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Roland-Garros 2013: Rafael Nadal a laissé passer l'orage face à Daniel Brands
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Publié 27/05/2013 à 19:18 GMT+2
Rafael Nadal a essuyé un orage inattendu lors de son premier tour face à Daniel Brands, lundi. Il l'a laissé passer avant de s'en tirer en quatre sets.
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Crédit: Eurosport
Bien sûr, il y avait eu le précédent John Isner. Il y a deux ans, le géant américain avait remporté deux tie-breaks dans les deuxième et troisième sets pour s'installer aux commandes. C'était un premier tour, déjà, et Rafael Nadal avait connu une petite chaleur. Pour autant, personne n'imaginait vraiment sérieusement que l'Espagnol puisse être mis en danger par Daniel Brands lundi pour son entrée dans ce tournoi 2013. Un Brands méconnu, y compris de Nadal lui-même. "Je ne l'avais pas vu beaucoup jouer par le passé, a-t-il admis. Mais avec un tel niveau de jeu, je ne comprends pas pourquoi il n'est pas mieux classé à l'heure actuelle".
L'Allemand n'avait effectivement pas le profil d'un 59e mondial lundi sur le Philippe-Chatrier. Mais Nadal, maltraité par Lukas Rosol l'an dernier à Wimbledon, est bien placé pour savoir que le classement, parfois, ne veut plus dire grand chose. Le Majorquin assure pourtant ne pas avoir pensé au précédent Rosol. Pour lui, les deux matches n'ont rien en commun. "La situation était différente, juge le natif de Manacor. Mon jeu est complètement différent de celui d’il y a un an à Wimbledon. Je n'ai pas très bien joué Wimbledon l'année dernière, alors que j'ai bien joué aujourd'hui. Rosol, je lui ai donné l'opportunité de jouer un cinquième set et là, il a joué à un niveau absolument incroyable. Avec un tel niveau, je n'ai pas pu l'emporter." En fait, il n'a pensé à rien. Ni à Rosol, ni à Robin Söderling, son unique bourreau à Roland-Garros et le dernier, avant Brands, à avoir pris le premier set face à lui à Paris. "Très sincèrement, je ne sais pas à quoi cela m'a fait penser. Je crois que ça m'a fait penser surtout... à Brands. Je ne le connaissais pas. J'ai appris à le connaitre."
Nadal: " À deux sets zéro, je ne dis pas que je n'aurais pas eu ma chance mais..."
Et pour un premier rendez-vous, il n'a pas été déçu. L'Allemand l'a agressé en permanence. Un jeu à haut risque, mais probablement le seul à pouvoir perturber Nadal sur terre. "Il frappait sur toutes les balles, témoigne l'Espagnol. Il frappait dès la première balle et souvent, je n'avais pas le temps de mettre mon jeu en place, de m'organiser. Il est arrivé sur le court avec cette tactique à l'esprit, frapper à 100% sur toutes les balles. Le problème, ce n'est pas tant la tactique que l'exécution des coups. Mon problème, c'est qu'il avait un gros taux de réussite." "Lorsque vous affrontez Rafa, confirme Daniel Brands, il faut faire preuve d'agressivité dès le départ. Il s'agit d'exercer de la pression, il faut le faire pratiquement tout le temps. C'est l'objectif principal lorsqu'on joue contre lui et si vous y parvenez vous avez la possibilité de le bousculer, de rivaliser avec lui." Le moins que l'on puisse dire, c'est que, pendant les deux premiers sets, l'Allemand a réussi son pari au-delà de toute espérance.
Lorsqu'il a mené 3-0 dans le tie-break du deuxième set après avoir empoché le premier, un petit frisson de stupeur a parcouru le central. C'est là que Nadal a été grand, et que Brands a affiché une petite faiblesse. Petite, mais suffisante. "Il a fait une erreur à 3-2 au tie-break avec son revers, estime Nadal. Et puis à 5-4, je pense que j'ai joué deux points énormes : un coup droit décroisé le long de la ligne et un revers décroisé le long de la ligne. J'ai exécuté deux coups fantastiques qui ont fait tourner le match. À deux sets zéro, je ne dis pas que je n'aurais pas eu ma chance parce que je pense que de toute façon, il faut saisir toutes les occasions et je me serais battu, je me serais accroché, mais j'aurais joué avec beaucoup de pression pendant tout le reste du match."
Dans ce tie-break si déterminant, en quelques secondes et autant de coups, la vie venait de reprendre son cours normal. Un break en début de set a ensuite suffi à Nadal pour mettre fin à la plaisanterie. Pas question de commettre la même erreur que contre Rosol à Wimbledon. Cette fois, il n'y a pas eu de cinquième set. A Roland-Garros, Nadal possède une marge supplémentaire. Elle lui a été bien utile lundi. L'essentiel pour lui était de ne pas paniquer. "Je pense que tout au long de ma carrière, explique-t-il, j'ai eu plusieurs matches de cette sorte, ce sont des choses que l'on doit accepter dans une carrière. Il faut avoir l'humilité suffisante pour savoir que ton adversaire à ce moment-là joue beaucoup mieux que toi, attendre que la ça change et essayer de trouver des solutions, être tout à fait concentré. Je crois que c'est la seule façon de passer un match comme cela. Et moi j'ai eu la chance d'avoir cette capacité aujourd'hui." L'orage est passé. Le coup de tonnerre n'a pas eu lieu.
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