Après la folie du Simonne-Mathieu, il a cru décevoir le Philippe-Chatrier. Ce vendredi, pour son 2e tour face à Steve Johnson, Gilles Simon a réalisé un faux départ, un vrai : break d'entrée et 3-0 pour son rival américain. La douce euphorie de mardi semblait envolée et c'est un Central presque circonspect qui a cru assister à un match à sens unique. A dire vrai, le Français l'a pensé aussi. "J'étais ultra-tendu, ça part mal, je sens que ça va être très compliqué", a-t-il confirmé en conférence de presse.
Mais, à l'expérience et sans doute poussé par cette "excitation" de savoir ce Roland-Garros 2022 sera son dernier, Simon s'est remis dedans. Sans forcément aller chercher la foule, comme face à Pablo Carreno-Busta pourtant. "C'est ma faute aujourd'hui mais je n'étais plus disponible pour le public, s'est-il presque excusé. Aujourd'hui j'étais dans la gestion de mon effort. J'ai mis beaucoup de temps à me sentir bien et quand j'ai réussi à prendre l'ascendant et que le match était à sens unique, je pouvais gagner. Au point que je voulais presque qu'on ne me gêne pas. Limite 'laissez-moi continuer jusqu’à la fin et on passe à autre chose'. J'étais dans de moins bonnes dispositions mentales."
Roland-Garros
Douloureux adieux pour Simon
28/05/2022 À 15:20

"Des Français encore en lice, Jeanjean est celle qui a le plus de chance d'aller en seconde semaine"

"Des ambiances qu'on n'a pas l'habitude d'avoir chez nous"

Reste que s'il n'a pas cherché à emporter la foule avec lui, il a senti qu'elle était prête à tout pour l'aider. Une constante sur cette édition où les ambiances brûlantes sur les courts lorsque des Français sont en lice ont permis à certains de trouver des ressources qu'ils n'envisageaient pas en dehors de l'Hexagone.
"J'ai senti que les gens étaient là, a-t-il expliqué. Mais de plus en plus en fait, d'une manière générale. Je n'avais pas eu la chance d'en profiter mais il y a eu des matches que j'ai vus… À Bercy, sur les dernières éditions de Roland… Le dernier Bercy, on a vu des grosses grosses ambiances qu'on n'a pas l'habitude d'avoir chez nous." Carlos Alcaraz, tourneboulé par Hugo Gaston dans une ambiance exceptionnelle, s'en souvient encore.

Gilles Simon qualifié pour le 3e tour à Roland-Garros 2022

Crédit: Getty Images

Justement, que pense-t-il de ces corridas tennistiques où l'adversaire est chahuté ? Après sa défaite face à Hugo Gaston, Alex de Minaur avait estimé qu'il y avait "une ligne à ne pas franchir". Gilles Simon n'est pas exactement de cet avis. "Au passage, ces ambiances ont l'air parfois un peu de déranger, a-t-il souri. Certains disent que c'est un peu trop. J'ai envie de leur dire : 'vous ne vous rendez pas compte à quel point on se fait gueuler dessus depuis 15 ans quand on va dans les autres pays !'. Là, c'est juste NOR-MAL."
Putain, ce n'est pas l'Argentine encore les gars...
Et à Simon de puiser dans ses dix-sept années sur le circuit pour rappeler que l'herbe n'est pas beaucoup plus verte ailleurs. "Quand j'ai joué Kyrgios en Australie, les mecs te hurlent dessus, et pas des trucs sympas, s'est-il marré. Tu te fais insulter tout le match. Je l'avais dit à l'arbitre, il m'avait dit qu'il n'allait quand même pas évacuer tout le stade. On est d'accord. Donc c'est comme ça."
Pour lui, aucune "ligne" n'a été franchie. "Là, on n'en est pas du tout là, a-t-il estimé. On est sur un public ultra-respectueux mais qui est plus chaud qu'avant, plus prêt à y aller. C'est hyper agréable. Et évidemment ça fait tourner des matches. Pour un joueur comme moi, j'ai fait des Coupes Davis en Argentine, au Chili… putain, ce n'est pas l'Argentine encore les gars. Ce n'est pas pareil."
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