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Conseiller improvisé de Gaël Monfils, Gilles Simon le croit capable d'aller au bout à l’US Open

Pour défier Federer, l'arme secrète de Monfils s'appelle... Simon

Le 05/09/2014 à 12:01Mis à jour Le 05/09/2014 à 12:11

Etonnant de sobriété, à la fois dans l’attitude et dans le jeu, Gaël Monfils s’apprête à disputer à Roger Federer une place en demi-finales de l’US Open. Evoluant sans entraîneur depuis plus d’un an, le Français s’est appuyé dans ce tournoi sur les conseils de son copain Gilles Simon. Visiblement, ça fonctionne.

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"Quand je vois ce potentiel gâché, ça me gonfle." A l’image de ce constat de Gilles Simon, il y a deux points concernant Gaël Monfils à propos desquels le circuit est unanime : de un, le loustic est ingérable. Ou, comme le dit le capitaine de l’équipe américaine de Coupe Davis, Jim Courier : "J’adore voir jouer Gaël, mais je ne voudrais l’entraîner pour rien au monde." De deux, quand il a l’esprit tourné à 100% vers le tennis, il a aisément sa place parmi le Top 10 mondial… voire mieux. Or, à Flushing Meadows, le Français est dans une de ces phases où sa motivation et son investissement sont au maximum.

Officiellement sans entraîneur depuis un an et demi, Monfils a trouvé une forte tête pour relever le défi de l’accompagner tour après tour durant la quinzaine : son grand copain Gilles Simon, maître tacticien s’il en est parmi les joueurs en activité. Les deux compères, qui se connaissent depuis l’enfance, ne se quittent pas depuis le début de cet US Open, s’entraînent quasi-exclusivement ensemble… et échangent aussi beaucoup verbalement. Avant chaque rencontre, Simon prodigue conseils et encouragements à son cadet d’un an et demi. "J’ai mon petit Gilou qui m’aide à chaque fois donc c’est cool, décrit Monfils. Il me donne un peu des phases de jeu, des tactiques, c’est bien. Il veut que je prenne confiance en moi et il me dit à chaque fois : "La Monf’, t’es fort !" C’est sympa. Il me donne toujours un petit coup de main pour m’aider dans les diverses tactiques."

L’intéressé nuance pourtant sa responsabilité dans le joli parcours de Gaël Monfils en cet US Open : "D’aussi loin que je me rappelle, Gaël et moi avons toujours beaucoup échangé, et j’ai toujours eu l’impression qu’il devait faire mieux. Je suis content de voir que ça marche bien pour lui dans cet US Open. Il joue mieux. Tant mieux si j’ai pu l’aider un peu." Difficile effectivement de déterminer la portée exacte de "l’effet Simon" dans le parcours new-yorkais de Gaël Monfils. Ce n’est après tout pas le premier quart de finale du Parisien en Grand Chelem cette année – il avait déjà atteint ce stade de la compétition à Roland-Garros – et encore moins en carrière – le premier d’entre eux nous renvoie déjà à 2008.

Monfils, père la rigueur

En revanche, la rigueur affichée par "la Monf", elle, n’est pas loin d’être inédite. Non seulement c’est tout simplement la première fois, en six participations à des quarts de finale en Majeurs, qu’il arrive à ce stade sans laisser le moindre set en route, mais c’est toute son attitude qui interpelle. Appliqué comme rarement, sérieux au point de n’avoir tenté aucun des points fous qui font sa réputation (et sont parfois contre-productifs sur le plan de l'efficacité) face à son pote Grigor Dimitrov, Monfils joue un tennis simple et, dans son cas, c’est peut-être l’équilibre le plus difficile à trouver qui soit. "Il joue très, très bien, confirmait Richard Gasquet, sa victime au troisième tour, en trois sets. Il a un niveau de Top 5. Il peut tout à fait ‘claquer’ une finale dans cette partie de tableau."

Afin de ne pas perturber la routine positive installée entre les deux hommes, Gilles Simon ne s’est pas précipité pour faire ses valises après sa défaite en huitièmes de finale. "Avant de rentrer en France, je vais préparer Gaël pour son quart de finale contre Rodg’ (Federer, ndlr), expliquait-il après son revers face à Marin Cilic. Je vais lui dire deux, trois choses, dans la ligne de ce qu'il a bien fait à Cincinnati" (où Monfils a pris un set au Suisse, ndlr). Et non seulement Simon croit en l’exploit, mais il verrait bien son ami ne pas s’arrêter en si bon chemin : "Gaël a clairement ce qu’il faut dans la raquette pour gagner un jour un Grand chelem. Je ne sais pas s’il va gagner ici, mais il peut le faire."

Et de confirmer le ressenti de Richard Gasquet : "C’est surtout l’enchaînement des adversaires qui est compliqué. Individuellement, il y a beaucoup de gars qui sont forts mais, actuellement, il n’y a que Novak (Djokovic, ndlr) qui soit un peu au-dessus." Avant d’ajouter, malicieux : "J’ai toujours pensé que si je le coachais, Gaël gagnerait un Grand Chelem." Cela passe déjà par une première victoire sur Roger Federer en tournoi majeur, lui qui s’est par le passé cassé les dents à trois reprises sur le Suisse, à chaque fois dans son enceinte chérie de Roland-Garros.

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