Rafael Nadal jouera bien pour un 13e titre à Roland-Garros, dimanche. Octobre ou pas octobre, conditions lourdes ou pas, l'Espagnol reste fidèle au rendez-vous. Jamais il n'avait perdu une demi-finale sur la terre battue parisienne, et Diego Schwartzman n'y a rien changé. Vainqueur de Nadal à Rome il y a trois semaines, puis tombeur de Dominic Thiem il y a trois jours, l'Argentin de poche s'est cassé le nez sur le roc majorquin.

Cette demi-finale tient en une analyse en apparence contradictoire, mais qui recèle deux vérités : ce fut une bataille acharnée mais à sens unique. L'intensité des débats trouve sa traduction dans la durée de jeu (trois heures et neuf minutes), mais Nadal a toujours disposé d'une marge sur son adversaire, ce que révèlent les trois sets qui lui ont suffi pour se qualifier : 6-3, 6-3, 7-6. Quinze ans après son premier couronnement, le roi de Paris, même avec une préparation tronquée, constitue toujours une équation insoluble pour la quasi-totalité du circuit. Schwartzman peut en témoigner.

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Plus de trois heures mais seulement trois sets : Nadal a imposé sa loi à Schwartzman

64 minutes pour neuf jeux

Diego Schwartzman a pourtant tout essayé. Ce fut son plus grand mérite vendredi. Jamais il n'a renoncé, poussant le triple tenant du titre à aller chercher ce match. Mais il aura constamment galopé après le score. Breaké d'entrée ou presque dans chacune des trois manches, il s'est imposé une épuisante course-poursuite presque perdue d'avance. A l'image de ce premier set, qui aura duré 64 minutes pour seulement neuf jeux. Nadal a frappé le premier, Schwartzman a rendu les coups mais il a fini par plier. Le plus dur était fait.

La deuxième manche fut aussi la plus "tranquille" pour le numéro 2 mondial. Accusant le coup de ces efforts consentis en vain, surtout après les cinq heures de baston contre Thiem qui ont forcément dû lui peser dans les pattes, l'Argentin n'y a pas obtenu la moindre balle de break. Ce 6-3-là n'avait pas la même odeur de sueur que le précédent. A deux sets zéro, pour tout le monde, l'affaire était entendue. Pour tout le monde, y compris, sans doute, Schwartzman. Impression renforcée lorsque Nadal a rapidement mené 3-1 dans le troisième acte.

Abattre un chêne à la petite cuillère

Mais c'est là que l'outsider de Buenos Aires a été magnifique. Il a débreaké une première fois, puis une seconde à 4-2 contre lui. Cela n'a rien changé à l'histoire de cette demi-finale, mais au plaisir que chacun y a pris, oui, car la seconde moitié de ce set a accouché d'un tennis de très grande qualité des deux côtés. Tout particulièrement son 11e jeu, le plus beau et le plus intense de la partie. Malheureusement pour lui, Schwartzman n'a pu convertir une de ses trois balles de break qui lui aurait permis de servir pour le set. Derrière, Nadal est redevenu impitoyable, finissant sur un 7-0 dans le jeu décisif.

La loi du plus fort a encore frappé. Un match avec un air de déjà-vu. On peut essayer de bousculer Rafael Nadal. On peut même y parvenir, de temps à autre. Mais le déboulonner, c'est autre chose. Diego Schwartzman, malgré toute sa volonté, ses qualités, son punch et son succès romain, n'en avait pas les moyens vendredi. Comme s'il s'était attaqué au tronc d'un chêne à la petite cuillère. Même en s'escrimant dessus pendant trois heures, le combat est vain.

Rafael Nadal

Crédit: Getty Images

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