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Pierce détruit Graf, les adieux de Navratilova : Le Top 50 des matches marquants de Roland

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Le Top 50 de Roland-Garros.

Crédit: Eurosport

ParEurosport
24/05/2020 à 21:23 | Mis à jour 27/05/2020 à 22:18

ROLAND-GARROS - Le Grand Chelem parisien aurait dû se tenir ces deux prochaines semaines. Vous êtes en manque ? En attendant le "vrai" Roland, espérons-le au début de l'automne, nous vous proposons de retrouver notre Top 50 des matches les plus marquants de l'ère Open dans le tournoi féminin. Premier volet ce lundi.

Dossier réalisé par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

50. Nathalie Fuchs – Virginia Ruzici

Roland-Garros

"Les meilleures finales dames du XXIe siècle" : Votez pour le Roland dont vous rêvez sur Eurosport !

27/05/2020 À 12:56

Edition : 1973
1er tour
Vainqueur : Nathalie Fuchs (France)
Adversaire : Virginia Ruzici (Roumanie)
Score : 6-3, 3-6, 10-8

Virginia Ruzici a apposé son nom au palmarès du simple dames en 1978. Mais la Roumaine a réussi un autre "exploit", quelques années plus tôt : elle est sans doute la seule joueuse de l'histoire à avoir perdu un match... deux fois. En 1973, opposée à la Française Nathalie Fuchs au 1er tour, elle est menée 6-5 dans le 3e set quand survient un évènement hautement improbable qu'elle a raconté il y a deux ans à nos confrères de L'Equipe :

"On change de côté et cette folle de Mariana (Simionescu, son amie joueuse et compatriote, future épouse de Björn Borg) rentre sur le court pour me faire un massage alors que je ne lui ai rien demandé. En Roumanie, on était habituées à faire ça. Et l'arbitre me disqualifie. Je tombe des nues. Dix minutes plus tard, je suis sous la douche en pleurs et Mariana arrive pour me dire : "Virgi, tu dois retourner sur le court." Marcel Bernard (président de la Fédération française de 1968 à 1973) a pris la décision de ne pas me disqualifier. On revient sur le court et je perds."

Il y a mille façons pour un match de rentrer dans l'histoire. La preuve...

49. Gisela Dulko - Martina Navratilova

Edition : 2004
1er tour
Vainqueur : Gisela Dulko (Argentine)
Adversaire : Martina Navratilova (Etats-Unis)
Score : 6-1, 6-3

Le mardi 25 mai 2004, sur les coups de 16h, "feu" le court n°1 est plein pour assister à l'improbable come-back en simple de Martina Navratilova, 47 ans, 10 ans après sa dernière apparition ici, 20 ans après sa dernière victoire et 31 ans après sa première participation !

Alors que l'Américaine assure être revenue en simple "essentiellement pour améliorer son jeu en double", qu'elle continuera avec brio jusqu'en 2006, la wild-card qui lui a été accordée fait polémique. Certain(e)s pensent que la détentrice de 18 titres du Grand Chelem n'a plus sa place. Sa sévère défaite contre l'Argentine Gisela Dulko (de 28 ans sa cadette), 6-1, 6-3 en 1h01, leur donne du grain à moudre.

Mais Navratilova rejouera encore cette année-là à Wimbledon où, en battant la Colombienne Castano, elle deviendra la joueuse la plus âgée de l'ère Open à gagner un match sur le circuit pro. Avant de s'incliner face à… Gisela Dulko, non sans lui prendre un set cette fois.

Ce coup-ci, en revanche, c'est bel et bien fini pour Martina qui ne battra pas le record de la Britannique Blanche Bingley, joueuse la plus âgée à disputer un match en Grand Chelem lors de l'édition 1913 de Wimbledon. Elle avait 49 ans.

La der de Martina Navratilova contre Gisela Dulko.

