Getty Images

Moutet ne franchit pas un cap, il le suit

Moutet ne franchit pas un cap, il le suit

Le 30/05/2019 à 19:12Mis à jour Le 31/05/2019 à 13:08

ROLAND-GARROS – A 20 ans, Corentin Moutet est le plus jeune joueur français à atteindre le troisième tour d'un Grand Chelem depuis Gaël Monfils au milieu des années 2000. Un bon signe pour lui, et pour le tennis français. Mais il ne voit pas ce tournoi comme un cap franchi. Le Francilien se contente de suivre la ligne directrice qu'il s'est fixé avec son entraîneur, Emmanuel Planque.

"Je n'aime pas trop ce mot." Quand il lui a été suggéré qu'il venait de signer un exploit en battant Guido Pella, l'homme avec le plus de victoires sur terre battue en 2019 avant ce Roland-Garros, Corentin Moutet a balayé ce vocabulaire. Il a gagné un match. Point. Alors, exploit, dans son esprit, non. Pas plus qu'il n'envisage de cette façon sa présence en 16es de finale à Paris. "Je n'ai pas envie de voir ça comme une fin en soi, dit-il. J'ai envie d'aller le plus loin possible et d'apprendre, surtout."

Il y aurait pourtant de quoi se laisser griser. L'euphorie de la porte d'Auteuil, ce court 7 bondé lors de son match face à Pella, un public à fond derrière lui pour le porter... Samarkand semble loin. Samarkand, charmante bourgade ouzbek proche de la frontière tadjike, autant dire bien loin de la porte d'Auteuil. Corentin Moutet y était pourtant il y a une dizaine de jours. Le 19 mai, il disputait là-bas la finale d'un tournoi challenger, perdue face au Brésilien Joao Menezes, 355e mondial. Un autre monde. Mais pour lui, aucune différence au fond. Juste des étapes, diverses et variées, pour un même horizon.

Vidéo - Moutet au troisième tour : "Un exploit ? Je n'aime pas trop ce mot"

01:34
" On essaie de ne pas se laisser influencer par les victoires ou les défaites"

Depuis qu'il travaille avec Emmanuel Planque, l'ancien entraîneur de Lucas Pouille, le jeune espoir tricolore semble savoir où il va. Ou plutôt, précise Patrick Mouratoglou, "il sait désormais comment y aller, car il a toujours su ce qu'il voulait." Pour le coach de Serena Williams et consultant d'Eurosport, Moutet est incontestablement dans la bonne direction : "Par le passé, son comportement pouvait laisser penser qu'il était différent de ce qu'il est réellement. C'est quelqu'un qui a la tête sur les épaules, sait exactement ce qu'il veut et qui a fait des choix forts dans sa carrière, ce qui n'est pas le cas de tout le monde."

Au fond, quand bien même il aurait disparu rapidement dans cette quinzaine, cela n'aurait pas fondamentalement changé la donne. Corentin Moutet regarde devant lui, travaille et, en ce moment, ces résultats sont davantage une conséquence qu'un objectif. "Je vais gagner des matches, je vais en perdre, mais ça ne change rien à la manière dont on travaille, assure-t-il. On essaie de ne pas se laisser influencer par les victoires ou les défaites. Manu m'apporte beaucoup. Il est très exigeant avec moi et c'est exactement ce dont j'ai besoin. On travaille beaucoup, tous les jours, et avec mon préparateur physique aussi."

Vidéo - De la maîtrise et une grosse frayeur : comment Moutet a fait tomber Pella

02:59

Mouratoglou "pas surpris de le voir avancer"

Même s'il ne raisonne pas en termes de cap, il y aura peut-être pourtant un avant et un après Roland-Garros 2019 pour le Français, qui jouera vendredi pour intégrer le Top 100 pour la première fois de sa carrière. Même si le classement, lui aussi, n'est qu'une conséquence et non une fin en soi, cela viendrait valider ses "progrès visibles", dont parle Patrick Mouratoglou. "Il manquait des pièces au puzzle, reprend le technicien français. Je ne dis pas qu'il les a toutes maintenant, mais c'est un joueur qui a mille coups dans la raquette et une superbe main et qui sait compenser son déficit de taille par sa vitesse. Je ne suis pas surpris de le voir avancer."

A très court terme, la prochaine étape passe encore par l'Argentine. Après Guido Pella, Moutet affrontera vendredi Juan Ignacio Londero, le tombeur de Richard Gasquet. Pas simple, mais pas injouable non plus. "Il a eu des très bons résultats, il a gagné un 250 (le tournoi de Cordoba, en février, NDLR) donc c'est un joueur compliqué, relève-t-il. Ça va être un match difficile, je ne m'attends pas à autre chose, mais je le prends comme un nouveau défi et je serai sur le court pour gagner, c'est certain." Garder le cap, toujours. C'est encore le meilleur moyen de les franchir.

Corentin Moutet lors de l'édition 2019 de Roland-Garros.

Corentin Moutet lors de l'édition 2019 de Roland-Garros.Eurosport

Pariez sur le Tennis avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
0
0