Eurosport
Roland-Garros 2024 | Alizé Cornet après son dernier match : "J'ai rêvé de Rafa toute la nuit"
Par
Publié 28/05/2024 à 16:47 GMT+2
Eliminée sèchement (6-2, 6-1) dès le 1er tour de Roland-Garros par la Chinoise Qinwen Zheng, tête de série 7 de ce Roland-Garros, Alizé Cornet a joué le dernier match d'une longue et riche carrière ce mardi. En conférence de presse, elle est revenue sur ses adieux et sa préparation pour ce dernier grand événement en tant que joueuse. Avec une sincérité désarmante.
Pouille : "Le seul regret pour Nadal, c'était finalement le tirage au sort"
Video credit: Eurosport
Elle a été elle-même jusqu'au bout. Aussi bien sur le court Philippe-Chatrier raquette puis micro en main face au public, que face aux journalistes en salle de presse. Professionnelle et authentique, elle a même eu une belle attention pour ceux qui ont relayé ses peines et ses joies pendant deux décennies sur le circuit professionnel féminin. "J'ai souvent ressenti de la bienveillance de votre part. Je sais que certains joueurs n'aiment pas cet exercice, pas moi", a confié Alizé Cornet, évoquant la traditionnelle conférence de presse d'après-match.
Depuis le tirage au sort qui lui avait réservé un gros morceau en la personne de la Chinoise Qinwen Zheng, tête de série 7 du tournoi, elle savait bien que ce 1er tour de Roland-Garros risquait bien d'être le dernier match de sa formidable carrière professionnelle. Grâce à l'invitation d'Amélie Mauresmo, elle y a disputé sa 20e édition consécutive des Internationaux de France et son 69e tournoi du Grand Chelem d'affilée, des records évidemment sur le circuit féminin. Alors comment a-t-elle appréhendé le dernier grand événement de sa vie de joueuse de tennis professionnel ?
Un exercice d'équilibriste entre action et projection
"Les 24 dernières heures ou les 24 derniers jours ? Parce que ça a été assez intense de manière générale, a-t-elle noté. Mais si on s'en tient aux 24 dernières heures, ça a été plutôt apaisé. Ce qui était compliqué, c'était de me projeter sur mon match en mode compétitrice, en essayant de me convaincre que je pouvais gagner, et de ne pas déjà me projeter sur la cérémonie, sur les adieux, tout ça. En fait, c'était un exercice d'équilibriste de rester concentrée sur la mission qui était d'essayer de battre Zheng, même si je savais que ça allait être difficile. Mais il fallait aussi se préparer à ce qui allait suivre si ça ne se passait pas bien, à l'émotion."
Et puis, Cornet s'est laissée aller aux confidences. Après tout, c'était sa dernière conférence de presse. "Au final, j'ai plutôt bien dormi. J'ai rêvé de Rafa toute la nuit. J'ai rêvé qu'il me proposait de faire un match en trois sets gagnants à Strasbourg. J'étais avec sa famille, on célébrait…, s'est-elle esclaffée devant un auditoire conquis. Je vous dis tout, je lâche tout là. A l'échauffement ce matin, je me suis bien sûr rendu compte que ça pouvait être la fin, mais toujours dans une dynamique à rester dans le moment présent. Et maintenant, c'est la fin."
Si elle n'a pu sauver que trois jeux lors de sa dernière danse, la Niçoise ne regrettait rien. Et pour cause : elle a fait tout ce qu'elle a pu et a été cette "matcheuse" bien connue du circuit du premier au dernier point. On l'a vue pester d'emblée à la bagarre. Et après avoir sauvé trois balles de match, elle s'est arrachée sur la quatrième en passing de revers. Quand elle a vu la volée gagnante de Zheng rebondir deux fois, elle n'a pensé qu'à la déception de la défaite. Parce qu'elle était jusqu'au bout une joueuse de tennis avec ses doutes, ses peurs et ses espoirs.
"Le scénario n'était vraiment pas idéal au début. J'ai une balle de jeu sur mon premier engagement, je ne la fais pas, ça s'enchaîne très vite. Je me sens extrêmement tendue, je fais pas mal de fautes. Faire mon premier jeu, ça m'a relâchée un peu, c'est vrai. Après, j'ai quand même perdu 2 et 1, ce n'était pas idéal. OK, ce n'est pas 0 et 0… C'est vrai qu'il y avait le scénario d'il y a deux ans quand je l'avais jouée en étant blessée à l'adducteur : j'avais dû abandonner à 6-0, 3-0. Et ça m'a traversé l'esprit, je me suis dit : 'Je n'aimerais pas terminer ma carrière sur une branlée !', a-t-elle dévoilé en toute franchise. C'est bête, parce que que je perde, 6-1, 6-0 ou 6-0, 6-0, ça ne change rien à l'histoire. Moi, je voulais gagner ce match. Mais jouer une fille de ce niveau-là, ça ne m'a pas aidée pour exprimer mon jeu, du moins ce qui m'en reste."
Peu importe que la défaite ait été sèche, c'est la loi du sport. Cornet est donc restée fidèle à l'image qu'elle espère laisser derrière elle. "J'aimerais qu'on retienne de moi que j'étais une joueuse entière qui a partagé ses émotions, qu'elles aient été positives ou négatives durant toute sa carrière. Quelqu'un qui se bat jusqu'au bout, une passionnée en fait pour son sport, qui a envie de gagner et qui est prête à mourir pour ça. Je pense que j'ai montré que c'était mon tempérament. On aime ou on n'aime pas, mais je ne peux pas renier cette partie de moi qui m'a amenée où je suis. J'ai reçu plein d'amour de mes collègues joueuses de tennis, je vois la sympathie qu'elles ont pour moi et ça me fait chaud au cœur parce que ça veut dire que j'ai construit une personnalité attachante. C'est ma plus belle récompense."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité