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Roland-Garros 2014 : Nadal a le temps de se faire peur, mais pas de perdre

Nadal a le temps de se faire peur, mais pas de perdre

Le 04/06/2014 à 21:21Mis à jour Le 05/06/2014 à 00:00

Rafael Nadal a lâché le premier set de son quart de finale contre David Ferrer (4-6), le premier de son tournoi. Mais il a ensuite maté la rébellion sévèrement (6-4, 6-0, 6-1), en quarts de finale de Roland-Garros. L’octuple vainqueur de Roland-Garros a étouffé Ferrer dans les trois dernières manches. Il retrouvera Andy Murray en demi-finale.

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Rafael Nadal ne rendra pas une copie parfaite à la fin de son Roland-Garros 2014. Il a abandonné le premier de son quart de finale, et de son tournoi, à son compatriote David Ferrer, plus décomplexé que jamais (4-6), mercredi soir dans le vent frais du Suzanne-Lenglen. Cela dit, Rafa n’était pas là pour arrondir son bilan statistique, mais bien pour accéder aux demi-finales, ce qu’il finit par faire une autorité étourdissante, infligeant ensuite un 6-4, 6-0, 6-1 à la tête de série numéro 5, dont on ne sait plus trop, finalement, si elle a vraiment fait mieux que la finale expéditive de la saison passée, tant les deux derniers tiers du match furent un calvaire.

Si Ferrer n’en aura pas fait assez pour pousser Nadal dans ses retranchements, il l’aura obligé à faire du "vrai Nadal". Murray, Djokovic et Gulbis sont prévenus : le vrai Nadal est capable de s’exprimer cette saison à Roland-Garros. Le vrai Nadal ? Longueur de balle, coup droit brutal, capacité à tourner autour du revers, et combativité phénoménale qui lui a permis de ne jamais laisser Ferrer installer sa supériorité plus de quelques minutes. Nadal n’a jamais été véritablement lâché au score, n’a jamais subi de série de points, même quand tout n’allait pas pour le mieux, même quand on le vit, promis, reculer sur des balles qu’il aurait dû écraser de toute son autorité. Tout ceci n’a pas duré.

Ferrer a lâché prise de façon spectaculaire

David Ferrer aura soutenu la comparaison, et même mieux que ça, pendant une petite heure. Ces 49 minutes, durée du premier set, ont suffi à faire passer le vent d’une possible sensation. Ferrer a parfaitement su surfer sur la crainte qu’il inspirait visiblement à Nadal pour s’installer dans le terrain, justifier sa réputation de "poux" capable de tout ramener sur le court, et pour réussir les coups gagnants qu’appelaient ses beaux décalages. Mais jouer Nadal au meilleur des cinq manches est une épreuve physique et psychologique phénoménale. Le numéro deux espagnol n’a pas été capable d’éviter du déchet même au milieu de ses points les mieux acquis. Il n’a pas réussi à garder son service au début de deuxième set. Il n’a bientôt plus été en mesure de soutenir la longueur des échanges, et encore moins de les dicter. Il lâcha prise de façon spectaculaire.

Comme s’il se sentait pressé par la nuit menaçante, Nadal a irrésistiblement pris la main, comme dans un bras de fer qui commence timidement mais où le plus fort des deux finit par tout écraser. David Ferrer a évité la double bulle pour finir grâce à un debreak acquis dans la douleur. Il avait déjà laissé passer trois occasions sur le jeu de service précédent de Nadal, gâchées par manque de lucidité, déjà bien groggy. La tête de série numéro 1 a bien ralenti quelques deuxièmes balles, comme lors de ses tours précédents, mais si son dos l’a empêché de faire quelque chose ce jeudi, on aimerait bien savoir quoi. Ferrer aussi.

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