En tennis il y a des situations plus confortables que d'autres. Affronter le duodécuple vainqueur de Roland-Garros pour votre première demi-finale de Grand Chelem, précisément sur la terre battue parisienne, n'en fait pas partie. Devoir le faire alors que vous l'avez battu il y moins de trois semaines a de quoi vous donner un surplus de confiance. A l'inverse, cet état de fait peut donner à votre adversaire une motivation supplémentaire. Ce vendredi, Diego Schwartzman s'avancera sur le court avec un petit peu de tout ça dans la tête. En face de lui, Rafael Nadal.
Mardi, quand il en a eu terminé de son marathon face à Dominic Thiem, Diego Schwartzman n'a pas échappé aux questions sur son futur adversaire. Rafael Nadal n'avait pas encore battu Jannik Sinner, et l'Argentin a dû avoir un mot pour l'Italien, mais tout tournait autour de "Rafa". Et pour cause, à Rome, l'Argentin a mis fin à une série de neuf défaites consécutives face à l'ogre espagnol. Quatre d'entre elles avaient eu lieu sur terre, une à Roland-Garros en quart de finale en 2018. Schwartzman y avait pris le premier set avant que la pluie n'interrompe la partie et ne permette à Nadal de reprendre ses esprits et de s'imposer en quatre manches.

La confiance, quelle confiance ?

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"Est-ce que j'aurai un peu plus de confiance ? Je n'en suis pas sûr. Quand je regarde notre historique, je suis à 1 victoire pour 10 défaites. Je ne sais pas si je vais arriver avec beaucoup de confiance", a reconnu l'Argentin dans un rire. Nadal n'est pas de cet avis : "Ilarrive avec beaucoup de confiance, non ? En deux semaines, il va en finale à Rome puis en demi-finale ici. Il m'a battu là-bas. C'est un petit bonus de confiance pour lui. Je le sais."

Avec des courses à n'en plus finir et de jolis coups, Schwartzman a fait tomber Nadal

Dans la capitale italienne, en demi-finale, le 14e joueur mondial avait joué "le meilleur match de sa carrière", rien que ça. Est-ce à dire qu'il va devoir rééditer l'exploit pour atteindre sa première finale en Majeur ? Sans doute, pas loin en tout cas. Avec Dominic Thiem, il a déjà écarté un double finaliste. Surtout, il a prouvé qu'il tenait sur la longueur. "J'étais au top mardi, après deux jours de repos je serai au top vendredi", a-t-il assuré, confiant.
Qu'en pense son adversaire, toujours maître des lieux jusqu'à preuve du contraire, vainqueur de son 98e match sur 100 à Roland face à Sinner ? "Bien sûr que jouer contre lui est un challenge, tranche le numéro 2 mondial. Aujourd'hui (mardi), il a joué un match fabuleux contre l'un des meilleurs joueurs du monde, qui est plus sur terre."

Les précédents Federer, Thiem et Djokovic

"Je vais aller sur le court, faire de mon mieux pour jouer mon jeu, être agressif. Il faut que j'essaye de faire quelque chose de différent par rapport à Rome", a poursuivi Nadal. Schwartzman, qui a trouvé la clé, n'a lui pas de raison de faire autrement. "Contre Thiem je suis venu souvent au filet parce qu'il faisait beaucoup de slices. Quand je joue quelqu'un qui fait du slice ou qui joue loin de sa ligne, j'essaye de monter au filet". L'Espagnol répond à la seconde description et sait donc à quoi s'attendre.

Dominic Thiem et Diego Schwartzman

Crédit: Getty Images

Les conditions de jeu, plus lourdes cette année à Roland, perturbent Nadal, jamais aussi à l'aise que quand son lift étouffe ses adversaires. Du haut de son mètre 70, Diego Schwartzman appréciera sans doute de devoir frapper des coups plus bas sur le lift de l'Espagnol. A Rome déjà, où il avait affronté Nadal en soirée, le rebond bas l'avait bien aidé selon lui.
Affronter quelqu'un qui l'a battu en préparation n'est pas une nouveauté pour "Rafa" à Roland-Garros. En fait cela lui est déjà arrivé six fois, face à trois adversaires :
  • Federer, vainqueur en finale à Hambourg en 2007 avait été ramené à la raison au même stade Porte d'Auteuil.
  • Novak Djokovic, tombeur en demi-finale à Monte-Carlo en 2013 avait subi le même sort à Roland.
  • Dominic Thiem, qui avait battu Nadal en 2017 (quart à Rome), en 2018 (quart à Madrid) et en 2019 (demie à Barcelone) n'a pu rééditer l'exploit en Grand Chelem.
Un et un plus trois qui font cinq, il en manque une. C'était en 2015 quand Novak Djokovic avait éliminé un Nadal convalescent en quart de finale du Majeur parisien après l'avoir déjà écarté en demi-finale à Monte-Carlo. Diego Schwartzman connaît la marche à suivre.
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