Cette fois, le ressort a cassé. Passé près de la catastrophe dimanche contre Hugo Gaston, l'Autrichien s'en était sorti à l'expérience. Et au physique, face à un adversaire plus marqué que lui. Mais contre Diego Schwartzman, c'est bien son réservoir qui s'est retrouvé à sec. Faute d'avoir pu conclure en quatre sets lorsqu'il s'est retrouvé à deux reprises à deux points de la victoire, les jambes de Thiem ont déposé le bilan dans le dernier acte. Même à chaud, même déçu, il s'en accommoderait presque : "Ce match était fantastique. C'est le premier match de ma vie qui a duré plus de cinq heures. Diego a bien mérité sa victoire. Tout va bien."

Sans parler de hold-up, le vainqueur de l'US Open sait bien qu'une qualification mardi aurait relevé du petit chapardage. Physiquement, il a souffert. S'il a attendu le dernier set pour s'effondrer, la jauge s'était allumée bien plus tôt. "Pour être honnête, j'étais au-dessus de la limite aujourd'hui", avoue-t-il. Au point de penser que, même en cas de victoire, il n'aurait de toute façon pas été en mesure de livrer les dernières batailles, ou en tout cas de les remporter ? "On ne sait jamais, en Grand Chelem. Avec deux jours de repos complet, mercredi et jeudi, peut-être que j'aurais pu récupérer, même si, mentalement et physiquement, je suis vraiment à la limite. J'ai tout laissé sur le court aujourd'hui."

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Très déçu, mais ravi pour Diego

S'il manque le rendez-vous du dernier carré pour la première fois depuis 2015, il sait aussi dans quel contexte il a disputé ce Roland-Garros. L'esprit libéré par son sacre inaugural en Grand Chelem à l'US Open, mais avec une préparation tronquée ou, plutôt, pas de préparation du tout. Le pari était risqué, il a été perdu. "Je ne suis pas mécontent de ma performance globale à Roland-Garros, juge le numéro 3 mondial. J'ai eu peu de temps pour récupérer, avec le long voyage pour rentrer à la maison, le décalage horaire, tout ça. Puis, bien sûr, gagner mon premier Majeur, c'était spécial mais épuisant. Et ici, les conditions étaient brutales. J'ai fait ce que j'ai pu."

Comme dans ce quart de finale. A un ou deux détails et autant de points près, il aurait une analyse de vainqueur ce mardi soir. "Pour gagner, il fallait le faire au 4e set. Au 5e, il était plus frais que moi et il avait le dessus", reconnait Thiem. Pour un peu, le plaisir prend le pas sur la déception : "En fait, on ne se rend pas compte du temps qui passe. Ça passe même très vite. C'était un match très plaisant à vivre. Il y a eu des échanges fantastiques. On était vraiment très proches pendant quatre sets."

Peut-être, aussi, parce qu'il apprécie Diego Schwartzman. La bonne entente entre les deux joueurs est bien connue, ils se sont d'ailleurs souvent arbitrés eux-mêmes. Quand un des deux montre une trace, l'autre ne demande aucune vérification. Confiance et respect mutuels, qui transpiraient aussi dans les mots de Thiem après le match. "Je suis bien sûr très déçu, mais je suis ravi pour Diego, confie l'Autrichien. Il le mérite. C'est un accomplissement fantastique pour lui de rentrer dans le Top 10, de jouer une première demi-finale. Perdre contre un ami, ça fait un peu moins mal."

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