Open d'Australie : Nouvelles zones pour les entraîneurs, les "coaching pods" sont-elles le futur inévitable du tennis ?
Publié 14/01/2025 à 11:35 GMT+1
L'Open d'Australie a décidé cette année d'aménager des espaces spéciaux pour les entraîneurs dans les coins des grands courts, les "coaching pods". Une manière assumée de donner encore plus d'importance et de poids aux entourages dans le scénario d'un match. L'initiative ne fait pas l'unanimité, mais elle s'inscrit dans une suite logique : le coaching prend de plus en plus de place dans le tennis.
Djokovic : "C'était un peu étrange d'avoir Murray dans ma box"
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Andy Murray dans le coin de Novak Djokovic. C'est l'image que tout le monde attend depuis l'annonce de la collaboration entre les deux hommes voici quelques semaines. Mais ce que le grand public ne savait pas au moment de l'annonce, c'est que l'Ecossais aurait à gérer les potentielles sautes d'humeur du Serbe de plus près que prévu. Pour son édition 2025, l'Open d'Australie a ainsi aménagé deux espaces sur les grands courts, dans des coins opposés en diagonale, pour que les coaches s'installent (jusqu'à 4 personnes autorisées). Ils ne sont donc plus forcément cantonnés à leur fameuse "box" en tribune, du moins s'ils le veulent.
Ces "coaching pods" font forcément parler et ont déjà leurs grands fans, comme Djokovic lui-même qui a annoncé avant même le tournoi que Murray s'y installerait. Mais d'autres sont moins emballés, à l'image d'Aryna Sabalenka. "Je ne suis pas une grande fan de cette décision. Ou si vous faites ça, alors faites en sorte qu'il y ait plus de sièges. Personnellement, j'aime voir mon équipe en entier dans ma box. Pour moi, c'est important. Parfois, je veux juste regarder mon petit ami pour être soutenue par exemple, je ne veux pas forcément regarder mon coach en premier, puis regarder en tribune", a-t-elle expliqué en conférence de presse après sa qualification pour le 2e tour.
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Créer des histoires périphériques au spectacle tennistique
Directeur du tournoi, Craig Tiley s'est aussi exprimé sur cette innovation dont il est à l'initiative. Il s'agit pour lui de donner plus de place et de notoriété aux coaches pour rendre les matches plus divertissants. Une manière de créer de l'événement, des histoires, voire des polémiques périphériques au simple spectacle tennistique, des arguments chers à Patrick Mouratoglou entre autres.
Plus globalement, ces nouveaux emplacements sont l'étape suivante assez logique du choix politique fait par les instances voici plus de deux ans d'autoriser le coaching. D'ailleurs, au-delà de leur simple présence sur le court, les coaches disposent d'écrans qui leur fournissent des données et des statistiques en temps réel sur le match. De quoi les aider encore davantage dans leurs conseils et l'orientation tactique à donner à leurs protégés. D'autres stars du circuit féminin y voient d'ailleurs un gain en cohérence.
"Je préfère cette configuration à ce qui se passait il y a quelques années quand le coach devait venir sur le court une fois par set ou quelque chose comme ça. Je pense que c'était un petit peu bizarre. J'aime quand vous pouvez dire ce que vous voulez quand vous voulez. Pour moi, ça va. Et j'ai donné le choix à mes coaches. Je ne savais pas ce qu'ils allaient choisir avant de les voir dans le coin quand je suis rentrée sur le court. Je ne parle pas beaucoup à mes coaches en match, mais j'aime recevoir des conseils", a observé Coco Gauff.
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C'est à nous de décider si nous voulons l'utiliser ou pas
Et Iga Swiatek de souligner le côté pratique de cette innovation : "Depuis que le coaching a été autorisé, c'était vraiment sympa sur les plus petits courts. Mais dans les grandes enceintes, c'était impossible d'entendre le coach de toute façon. Maintenant, ça a plus de sens, parce que vous pouvez en bénéficier dans les deux cas. C'est à nous de décider si nous voulons l'utiliser ou pas. Si vous communiquez bien avec votre coach, ça a des chances de bien marcher."
Dans cette dynamique, la nature profonde du jeu – celle d'un sport individuel où l'on doit être capable de trouver des solutions par soi-même – est de fait altérée. Nick Kyrgios, dont le mode de fonctionnement sans coach est il est vrai particulier, l'a d'ailleurs regretté pour sa part, expliquant que cet aspect faisait du tennis un sport à part. Il n'empêche, une orientation a été choisie, au risque de l'artifice. Et si ce coaching-spectacle prenait le pas sur le jeu lui-même, voire créait des conflits entre joueurs et staff opposés ?
"Si vous êtes respectueux, les membres de l'équipe adverse ne vous disent rien quand vous êtes de leur côté, et je ne leur dis rien non plus. Je n'ai jamais eu personnellement cette expérience sur le court où ils vous dérangent", a assuré Gauff. Tandis que Stefanos Tsitsipas, pourtant grand défenseur du coaching, a assuré qu'il avait des "choses plus sérieuses auxquelles penser". Rien ne dit effectivement que ces "coaching pods" ont vocation à être généralisés à l'avenir. A ce stade, il ne s'agit que d'une curiosité. Un gadget même, pour ses détracteurs.
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