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Les 10 matches qui ont marqué les années 2010 à Roland

Les 10 matches qui ont marqué les années 2010 à Roland

Le 10/06/2019 à 18:55Mis à jour Le 10/06/2019 à 18:56

ROLAND-GARROS - Avec la fin de l'édition 2019, le Grand Chelem parisien a tourné le dos aux années 2010, marquées par la transformation tardive, et toujours en cours, du stade. Ce sont aussi des centaines de matches en dix ans. Parmi tant d'autres, nous en avons retenu dix, hommes et femmes confondus. Choix subjectif, bien évidemment, entre esthétisme, émotions et/ou intensité.

1. Federer - Djokovic 2011

Le chef d'œuvre de la carrière de Roger Federer sur terre battue. En ce printemps 2011, le déclin du Suisse est, déjà, annoncé par beaucoup. Novak Djokovic et Rafael Nadal ont pris le pouvoir. Federer n'est plus "que" le troisième homme. Dans ce tournoi 2011, tout le monde attend la finale entre l'Espagnol, maître des lieux, et le Serbe, incontestable patron du circuit. Djokovic est alors invaincu depuis six mois. Plus de 40 victoires consécutives. Il n'a plus été battu depuis le Masters 2010 et marche sur l'eau.

Mais Federer va sortir un match dont on ne le croyait plus capable, sur terre battue en tout cas. Le premier set est inoubliable. 70 minutes de pur bonheur. Une demi-heure pour les cinq premiers jeux. Des points magiques des deux côtés. Fait rarissime, à l'issue de cette première manche, le public réserve une standing ovation aux deux champions. Ce match tout entier fut immense, mais rien n'égale la qualité de cette manche initiale, où les deux champions ont, de concert, déployé le meilleur de leur palette. Federer s'impose en quatre manches, au crépuscule, avec, après la balle de match, le fameux "finger wag", en guise de célébration, comme pour dire "je suis toujours là, les amis".

2. Djokovic - Nadal 2013

Un des plus fameux des 54 affrontements entre Rafael Nadal et Novak Djokovic. Le tirage au sort les a placés dans la même moitié du tableau, mais cette demi-finale, c'est bien le véritable match pour le titre. Le sommet ne va pas décevoir. Cinq sets époustouflants, où Djokovic, mené une manche à rien puis deux sets à un, va lutter autant contre lui-même que contre son adversaire. Le Serbe, obsédé par la quête de la Coupe des Mousquetaires, effleure la victoire du bout des doigts dans le 5e set, où il breake le premier pour mener 4-3, service à suivre.

Puis ce sera le fameux "smash-perte d'équilibre", et le comeback de Nadal pour l'emporter 6-4, 3-6, 6-1, 6-7, 9-7 après 4h37 d'un match de titans. Le public, soufflé par l'intensité du combat, et écrasé par la chaleur, éprouvera le besoin de reprendre un peu d'air en allant faire un tour dans les allées du stade. Le malheureux Jo-Wilfried Tsonga débutera ainsi sa demie contre David Ferrer dans une ambiance un peu bizarre, et un Chatrier loin d'être plein jusqu'à la gueule. Rafa et Nole avaient laissé tout le monde K.-O.

3. S.Williams - Razzano 2012

La plus extraordinaire sensation des années 2010 à Roland-Garros. L'heure de gloire de Virginie Razzano. Le temps a encore renforcé ce sentiment puisque, aujourd'hui encore, c'est la seule fois en 71 tournois du Grand Chelem où Serena Williams a disparu dès le 1er tour. Un match incroyable, à la nuit tombante, sur le Chatrier. Serena remporte le 1er set et mène 5-1 dans le jeu décisif du 2e avant de coincer. Dans la dernière manche, Virginie Razzano mène 5-0, puis voit Williams recoller à 5-3. Malgré les crampes, la Nîmoise ne lâchera pas et s'impose à sa 8e balle de match.

Ce match, elle l'a gagné pour elle, et en mémoire de son fiancé, décédé quelques jours avant Roland-Garros d'une tumeur au cerveau. C'est lui qui, avant de partir, lui fit promettre de jouer tout de même à Roland-Garros. Ce monumental exploit venait de la raquette, mais pas seulement. Il est d'autant plus exceptionnel que Serena était arrivée dans une forme étincelante à Paris, forte de ses 17 victoires en 17 matches sur terre battue. Une défaite qui marquera aussi un avant et un après pour la championne américaine : dans la foulée, elle décroche son téléphone pour appeler Patrick Mouratoglou. Le début d'une bien fructueuse collaboration.

4. Wawrinka - Djokovic 2015

C'est sans doute la plus "belle" finale de la décennie, même si la beauté est une chose bien subjective. Mais celle-ci parait tout de même bien au-dessus de toutes les autres, hommes et femmes confondus. Novak Djokovic est en finale pour la 3e fois en quatre ans. Mais plus de Rafael Nadal pour lui barrer la route. Et pour cause, il l'a balayé en quart de finale. Mais le Serbe ne va pas gagner au change avec Stan Wawrinka et son short aussi improbable à l'époque que mythique aujourd'hui.

Djokovic joue pour le Grand Chelem en carrière. Il empoche le premier set mais après cela, va constamment subir les débats. On pourra toujours ergoter pour savoir si Djokovic, alors obsédé par la quête du Graal parisien, est passé à côté de sa finale. Mais il convient de ne rien enlever à Wawrinka, absolument formidable ce jour-là. Le Vaudois produit un tennis de rêve, symbolisé par une statistique : il termine avec 60 coups gagnants, le double de Djokovic (30). A l'image de la balle de match, un dernier revers imparable et "wawrinkesque".

