Roland-Garros 2026 - Alexander Zverev : simple "one shot" ou changement de dimension pour de bon après son titre ?

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Les lendemains chanteront-ils pour Alexander Zverev ? Délivré à jamais du poids de l'absence d'un titre en Grand Chelem après sacre à Roland-Garros, l'Allemand devrait gagner en sérénité sur les plus grandes scènes dans les mois et les années à venir. À charge pour lui de faire fructifier ce premier couronnement pour aller plus loin.

Un titre au rabais pour Zverev ? "Il n'a pas choisi ses adversaires..."

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Voilà, ça, c'est fait. Alexander Zverev tient son Grand Chelem. Libéré d'un poids gigantesque, délivré du regard et des commentaires des autres, l'Allemand peut passer à autre chose. La question est de savoir ce qu'il fera de cet autre chose. Alors que commence ce lundi le premier jour du reste de sa carrière, donnera-t-il un lendemain à ce 7 juin 2026 ? Une petite sœur à cette coupe des Mousquetaires avec laquelle il est repartie ? Tel est désormais l'enjeu pour lui.
La question se pose avec d'autant plus d'acuité que décrocher son premier titre du Grand Chelem à 29 ans n'est pas chose commune. Les primo-accédants plus vieux que lui à cette confrérie sont rarissimes. Voici l'âge des vainqueurs de Grand Chelem au moment de leur premier titre depuis l'émergence du Big 3 :
. Roger Federer : 21 ans et 11 mois
. Rafael Nadal : 19 ans
. Novak Djokovic : 20 ans et 8 mois
. Juan Martin Del Potro : 20 ans et 11 mois
. Andy Murray : 25 ans et 4 mois
. Stan Wawrinka : 28 ans et 10 mois
. Marin Cilic : 25 ans et 11 mois
. Dominic Thiem : 27 ans
. Daniil Medvedev : 25 ans et 7 mois
. Carlos Alcaraz : 19 ans et 4 mois
. Jannik Sinner : 22 ans et 5 mois
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Zverev enfin délivré ? Il va vouloir aller chercher d'autres titres majeurs face aux meilleurs"

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Gimeno, Gomez, Ivanisevic… et lui

Alexander Zverev est donc le plus vieux et même d'assez loin, à l'exception de Stan Wawrinka et, à un degré moindre, de Dominic Thiem. Pour trouver trace d'un nouveau lauréat plus âgé, il faut remonter à 2001 avec le sacre de Goran Ivanisevic à Wimbledon. Le Croate était à deux mois de son 30e anniversaire. Dans l'ère Open, outre Ivanisevic, seuls Andres Gomez (30 ans) et Andres Gimeno (35 ans) étaient plus vieux en ouvrant leur palmarès majeur. Mais dans le cas du dernier nommé, il convient de rappeler qu'il n'a pas joué de tournoi du Grand Chelem entre 1961 et 1968 (soir entre 24 et 31 ans), professionnalisme oblige.
Si Zverev n'est pas tout à fait un cas unique, sa trajectoire n'en reste donc pas moins assez peu commune. Pour ses trois prédécesseurs "papys", Ivanisevic, Gomez et Gimeno, ce premier titre fut aussi le dernier. Dès lors, l'Allemand est-il lui aussi condamné au "one shot" ? Son cas s'apparente un peu à celui de Dominic Thiem. L'Autrichien avait certes deux ans de moins, mais lui aussi avait bénéficié de certaines circonstances (absences de Nadal et Federer, exclusion de Djokovic…) pour atteindre le Graal. Loin de constituer un tremplin, sa victoire à l'US Open en 2020 avait en réalité marqué son sommet. Derrière, il n'avait plus gagné d'autre grand titre. Il n'avait même plus rejoué le moindre quart de finale.
"Bien sûr, Thiem a eu ces problèmes au poignet, mais je crois quand même qu'il avait aussi un peu perdu le feu sacré une fois arrivé en haut de la montagne, estime le consultant d'Eurosport, Mats Wilander. Donc ça va être intéressant de voir ce que Zverev fait de cette victoire dans le futur. Il y a deux possibilités : ou il aura du mal à se remotiver après une telle délivrance, ou bien cela va complètement lui ouvrir de nouveaux horizons en lui donnant l'espoir d'être membre d'une sorte de nouveau 'Big 3'".
Évidemment, le nouveau détenteur du titre à Roland-Garros préfère envisager la seconde hypothèse. Il espère aborder de façon beaucoup plus sereine ces grands tournois et ces grands matches. "Peut-être, oui, a-t-il avancé dimanche soir. Ça avait été le cas très tôt pour moi en Masters 1000, parce que j'en ai gagné un à 20 ans. J'avais eu ce déclic très vite, alors qu'en Grand Chelem, cela m'a pris beaucoup plus de temps." "Ça donne l'impression que, puisque vous l'avez déjà fait, une autre victoire est possible. C'est la première chose à laquelle on pense : 'Je peux le faire ? Ce n'est pas si difficile, finalement.' Ça paraît bête, mais c'est vraiment ce que j'avais ressenti", explique Mats Wilander en évoquant son expérience personnelle.
Peut-être que ça va me donner un certain sentiment de liberté, que je serai plus calme
C'est également ce qu'avait vécu Stan Wawrinka dans les années 2010. Le Suisse, qui a dû attendre 28 ans pour atteindre ne serait-ce que sa première demi-finale majeure, a ensuite décroché trois Grands Chelems en trois ans. Parce qu'il savait qu'il était capable de le faire… une fois qu'il l'avait fait. C’est aussi simple que ça. Sa manière de gérer les grands matches n'était plus la même. "Une fois que vous êtes passé par là, avait-il confié, vous avez cette forme de certitude presque instinctive."
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Alexander Zverev, le gran dsoulagement.

