Nadal - Del Potro ou l'éternelle revanche de la Tour de Tandil
Par Laurent Vergne
Publié 07/09/2018 à 12:44 GMT+2
US OPEN 2018 - Il y a un an, Rafael Nadal, en route vers le titre, privait Juan Martin Del Potro de finale de l'US Open. L'Argentin, devenu N.3 mondial, va tenter de prendre sa revanche au même stade du tournoi new-yorkais, théâtre de son unique sacre en Grand Chelem, vendredi. Alors, Delpo, également stoppé par Nadal à Paris et Londres cette année, est-il prêt à franchir le pas ?
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Crédit: Eurosport
Le contexte
Nadal - Del Potro 2018, acte III. Après la demi-finale de Roland-Garros et le quart de Wimbledon, l'Espagnol et l'Argentin se retrouvent à Flushing Meadows. C'est même leur quatrième affrontement en Grand Chelem en l'espace de douze mois puisqu'ils s'étaient déjà affrontés à New York voilà un an. En demi-finales, aussi. Les trois premiers ont tous tourné à l'avantage de Nadal, selon des scénarios bien différents : quatre sets à l'US Open 2017, trois sets à Paris en juin et une formidable bataille en cinq manches sur le gazon londonien.
C'était l'affiche finale logique de ce haut de tableau. L'affiche idéale, aussi, entre deux anciens vainqueurs du tournoi. Rafael Nadal va l'aborder après une débauche d'énergie assez spectaculaire, tout particulièrement au cours des trois derniers tours, qui ont vu le numéro un mondial passer douze heures et demie sur le court. La question de l'état physique du tenant du titre s'impose naturellement, notamment celui de son genou droit, qui grince régulièrement en fin de saison et qui l'a alerté lors de son troisième tour contre Karen Khachanov.
Juan Martin Del Potro, à l'inverse, s'est économisé autant qu'il l'a pu. Seul son quart de finale face à John Isner a menacé de s'éterniser, mais en s'imposant en quatre sets, il a limité la casse en la matière. Depuis son titre à New York en 2009, jamais sans doute JMDP n'avait abordé une demi-finale de Grand Chelem dans des dispositions aussi favorables. Le défi est immense pour la Tour de Tandil. Revenu au premier plan, vainqueur de la Coupe Davis en 2016, puis d'un Masters 1000, à Indian Wells, en début d'année, il lui reste à franchir ce cap des demi-finales en Grand Chelem, sur lequel il bute régulièrement.
Leur parcours
1er tour – bat David Ferrer (6-3, 3-4, abandon)2e tour – bat Vasek Pospisil (6-3, 6-4, 6-2)3e tour – bat Karen Khachanov (7-5, 5-7, 7-6, 7-6)8e de finale – bat Nikoloz Basilashvili (6-3, 6-3, 6-7, 6-4)Quart de finale – bat Dominic Thiem (0-6, 6-4, 7-5, 6-7, 7-6)
1er tour – bat Donald Young (6-0, 6-3, 6-4)2e tour – bat Denis Kudla (6-3, 6-1, 7-6)3e tour – bat Fernando Verdasco (7-5, 7-6, 6-3)8e de finale – bat Borna Coric (6-4, 6-3, 6-1)Quart de finale – bat John Isner (6-7, 6-3, 7-6, 6-2)
Face-à-face
Ce sera vendredi la 18e confrontation entre les deux joueurs. Avantage assez sensible à Nadal, qui mène 11 victoires à 6 et a remporté leurs trois rencontres depuis deux ans. En Grand Chelem, l'ascendant de l'Espagnol est même plus prononcé encore : 5-1. Mais globalement, les duels entre Nadal et Del Potro sont souvent accrochés. Sur leurs huit dernières confrontations, une seule a vu un des deux joueurs s'imposer sans perdre un set.
3 stats à avoir en tête
50-50. Si Nadal mène sensiblement dans leurs confrontations directes, les deux hommes ont remporté chacun cinq rencontres lorsqu'ils se sont affrontés sur dur. Ce qui donne forcément une autre perspective à ce duel...
34. Le pourcentage de réussite de Nadal sur les balles de break au cours des trois derniers matches. Sur 46 opportunités de break (ce qui est beaucoup), Nadal n'a pris que 16 fois le service adverse. Ce déficit d'opportunisme, assez inhabituel chez lui, explique en partie ses difficultés face à Khachanov, Basilashvili et Thiem. Il devra sans doute faire remonter ce ratio contre Del Potro s'il veut accéder à la finale.
2011. Cette saison, Rafael Nadal a atteint au moins les demi-finales à Roland-Garros, Wimbledon et à l'US Open. Pour voir l'Espagnol parmi les quatre derniers prétendants au titre de ces trois tournois du Grand Chelem dans une même saison, il faut remonter à l'année 2011. Rafa s'était alors imposé à Paris avant de s'incliner en finale à Londres et à New York.
Ils ont dit…
Rafael Nadal :
Juan Martin Del Potro :
Notre avis
Rafael Nadal n'a pas tort lorsqu'il dit que c'est ici, plus qu'à Roland-Garros ou Wimbledon, que Juan Martin Del Potro constitue une menace pour lui. Archi-favori avant leur demie parisienne, favori à Londres, son avantage paraît nettement moins évident avant leurs retrouvailles new-yorkaises. Il est toujours aussi difficile de miser contre Nadal. Numéro un mondial, tenant du titre, vainqueur à Toronto avant de faire l'impasse sur Cincinnati, il a toutes les raisons de croire en lui. Mais il n'a pas été impérial depuis le début du tournoi. Si Del Potro maintient un pourcentage élevé de premières balles, et s'il parvient à faire un pas de plus dans le court que son adversaire, il tient peut-être une vraie chance de retourner en finale de Grand Chelem. Enfin.
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