Roland-Garros 2013 : Rafael Nadal, le calme après la tempête ?

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Rafael Nadal lutte contre l'adversité, comme toujours. Mais dans ce Roland-Garros, il mène surtout un combat contre lui-même et cette nervosité qui l'étreint.

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Crédit: Eurosport

C'est le mal du siècle. Celui de l'homme moderne. L'homme pressé. L'homme stressé. Un mal qui touche jusqu'aux plus éminentes stars du tennis. Prenez Rafael Nadal. Comme monsieur tout le monde quand il va au bureau, le Majorquin a parfois du mal à composer avec une certaine nervosité à l'heure d'entrer sur le terrain. On n'ira pas jusqu'à dire qu'elle lui pourrit la vie dans ce Roland-Garros. Mais elle la lui complique à tout le moins. Plus encore que ses quatre premiers adversaires, c'est avec lui-même que Nadal est en lutte depuis le début de la quinzaine. Il a même probablement été son principal adversaire jusqu'ici. "C'est vrai, la première semaine, la nervosité s'est emparée de moi", a-t-il confirmé après sa victoire face à Kei Nishikori, lundi.
Est-ce à dire qu'il est totalement débarrassé de ce mal? Il s'est atténué, en tout cas. "Contre Nishikori, j'ai fait des mouvements plus sereins, estime-t-il. Je n'ai pas fait de gestes brusques dus au stress comme à plusieurs reprises auparavant. C'est une série de petits détails, parfois on ne se rend pas compte mais cela fait une vraie différence. Voilà ce que j'ai réussi à faire lundi. Il faut que je continue comme ça." Bien sûr, tout le monde se demande depuis le début du tournoi d'où peut venir ce déficit de sérénité. Il y a ce genou gauche, objet de toutes les attentions. Mais Nadal n'a de cesse de répéter que tout va bien à ce niveau-là. Alors, pourquoi ce stress, sachant qu'il est arrivé en pleine confiance avec six titres et deux finales en huit tournois depuis son retour? Probablement parce que l'excellence de ses résultats récents a écarté un peu vite le fait qu'il est encore en phase de reconstruction après son absence de sept mois.
Rafa le philosophe
Oui, Nadal a gagné des tournois depuis le mois de février. Mais ici, c'est un Grand Chelem. Le premier pour lui depuis quasiment un an. Avec ses enchainements de match. Malgré les titres, il n'est probablement pas arrivé à Paris avec les mêmes certitudes que d'habitude. Puis toute une série de petites choses ont transformé ce manque de repères en nervosité. Il a été cueilli à froid par Brands, face auquel il a eu du mal à régler son tennis. La météo l'a enquiquiné, l'empêchant de s'entrainer où, quand et comme il l'avait prévu. Pas de drames. Juste des petits tracas, dont il semble s'être fait une montagne. Vu de l'extérieur, il semblait effectivement tendu. Il s'en est ouvert pour la première fois après son match face à Fognini. Peut-être parce qu'il percevait un léger mieux.
On dit souvent que prendre l'acceptation de la maladie marque le premier pas vers la guérison. Visiblement, ça a été très vite son cas. "Ce qui est important, explique-t-il, c’est d'accepter cette situation. Il faut essayer de s'améliorer en la matière, de bien contrôler ses nerfs. Il faut garder son calme." Alors, Nadal se soigne. Il philosophe: "Je pense que tout le monde est nerveux, fébrile. La pression est là de toute façon. Parfois, c'est un peu idiot parce qu'on s'énerve pour des choses qui comptent beaucoup pour nous mais vous savez, la vie est plus importante que de perdre ou gagner un match. Lorsque vous avez la possibilité de méditer là-dessus, de réfléchir là-dessus, vous vous sentez idiot, la pression pour un match de tennis, cela paraît inepte." Le discours est difficilement contestable mais il ne suffit pas toujours à éradiquer le problème.
"C'était primordial pour moi de baisser ce niveau d’anxiété"
Ce n'est en réalité qu'en toute fin de semaine, dimanche, que l'Espagnol parait avoir trouvé un semblant de quiétude. "C'était primordial pour moi de baisser ce niveau d’anxiété, poursuit le champion de Manacor. Il fallait que je travaille. Dimanche, je me suis entraîné, c'était très positif." Il dit aussi avoir réalisé un excellent échauffement lundi matin. Ce n'est donc pas un hasard si le Nadal vu contre Nishikori n'était plus tout à fait celui des tours précédents. Le septuple vainqueur de Roland-Garros a retrouvé un peu cette zone de confort dans laquelle il a besoin de s'installer pour redevenir lui-même. "Lundi, je suis sorti du court content et avec un grand espoir, souffle-t-il. Je sais que je m'améliore de jour en jour."
Le plus dur est-il derrière lui? En termes d'opposition, bien sûr que non. Les gros morceaux arrivent. Mais pour se hisser en quarts, Nadal a dû composer avec cinq adversaires: Brands, Klizan, Fognini, Nishikori et ses nerfs. Le dernier combat a été le plus rude. Mieux vaut qu'il soit complètement gagné. Car s'il n'est pas en paix avec lui-même, il aura du mal à faire la guerre aux autres. 
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