La 499e victoire de la carrière de Gilles Simon restera probablement la plus folle de toutes. Elle est unique, en tout cas. Parce que le Niçois est dans sa 38e année, bien entamée. Parce que battre un Top 20 comme Pablo Carreño Busta (18e), c'est, dans le contexte actuel, un véritable exploit pour lui. Parce que, surtout, ce succès a été obtenu dans une ambiance plus proche du stade de foot que de l'enceinte tennistique traditionnelle, à une heure encore inhabituelle pour Roland-Garros, toujours en train de découvrir les "night sessions".
"Je ne sais même pas quelle heure il est", a d'ailleurs soufflé Simon au micro de Prime Vidéo mardi soir. Ou plutôt mercredi matin, puisque l'horloge affichait déjà bien au-delà de minuit. Et même de une heure, passée de quelques minutes. Il n'avait plus de jambes et plus beaucoup de souffle, mais la furia de la foule l'a incontestablement porté pour effacer ce break de retard dans le cinquième set avant de crucifier Carreño Busta. "Il ne reste que les vrais à la fin, sourit Simon. C'est marrant, c'est génial. Ils sont barges".
Roland-Garros
Douloureux adieux pour Simon
28/05/2022 À 15:20
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Le public l'a emporté

Après le match, c'est le visage marqué mais radieux qu'il s'est présenté en zone mixte alors qu'il n'y avait plus un chat à Roland-Garros. Mais ces images de ce public en transe lui resteront. "Quand Pablo me roule dessus au troisième, au quatrième set et au début du cinquième, ils sont là en fait, a-t-il rembobiné. Le moindre point que je gagne, ils se lèvent, ils gueulent, ils chantent. Ils n'ont jamais arrêté du premier au dernier point. Et donc forcément ça aide, ça te donne un peu d'énergie et ça lui met un peu plus de tension, il sait que s'il rate un truc, il va se faire gueuler dessus, ce n'est pas agréable mais c'est comme ça, c'est l'avantage qu'on a de jouer ici".
Alors, comme Gaston avant lui, Simon s'est appuyé dessus allégrement. Face à sa famille, à ses "bonhommes" qui n'ont pas le droit de se coucher après 21h habituellement, Simon est redevenu Gilou, celui qui s'arrache et remet tout dedans, celui à même de faire craquer n'importe quel adversaire. Dans l'affaire, la journée vécue par le clan français, avec l'énorme émotion provoquée par la retraite de Jo-Wilfried Tsonga, lui a donné des idées.
Au moment de revenir sur l'éventuelle inspiration puisée dans les évènements du Chatrier, Simon a surtout rappelé ce que cela signifiait d'approcher de la fin. "La fin de carrière, c'est difficile, a-t-il expliqué. Tu regagnes plus un match, tu redescends, tu vas jouer en Challenger en te disant ça va aller mieux… et en fait non, a-t-il souri. Tu prends des roustes toutes les semaines par les mecs qui se présentent parce qu'ils jouent très très bien". Ce que Simon traverse, Tsonga l'a vécu aussi.

Gilles Simon sur le court Simonne-Mathieu pour son 1er tour face à Pablo Carreno Busta

Crédit: Imago

Pas voir le Gilles Simon qui prend 6-2, 6-1 en Challenger
"Jo il est là-dedans. Ça fait une année, deux années, trois années où il ne joue pas, où il est blessé, c'est dur, a-t-il rappelé. Moi j'avais une grosse inquiétude de venir ici, face à un joueur comme ça, et me dire que je pouvais prendre très facilement 6-2, 6-1, 6-1. Tu fais ton dernier Roland, tu as envie qu'il y ait une ambiance mais encore une fois, il faut qu'il y ait match. En regardant Jo, on a vu Jo une dernière fois, on l'a revu qui sert à 220 km/h, qui envoie des pétards de partout, qui est explosif". Comme le Philippe-Chatrier, il a vibré. Alors, sur le Simonne-Mathieu, il s'était promis d'essayer de l'imiter.
"En le voyant, je me suis dit 'putain la chance, il a réussi à faire un super dernier match', a-t-il ajouté. Moi ce n'est pas mon dernier match mais c'est mon dernier Roland-Garros, probablement mon dernier match en cinq sets. Juste ça, je me suis dit 'ça serait vraiment bien si on pouvait revoir Gilles Simon une dernière fois'. Pas celui qui a pris 6-2, 6-1 contre Krutykh la semaine dernière à Heilbronn [tournoi Challenger en Allemagne, NDLR] mais celui qui peut jouer 3h ou 4h. Je suis rentré sur le match comme ça et Jo a fait du bien pour ça". Alors merci Tsonga et bravo Simon. Parce que, l'espace d'une soirée hors du temps, on a revu le Gilou qui rend fou. Et on a vibré, une dernière fois sans doute, comme pour mieux se souvenir du goût des bonnes choses.

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