Crédit: Getty Images

48. Maria Sharapova – Caroline Garcia

Edition : 2011
2e tour
Vainqueur : Maria Sharapova (Russie)
Adversaire : Caroline Garcia (France)
Score : 3-6, 6-4, 6-0

"La fille que Sharapova est en train d’affronter sera numéro 1 mondiale un jour. Caroline Garcia, quelle joueuse ! Je l’aurai annoncé le premier." Le tweet posté par Andy Murray himself ce 26 mai 2011 avait fait presque autant de bruit que les spectateurs du court Philippe-Chatrier enthousiasmés par les coups de boutoir d’une Lyonnaise inconnue de 17 printemps. Nullement impressionnée par l’aura de star de la grande Maria, la Française a longtemps cru à l’exploit.

A l’époque seulement 188e à la WTA et invitée par l’organisation, Garcia n’avait rien à perdre et ça s’est vu. Pendant un set et demi – elle a mené 6-3, 4-1 –, elle a fait courir d’un bout à l’autre du court central la Russe, totalement débordée par la puissance, la précision et l’audace adverses. Mais alors que l’impensable victoire se rapprochait, elle a réalisé la portée d’un éventuel exploit et s’est tendue. En championne confirmée, Sharapova s’est engouffrée dans la brèche pour marquer les 11 derniers jeux de la partie.

"C'était dur à gérer. Il y a plein de trucs qui me sont passés par la tête à 4-1. Elle frappait plus fort et les fautes bêtes qu'elle faisait au début, elle ne les faisait plus. Et moi, j'en ai fait plus", reconnaîtra la jeune Française. Depuis, malgré un quart de finale en 2017 et une belle 4e place mondiale atteinte fin 2018, Garcia a souvent lutté pour retrouver cette insouciance et lâcher les chevaux.

47. Simona Halep – Sloane Stephens

Edition : 2018
Finale
Vainqueur : Simona Halep (Roumanie)
Adversaire : Sloane Stephens (Etats-Unis)
Score : 3-6, 6-4, 6-1

Simona Halep ne pouvait pas ne pas triompher un jour à Roland-Garros. Là où son tennis s'est toujours exprimé à merveille. Là où elle est follement encouragée par une nombreuse colonie roumaine. Là où son attachée de presse et compatriote Virginia Ruzici, qui a vécu elle-même une drôle d'histoire en 1973 (voir par ailleurs), a fini par s'imposer en 1978. On faillit pourtant croire que la n°1 mondiale du moment, battue deux fois à Paris dans deux finales rocambolesques, en 2014 contre Sharapova puis en 2017 contre Ostapenko, allait être frappée par la malédiction.

Menée cette fois 6-3, 2-0 par la n°10 mondiale Sloane Stephens, titrée la saison précédente à l'US Open, Halep fut grande, extrêmement solide pour renverser le cours du destin et s'imposer au terme d'un scénario parfaitement asymétrique à celui de la finale 2017, lors de laquelle elle avait mené 6-4, 3-0 avant de s'incliner. Au terme d'un superbe match, elle est ainsi devenue la 6e joueuse à réaliser le doublé juniors/seniors à Roland-Garros, après Dürr, Jausovec, Mandlikova, Capriati et Henin, son idole.

46. Ana Ivanovic – Jelena Jankovic

Edition : 2008
Demi-finale
Vainqueur : Ana Ivanovic (Serbie)
Adversaire : Jelena Jankovic (Serbie)
Score : 6-4, 3-6, 6-4

La cerise avant le gâteau. 72 heures avant de remporter son premier et unique titre du Grand Chelem en battant Dinara Safina en finale, Ana Ivanovic avait peut-être fait le plus dur en prenant le dessus face à sa compatriote Jelena Jankovic dans une demie en forme de derby. Jamais simple à appréhender, surtout dans un match avec un tel enjeu. D'autant qu'Ivanovic ne jouait pas que pour une finale, mais aussi pour devenir numéro un mondial pour la première fois de sa carrière en lieu et place de Maria Sharapova.