5. Wawrinka - Tsitsipas 2019

Vainqueur en 2015, finaliste en 2017, Stan Wawrinka est bien une des figures de Roland-Garros depuis une dizaine d'années. Mais au-delà des résultats, le Suisse doit aussi ce statut à quelques monuments de match auxquels il a pris part. La preuve dans cette liste. Il les a d'ailleurs souvent gagnés. Le dernier en date ne fut pas le moins excitant. C'était il y a à peine plus d'une semaine.

Revenu de nulle part après quasiment deux années d'errance et de doutes à la suite de son opération au genou, Stan est redevenu le "Stanimal". Son huitième de finale contre Stefanos Tsitsipas est de loin le match de la dernière quinzaine, et un des plus intenses de ces dernières années. Cinq sets, plus de cinq heures, des points mémorables et deux grands combattants doublés de deux grands joueurs. Le Grec aurait sans doute dû l'emporter, mais compliqué de s'en tirer quand on ne convertit que cinq balles de break sur... vingt-sept.

Vidéo - Wawrinka - Tsitsipas : Les meilleurs moments d'un chef-d'oeuvre

03:00

6. Wawrinka - Gasquet 2013

Au plan tennistique, difficile de faire plus formidable. Les deux plus purs revers à une main du moment vont régaler le public du court Suzanne-Lenglen lors de ce huitième de finale. Richard Gasquet s'incline 8-6 au 5e set après avoir pourtant mené deux sets à rien. Mentalement, et physiquement, Wawrinka était plus fort que le Biterrois. Le Suisse suit alors une trajectoire ascendante qui l'amènera rapidement à devenir un vainqueur de Grand Chelem. Mais pour tous ceux qui étaient sur le Lenglen en cette après-midi brûlante sous le cagnard, ce match reste un souvenir fort.

7. Schiavone - Kuznetsova 2015

Ah, Cesca... L'Italienne a été un personnage important de Roland-Garros dans les années 2010. Sacrée en 2010, justement, à nouveau finaliste l'année suivante, Francesca Schiavone a ensuite décliné. Mais quelle guerrière ! En 2015, au deuxième tour, dans l'atmosphère unique de ce court numéro 1 qui va tant nous manquer, elle affronte au 2e tour Svetlana Kuznetsova, qui l'avait précédée au palmarès en 2009. Un duel d'anciennes reines. Il sera superbe. Epique, surtout.

Malgré le gain du premier set, un break dans le deuxième et, surtout, l'avantage d'avoir servi à quatre reprises pour le gain du match dans la dernière manche, Kuznetsova finit par céder devant l'extraordinaire résilience de Schiavone, qui s'impose 6-7, 7-5, 10-8 en sauvant au passage une balle de match. Durée du match : 3h50. A 17 petites minutes du record du match le plus long de l'histoire du Grand Chelem chez les dames. Il datait de 2011, à Melbourne, et avait mis aux prises… Schiavone et Kuznetsova. Ça ne s'invente pas.

8. Djokovic - Tsonga 2012

Un point. Voilà tout ce qui a manqué à Jo-Wilfried Tsonga sous la bruine du Chatrier mais dans une ambiance formidable, pour battre le numéro un mondial, ce qu'aucun joueur français n'a donc accompli en Grand Chelem au XXIe siècle. Jo quittera le court avec des millions de regrets, mais c'est peut-être son meilleur match sur terre battue. Tout le monde lui prédit ce jour-là une raclée en trois sets et quand Djokovic mène 6-1, 3-1, il n'y a plus personne sur le Central ou ailleurs pour imaginer la suite. Tsonga, en mode missile balistique, va pourtant harasser Djokovic, jusqu'à obtenir quatre balles de match dans le 4e set, deux à 5-4 et deux autres à 6-5.

9. Sharapova - Halep 2014

Les finales dames ont souvent présenté un intérêt assez limité au XXIe siècle. Lorsque Maria Sharapova affronte Simona Halep ce 7 juin 2014, il n'y a plus eu une seule finale en trois sets depuis le fameux Capriati-Clijsters de 2001, achevé 12-10 au dernier set sur la victoire de l'Américaine. Ce Sharapova-Halep vaudra le détour lui aussi. Un formidable combat de trois heures et deux minutes, avec une multitude de rebondissements. Halep, pour sa toute première finale majeure, finit par s'incliner mais elle s'est montrée à la hauteur. C'est le dernier grand titre de Maria Sharapova à ce jour.

10. Wawrinka - Murray 2017

Encore Wawrinka, oui ! Dans tous les bons coups le Stan, et ces matches mémorables, il les a très souvent gagnés Porte d'Auteuil. Si l'édition 2017 fut globalement très terne, la demi-finale entre le Suisse et Andy Murray a presque sauvé la quinzaine. 4h34 d'un match d'anthologie où les deux hommes se rendent coup pour coup pendant cinq sets, jusqu'au K.-O. final imposé par Wawrinka avec ce 6-1 dans la dernière manche. Numéro un mondial, Murray a lutté autant qu'il le pouvait, mais, saoulé de coups… gagnants (87 pour Wawrinka, contre 36 au Britannique), il a fini par rompre.

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