Crédit: Getty Images

Personne ne peut savoir si Sascha Zverev doublera la mise à l'avenir, mais s'il doit revenir en finale, il sera sans doute beaucoup moins tétanisé qu'il ne le fut dimanche face à Flavio Cobolli. "Quoi qu'il arrive maintenant, je serai toujours un vainqueur en Grand Chelem, et personne ne pourra me l'enlever, rappelle-t-il. Alors, oui, peut-être que ça va me donner un certain sentiment de liberté, que je serai plus calme lors de ma prochaine finale, parce que même en cas de défaite, j'aurais toujours ce titre. Si j'avais perdu aujourd'hui (dimanche, NDLR), ça aurait été terrible pour ma confiance. Mais maintenant que je l'ai gagné, j'ai l'impression que je peux le refaire."
Il subsiste toutefois une interrogation : un joueur comme Wawrinka, par exemple, avait conquis son premier Majeur en battant Rafael Nadal en finale. On nous objectera que l'Espagnol était diminué physiquement, sauf qu'il avait aussi sorti Novak Djokovic en quarts, et le Serbe était en pleine forme et triple tenant du titre. Non seulement sa victoire à Melbourne avait fait comprendre au Vaudois qu'il avait le cuir assez épais pour gagner un Grand Chelem, mais son parcours lui avait aussi apporté la conviction qu'il pouvait terrasser les meilleurs, ceux qui lui semblaient auparavant intouchables.
Zverev ne repart pas avec cette double conviction. Elle est à facette unique pour l'heure. Pour aller chercher la coupe des Mousquetaires, il a battu Cobolli, pas Sinner. Jodar, pas Alcaraz. Mensik, pas Djokovic. La question n'est pas de savoir si cela doit ôter quelque chose au mérite qui est le sien et, comme écrit par ailleurs, ce serait un mauvais procès à lui intenter. En revanche, cela retranche une partie de son bénéfice futur et des certitudes qui pourraient être à présent les siennes. Il n'a plus battu Alcaraz depuis 2024 et Sinner depuis 2023. Et cela, le dernier Roland-Garros n'y a rien changé. Il n'en reste pas moins que la tranquillité d'esprit qui va désormais être la sienne constitue un incroyable luxe, dont il va pouvoir jouir pleinement. Ce sera son côté nouveau riche.
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"Cobolli a raté la plus belle occasion de sa carrière"

Video credit: Eurosport


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