Comme souvent dans ce type d'oppositions, la qualité fut sinusoïdale. Si Ana ivanovic va s'en sortir en trois sets, elle aura lutté autant contre ses propres nerfs que contre Jankovic. Menée 3-0 dans le 1er set puis 3-1 dans le dernier, elle aura su trouver de sacrées ressources mentales pour s'imposer. "Je n'ai jamais été aussi stressée pendant un match", avouera-t-elle. Libérée par cette victorieuse guerre des nerfs, elle s'imposera en deux manches en finale contre Safina (6-4, 6-3).

45. Serena Williams – Lucie Safarova

Edition : 2015
Finale
Vainqueur : Serena Williams
Adversaire : Lucie Safarova
Score : 6-3, 6-7(2), 6-2

Vingt titres en Grand Chelem. C’est à Roland-Garros que Serena Williams a atteint cette marque mythique. L’occasion valait à elle seule un petit clin d’œil, mais les circonstances du troisième (et dernier à ce jour) sacre de l’Américaine à Paris ont attaché à l’exploit une certaine dramaturgie. Car durant la quinzaine, elle a dû faire face non seulement à des adversaires de choix, mais aussi se battre contre elle-même.

Grippée, elle aura ainsi puisé comme jamais dans ses ressources pour aller chercher cinq de ses sept victoires au bout des trois sets contre Friedsam au 2e tour, Azarenka au 3e, Stephens en huitième, Bacsinszky en demie et donc Lucie Safarova en finale. La gauchère tchèque a d’ailleurs sans doute cru à sa bonne étoile quand, après avoir remis les compteurs à zéro en enlevant le tie-break du deuxième set, elle a mené 2-0 dans l’ultime acte.

Mais au prix d’un ultime effort, la reine Serena a mis fin au fol espoir adverse en alignant six jeux. C’est dire la marge considérable dont elle disposait alors sur le reste du circuit. Quelques semaines plus tard, de nouveau à 100 % de ses moyens physiques, rien ne pourra l’empêcher de boucler un Grand Chelem à cheval sur deux saisons à Wimbledon. Elle était alors insubmersible.

44. Iva Majoli – Ruxandra Dragomir

Edition : 1997
Quart de finale
Vainqueur : Iva Majoli (Croatie)
Adversaire : Ruxandra Dragomir (Roumanie)
Score : 6-3, 5-7, 6-2

De la victoire surprise d'Iva Majoli en 1997, on se rappelle essentiellement de sa finale immaculée contre Martina Hingis, grande favorite cette année-là mais frappée une première fois par sa malédiction parisienne.

On se souvient moins que la Croate de 19 ans avait connu un parcours terrible pour en arriver là, avec notamment un enchaînement de quatre matches en trois sets. Le plus serré restera sa demi-finale contre la Sud-Africaine Amanda Coetzer, mais son quart de finale face à sa partenaire de double, la Roumaine Ruxandra Dragomir, avait été bien crispant aussi.

Cette dernière aura passé son temps à courir après le score et à faire de la haute résistance, jusqu'à sauver 3 balles de match dans le 2e set, qu'elle finit par remporter. La future lauréate s'est finalement imposée au 3e à sa 6e balle de match, après 2h23 de jeu, s'écroulant sur la terre battue comme si elle avait gagné le tournoi.

Dragomir, malgré la déception, est alors venue s'allonger à ses côtés pour savourer avec elle un joli (et rare) instant de complicité entre deux adversaires et néanmoins amies qui venaient tout simplement de donner tout ce qu'elles avaient. Cela restera l'une des images fortes de cette édition 97.

Iva Majoli et Ruxandra Dragomir.

Crédit: Getty Images

43. Arantxa Sanchez – Karina Habsudova

Edition : 1996
Quart de finale
Vainqueur : Arantxa Sanchez (Espagne)
Adversaire : Karina Habsudova (Slovaquie)
Score : 6-2, 6-7, 10-8

Vous souvenez-vous d'Arantxa Sanchez ? Bien sûr que oui. Et de Karina Habsudova ? Un peu moins, peut-être. Cette ancienne championne du monde juniors a atteint la 10e place mondiale au printemps 1997. Un an plus tôt, elle est peut-être passée à côté de la chance de sa vie. A Roland-Garros, elle se retrouve en quarts de finale après avoir maté la toute jeune Martina Hingis et la tête de série N°6, Anke Huber. La seule fois de sa carrière où elle dépassera le 3e tour en Grand Chelem. Face à elle, la Señorita Sanchez, une des reines de Roland.

Avec son superbe revers à deux mains en arme de pointe, la jeune Slovaque de 22 ans bouscule la Catalane pendant trois heures. Le public du court Suzanne-Lenglen prend fait et cause pour elle, notamment dans cet interminable 3e set au cours duquel Sanchez multiplie les "ronds" qui lui attirent des sifflets répétés. "Je me fiche ce que pense le public, je suis là pour faire mon travail", dira-t-elle à la fin du match. La stratégie, à défaut d'être excitante pour les yeux, finit par payer, à l'image de la balle de match, dans le 18e jeu : un retour bombé et long pousse Habsudova à la faute. La chance d'une vie venait de passer.

42. Mary Pierce – Steffi Graf

Edition : 1994
Demi-finale
Vainqueur : Mary Pierce (France)
Adversaire : Steffi Graf (Allemagne)
Score : 6-2, 6-2

Si Mary Pierce a ouvert son palmarès en Grand Chelem à Melbourne en 1995 et si elle a dû attendre l'an 2000 pour remporter Roland-Garros, c'est bien à Paris, au printemps 1994, que la Française a explosé pour de bon. Une quinzaine folle, achevée de manière frustrante par une défaite en finale contre Arantxa Sanchez (6-4, 6-4). Mais jusqu'à cette fausse note, Mary avait tout dévasté sur son passage, ne perdant que dix jeux en six matches, un record. D'autant plus remarquable qu'en demi-finale, la protégée de Nick Bollettieri avait dû se coltiner Steffi Graf.

Rarement l'Allemande est apparue aussi impuissante dans une demie majeure. Balayée 6-2, 6-2 en une heure et dix-sept minutes, Graf a tout résumé en sortant du court : "C'est simple, je n'ai rien pu faire. Elle a attaqué sur chaque frappe, pris la balle très tôt, et frappe fort, joue long et mon niveau de jeu n'était pas assez élevé pour la pousser à la faute." En dépit de ses remarquables accomplissements futurs, cette victoire reste une des plus marquantes de la carrière de Mary Pierce, sortie ce jour-là sous l'ovation d'un court central enchanté par sa démonstration.

41. Billie Jean King – Evonne Goolagong

Edition : 1972
Finale
Vainqueur : Billie Jean King (Etats-Unis)
Adversaire : Evonne Goolagong (Australie)
Score : 6-4, 6-4

De Bille Jean King, au début des années 70, on dit qu'elle est la joueuse la plus intelligente, celle qui frappe le plus fort et dispose du plus mauvais caractère. L'Américaine est une sacrée championne mais, à 28 ans, elle n'a plus gagné le moindre Grand Chelem depuis trois ans et demi quand débute Roland-Garros en 1972. Le "French" est d'ailleurs l'unique Majeur qui manque encore à son palmarès. Alors quand ce samedi 4 juin elle atteint pour la première (et unique) fois la finale à Paris, elle sait qu'elle ne doit pas manquer cette occasion unique de réussir le Grand Chelem en carrière.

Son dernier obstacle n'est pas le plus simple. Evonne Goolagong a débarqué de nulle part un an plus tôt en s'imposant à Roland-Garros à seulement 19 ans, mais comme elle a enchainé avec un autre titre à Wimbledon, personne n'est surpris de la retrouver en finale porte d'Auteuil. Dans cette finale, Billie Jean souffre. Elle passe son temps à tousser après avoir attrapé un coup de froid. Elle empoche le 1er set mais elle fatigue. "Il fallait absolument que je finisse en deux manches", expliquera-t-elle. Mission accomplie. Un dernier passing trop long de Goolagong et King hurle, jette sa raquette en l'air avant d'aller s'asseoir et de pleurer sur sa chaise. Les larmes du soulagement.

Billie Jena King et Evonne Goolagong après la finale de Roland-Garros 1972.

Crédit: Getty Images

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