Tout d’abord comment allez-vous ? Pouvez-vous jouer au tennis ?

Oui, je rejoue. Il a fallu quasiment quatre ans avant que je ne me remette complètement. Je peux vous dire que cela a été très dur, notamment au début quand j'ai essayé de faire autant de retours et que j'ai toujours eu des problèmes. Maintenant, je suis heureux. Je coache, j'entraîne Elias Ymer, un joueur suédois. J'en profite, et cela me maintient en forme. J'ai toujours aimé jouer au tennis, et j'aime toujours y jouer. Parfois, c'est sympa d'ailleurs de jouer pour le plaisir, sans avoir la pression.

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De toute évidence, on parle encore de votre victoire contre Rafa en 2009. Pouvez-vous nous dire ce qu'il faut pour gagner contre lui ? On avait l'impression que vous étiez quasiment en transe ce jour-là !

Je pense que pour le battre, sur terre battue, c'est très difficile, encore plus en cinq sets. Il faut que ce soit un joueur qui joue très bien. Pour gagner contre lui sur terre battue, la seule solution, c'est d'être vraiment agressif. J'ai regardé Schwartzman hier [mercredi, NDLR], il a joué de manière très agressive dans le premier set. Peut-être a-t-il eu un peu de malchance avec la pluie, mais c'est une tâche extrêmement difficile. Il faut prendre beaucoup de risques. Bien entendu, c'est le favori, mais rien n'est impossible.

Il n’empêche, neuf ans plus tard, il semble désormais impossible à battre au meilleur des cinq sets sur terre battue…

Oui, il a gagné ici dix fois. Il est encore le favori. Il a de fortes chances de gagner une onzième fois. Je ne pense pas que dans ma vie, j'aurai la possibilité de revoir quelqu'un faire la même chose. C'est très impressionnant, parce que même s'il a déjà gagné dix fois, il est là pour gagner la onzième fois. Il a l'air d'avoir encore plus envie, plus faim, comme on dit. Il n'a pas perdu sa motivation. C'est fantastique à voir.

Si Roger n'avait pas gagné Roland-Garros, il serait ici

Si vous étiez le coach d’un joueur qui affronte Nadal, quels conseils lui donneriez-vous ?

Je lui dirais qu'il faut qu'il joue comme Schwartzman a joué au premier set. Il a démarré le match avec une grande agressivité. Rafa était un peu surpris de se retrouver face à ce jeu agressif. Parfois, on voit quand Rafa commence à hésiter. Je pense qu'il n'a pas joué de manière aussi agressive au premier set que dans beaucoup de ses matches. Je dirais qu'il faut qu'il subdivise le match. Il ne faut pas trop qu'il pense à tout ce qu'il a à faire. Si on se dit, il faut gagner trois sets contre Rafa, c'est difficile ! Je pense qu'il faut se dire 'on va gagner point par point', et prendre des risques. Ce n'est pas grave s'il fait plus de fautes directes, cela n'a pas d'importance. Il est bon qu'il montre à lui-même, à Rafa et à tout le monde qu'il est sur le court pour gagner.

Même de très grands joueurs, quand ils se retrouvent face à Rafa sur terre battue, ou même sur les autres surfaces, on voit qu'ils ne croient pas à 100% qu'ils peuvent gagner. Ils espèrent gagner, mais ils n'y croient pas vraiment. Souvent, certains des grands joueurs gagnent certains matches avant même d'être sur le court. Il est donc important de montrer à tous que vous êtes sur le court pour gagner !

Nadal battu par Söderling

Crédit: Eurosport

Pensez-vous qu'en 2009, vous avez changé l'histoire en gagnant contre Rafa, et permettant à Roger de gagner ici ? Vous a-t-il remercié ?

Non, j'attends toujours ses remerciements (rires) ! Je pense que quand il a vu que j'avais gagné contre Rafa, il était content, bien entendu ! Il l'aurait peut-être battu en finale, on ne sait pas. Ce qui a changé, je pense, c'est que si Roger n'avait pas gagné Roland-Garros à ce moment-là, il serait encore ici. Mais décider de ne plus jouer désormais sur terre battue, c'est une bonne décision, parce que cela lui permet d'essayer de prolonger sa carrière le plus possible. Mais je pense que s'il n'avait pas remporté ce titre à l'époque, il serait encore ici.

Comment expliquez-vous la longévité de Rafa et de Roger, ils ont 36 et 32 ans, et ils sont toujours à ce même niveau, avec cette même rage de gagner ?

Ce sont des personnes différentes de nous tous, je pense ! Notamment Rafa, qui s'est toujours battu dans sa carrière. Il a eu des blessures, mais il est toujours revenu. Tous les deux, y compris Roger, essaient de réduire, par exemple, le nombre de tournois qu'ils font pour échelonner et organiser leur carrière au mieux. Mais c'est assez incroyable de voir encore cette rage de vaincre. Ils ont tout gagné, et ils ont tout gagné non pas une fois, mais à de nombreuses reprises. Et ils ont encore envie !

Mais je pense que la rivalité entre eux sur les courts les a aidés. Je pense que c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles ils jouent encore.Je crois qu'ils veulent tous les deux continuer pour gagner plus que l'autre. Roger par exemple doit se dire 'si je prends ma retraite maintenant (ou bientôt) et que Rafa continue à jouer, il va battre mes records...

Rafael Nadal et Roger Federer

Crédit: Eurosport

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