Note aux lecteurs : dans les lignes qui suivent, vous risquez de vous retrouver confronté à des chiffres et autres statistiques qui pourraient vous laisser sur votre séant, même si vous les avez lues, vues ou entendues ici et là au fil des conquêtes du principal intéressé. C'est ainsi. Mais lorsqu'on se penche sur le cas Rafa Nadal à l'orée de sa quinzaine préférée de l'année, il ne peut en être autrement. Néanmoins, on va tenter de vous faciliter la tâche et vous proposer de vous concentrer sur un nombre, un seul : le 15. Quand il pénétrera sur le nouveau Chatrier pour entamer la défense de son titre et défier Egor Gerasimov, l'Espagnol fêtera ses quinze ans de Roland. Quinze ans, déjà.

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L'avantage avec Nadal, c'est qu'il a toujours quelque chose à célébrer du côté de la Porte d'Auteuil : son anniversaire, habituellement. Un sacre, presque tout le temps. Cette année, pas de bougies pour un 34e anniversaire qui n'a pas attendu le coup d'envoi du tournoi. Peut-être un nouveau triomphe. Mais en attendant, une marque historique : Nadal célèbre en 2020 le quinzième anniversaire de ses premiers pas sur l'ocre parisien, face à Lars Burgsmüller, première de ses nombreuses victimes. Quinze ans, aussi, de son premier sacre. Parce que Rafa avait fait all in, d'entrée.

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Au cœur d'une année 2020 à nulle autre pareille, fort heureusement, c'est déjà un événement. Parce qu'il n'était pas cousu de fil blanc qu'il y aurait une édition des Internationaux de France, pas plus à l'été qu'en ce début d'automne qui nous réserve encore quelques mauvaises surprises. Si 2020 nous a bien appris quelque chose, c'est qu'il fallait jurer de rien. Que les lendemains qui chantent ont décidé de mettre la flèche, et qu'il faudrait vivre avec une pandémie qui a déjà volé un million de vies à travers le monde et bouleversé comme peu, en dehors des périodes de guerre, notre quotidien.

13, porte-bonheur ? Porte-malheur ?

Le mot d'ordre est simple et clair comme de l'eau de roche : profitons, profitez de Rafael Nadal. Profitez de ce Roland déjà baroque. 2020 nous a déjà privé d'un grand plaisir qui s'annonce de plus en plus rare, puisque le temps, aussi, fait son œuvre : on n'a pas vu Roger Federer gambader, flotter et fouler le gazon de Wimbledon. Même si son bras de fer avec le temps est serré et que le Suisse résiste, il est déjà assuré que l'ancien numéro 1 mondial le perdra dans un, deux ans ou plus. Comme tout le monde. Même les éternels.

Rafael Nadal, à qui les mauvais augures présageaient une carrière raccourcie en raison de l'exigence de son tennis, est toujours là. Plus que jamais. Certes, il est plus jeune que son rival préféré et s'est relevé d'à peu près tout, jusqu'à remporter deux fois plus de titres à Roland que l'ancien maître des lieux, un certain Bjorn Borg. Et, accessoirement, d'être à sept matches d'une centième victoire sur les terres du "French" (sept matches, c'est donc… une finale gagnée cette année). Mais aussi, concomitamment, d'un vingtième sacre en Grand Chelem, ce qui le porterait à la hauteur de qui vous savez. Voilà pour le panorama. Et pour le vertige.

Mais qu'il en soit, quoi qu'il advienne, que Rafael Nadal aille au bout, qu'il se prenne les pieds dans les tapis en chemin, l'essentiel est ailleurs. Roland est là. Rafa est là, accompagné par une forme d'incertitude qui affleure à la surface comme à chaque fois que le Taureau de Manacor laisse filer un titre sur terre : Nadal est-il friable cette année ? Nous sommes en 2020, Nadal compte trois petits matches sur terre battue et une défaite en quart de finale à Rome. "Ce genre de choses peut arriver après une longue période sans jouer, avait-il minoré après avoir cédé face à Diego Schwartzman. Ce que je vais faire d'ici Roland-Garros ? C'est une année spéciale et imprévisible, je ne sais pas, je vais rentrer à la maison et voir ce qu'il se passe." Et remettre le travail sur l'ouvrage, comme toujours. Une 13e Coupe des Mousquetaires est au bout du chemin. 13, porte-bonheur ? Porte-malheur ? L'Espagnol n'est pas le moins superstitieux du circuit. Mais avant de savoir de quel côté se ranger, il va attendre deux semaines. Si tout se passe pour le mieux. Si tout se passe comme d'habitude. Ce qui, en 2020, serait une gageure.

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