cuisse gauche, il a multiplié les grimaces, choisi ses coups et ses combats et presque donné l'impression que la fin était proche. Du déjà-vu ? Absolument. Et c'est ce qui est rassurant le concernant.
picture

Djokovic : "Si j'avais perdu le 2e set, je ne sais pas si j'aurais continué"

Video credit: Eurosport

Toujours dans le coup grâce à son service à la fin du second set, il a signé un break blanc absolument délirant pour recoller à une manche partout. La suite ? Du pur et du grand Djoko. Impérial tactiquement, soudainement bien plus fringuant physiquement, bien plus opportuniste tennistiquement, le Serbe a su répondre à l'intensité proposée par Alcaraz et annihiler les points forts de l'Espagnol à l'échange.
Même lorsque tout pointait vers un retour de flamme de l'Espagnol, notamment dans le quatrième et ultime set, après une balle de double break écartée de façon absolument magistrale par Alcaraz, Djokovic n'a jamais perdu le cap. La créativité et la puissance adverse réduites à portion congrue, quelques provocations envers une foule qui ne réclamait que du spectacle et du suspense, le "Djoker" a sorti son plus beau costume pour tuer toute rébellion dans l'œuf. A 37 ans, cet énième classique délivré sur ce court, son court, prouve qu'il ne faut jamais enterrer trop tôt les champions. Mais encore moins Novak Djokovic, l'immortel par excellence.

Le moment-clé

C'est un deuxième set en forme de "quitte ou double" pour Djokovic. Dominé dans la première manche, le Serbe apparaît rincé physiquement et à la limite de l'abandon. En face, Alcaraz tente bien d'éventer le bluff adverse en multipliant les amorties et allongeant les échanges. Mais le "Djoker" refuse de montrer son jeu et reste en vie par la force d'un service dont il faudra franchement réévaluer sa place dans l'histoire tant, dans les moments chauds, il est impeccable tactiquement. Résultat, en serrant les dents, le Serbe réussit à mener 5-4 dans le deuxième set. Derrière, c'est la foudre qui s'abat sur Alcaraz avec trois retours ébouriffants et un break blanc aussi inattendu que salvateur pour Djoko. Le vent a tourné. Pour de bon.
picture

Du pur Djokovic : break blanc, regard noir et retard effacé

Video credit: Eurosport

Le point du match

Les spectateurs de la Rod Laver Arena ont sans doute espéré qu'il s'agirait d'un nouveau tournant dans ce match, à même de faire passer ce duel dans une autre dimension avec un cinquième set au couteau. A 4-2 pour Djokovic dans le cinquième set, le Serbe parvient à se procurer une balle de double-break. 33 coups plus tard, Alcaraz efface celle-ci en remettant Djokovic dans les cordes. Insuffisant pour l'envoyer au tapis.
picture

33 coups pour un rallye d'exception : Alcaraz sauve une balle de double break

Video credit: Eurosport

La stat : 50

Comme le nombre de demi-finales en Grand Chelem disputées par Novak Djokovic en carrière. C'est évidemment un record (46 pour Federer, 38 pour Nadal) mais le plus ahurissant réside ailleurs. En convertissant ses 50 demies en 24 titres, le "Djoker" est presque à 50% de réussite finale à ce stade de la compétition. Dément.

La décla : Novak Djokovic sur sa blessure à Eurosport

"C'est vrai que, dans ce genre de situations, il faut en faire plus. Je ne voulais pas rester trop longtemps dans les rallyes. J'ai vu qu'il regardait de mon côté, qu'il observait comment je bougeais. Il a tenté quelques amorties, a essayé de me tester. Donc j'ai tout fait pour rester en vie et jouer mon jeu quand j'avais une ouverture. Ça a payé. J'ai joué un jeu incroyable à 5-4 dans le deuxième set. Après ça, tout est devenu plus simple, avec le vent dans le dos."

La question : Ce succès refait-il de Djokovic le favori ?

Qui a dit qu'il était fini ? Ces derniers mois, la fin du "Big Three", matérialisée encore un peu plus par le départ de Rafael Nadal, avait un peu malgré lui associé Novak Djokovic à la fin d'une époque. Ceci est toujours vrai. Si 2024 a marqué un changement, avec la naissance d'un duopole Alcaraz - Sinner, il serait présomptueux d'acter la fin de l'ère du "Djoker". Le Serbe, bien sûr, n'est plus aussi dominant qu'avant, plus aussi souverain sur tous les terrains. Mais, ce mardi l'atteste plus que jamais : dans les moments chauds, il reste encore une référence imprenable.
Cette victoire, sans pour autant chambouler tous les pronostics, a le mérite de replacer l'église Djokovic au milieu du village ATP. Encore une fois, il faudra compter sur lui. Sa capacité de résilience, son expérience, ses ressorts psychologiques : tous les voyants sont au vert même si l'évolution de sa blessure, comme il l'a expliqué en conférence de presse, conditionnera beaucoup de choses. Mais cette victoire n'est qu'une étape.
picture

C'était "prime" Djokovic : sa balle de set ahurissante face à Alcaraz

Video credit: Eurosport

Après le N°3 mondial, Djokovic va se frotter au N°2 puis, potentiellement, au N°1 mondial. Jamais, dans l'ère Open, un joueur n'a réussi à remporter un Majeur après une telle série. Le genre de défis qui ne fait pas peur au Serbe. Mais, plus que des numéros, il faut aussi s'attarder à l'identité des joueurs derrière eux. Alcaraz, par son style de jeu, est sans doute le match-up parfait pour Djokovic, son opposé le plus pur mais également celui contre qui ses armes sont les plus efficaces. L'identité "tout feu tout flamme" de l'Espagnol a d'ailleurs été sa principale limite ce mardi.
Comme il ne fallait pas enterrer le "Djoker", il ne faut pas non plus négliger ses concurrents à venir. Face à Zverev, mais encore plus face à Sinner, l'opposition sera différente et peut-être plus embêtante pour le Serbe. Après tout, en 2024, l'Italien a parfois été surnommé le "Djokovic 2.0". A ce dernier de prouver qu'il a encore la fibre. Celle qui lui permet de survivre à tout pour tout rafler in fine.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité